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Une manifestation antiracisme vire à l’affrontement à Red Deer

Plusieurs hommes et femmes se lancent des insultes devant deux policiers impassibles.

Une vidéo publiée par Pat King montre des affrontements verbaux entre manifestants antiracistes et des contre-manifestants.

Photo : Pat King

Audrey Neveu

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a ouvert une enquête criminelle sur une manifestation antiracisme et une contre-manifestation qui ont dégénéré à Red Deer, en Alberta, dimanche. Les manifestants du groupe Black and Indigenous Alliance et des contre-manifestants s’accusent mutuellement d’avoir commencé les hostilités.

Sur des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on peut voir des affrontements verbaux et même physiques, parfois sous le regard de policiers. Une vidéo publiée sur Twitter par la manifestante du groupe Black and Indigenous Alliance Taylor McNallie montre un manifestant antiraciste être chargé et frappé à la tête par un contre-manifestant.

L’événement n’a pas été filmé dans son intégralité.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La vidéo montrant un coup porté par un contre-manifestant

La manifestation antiracisme se voulait pacifique, disent les organisateurs qui affirment avoir reçu des menaces de mort. Inquiets, ils précisent avoir contacté à plusieurs reprises la police avant la manifestation, en vain. Ils nous ont seulement dit de rappeler dimanche [ le jour de la manifestation ], déplore Kisha Daniels, l’une des organisatrices.

Les contre-manifestants n’ont pas fait part publiquement de leurs motivations. L’un d’entre eux, Pat King, a toutefois publié avant l’événement une vidéo dans laquelle il menace les manifestants antiracistes.

Regardez ça! C’est ce qui va arriver bientôt. Si vous venez dans ma communauté rurale, ce sera moi ce gars-là , lance-t-il en montrant à la caméra son téléphone intelligent, sur laquelle joue une vidéo d’un homme chargeant et frappant un autre homme durant une manifestation vraisemblablement aux États-Unis.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La vidéo publiée par Patrick King

L’organisatrice Kisha Daniels dénonce l’inaction de la police : [ Sur place ] j’ai parlé à un policier qui était d’accord que les contre-manifestants étaient violents, mais la police n’a rien fait.

Dans une autre vidéo publiée mardi, le contre-manifestant, Pat King, rejette la responsabilité de la violence sur les antiracistes. Ces personnes se disent antiracistes et pacifiques, mais ce sont elles qui ont attaqué, ce sont elles qui étaient agitées et qui ont proféré des menaces en ligne, affirme-t-il. Il ajoute avoir reçu des menaces envers sa famille après la publication de sa première vidéo.

La police fait enquête

Lors d'une conférence de presse, la GRC de Red Deer a expliqué qu’elle était au courant de la manifestation et qu'elle avait pris ses dispositions pour l'encadrer, mais que des affrontements ont eu lieu avant son arrivée.

Nous aurions agi, je vous le garantis. Nous aurions séparé les affrontements et nous avons dû le faire plusieurs fois durant l’événement , affirme le chef de police, Gerald Grobmeier.

Le chef Gerald Grobmeier répond aux médias à un podium.

Le chef de la GRC à Red Deer a dû répondre aux accusations d'inaction de la police lancées par les manifestants antiracistes.

Photo : CBC

Il affirme que la police n’a pas encore déposé d’accusations, car elle n’a pas tous les éléments de l’enquête en main.

Nous avons besoin que les victimes viennent nous voir. Nous devons obtenir des témoignages et identifier les agresseurs.

Gerald Grobmeier, chef de la Gendarmerie royale du Canada de Red Deer

Gerald Grobmeier encourage le public à communiquer toute information en lien avec ses incidents à la GRC de Red Deer.

Le ministre de la Justice perturbé

Le ministre albertain de la Justice, Kaycee Madu, a dénoncé publiquement ces affrontements mardi. J’avoue que je suis perturbé , a-t-il lancé d’emblée.

Les violences et les menaces de violences envers des manifestations pacifiques sont inacceptables, un point c’est tout.

Kaycee Madu, ministre de la Justice de l'Alberta

Il rappelle que tous ont le droit de liberté d’expression et de manifester publiquement, mais que ces droits doivent être exercés dans la paix. Être en désaccord ne donne pas le droit d’utiliser la violence. Nous pouvons et nous devons être en désaccord et en discuter sans avoir recours à la violence , martèle Kaycee Madu.

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