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Un couple de Trois-Rivières séparé par la frontière

Le couple est souriant, sur une terrasse.

Richard Chahine et Ivana Gross n'ont aucune idée à quel moment ils pourront de nouveau faire vie commune.

Photo :  courtoisie

Radio-Canada

La fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis sépare un couple de Trois-Rivières depuis plus d'un mois. Richard Chahine et Ivana Gross n’ont aucune idée du moment où ils pourront de nouveau faire vie commune.

Le 14 août dernier, la détentrice d'un visa canadien a quitté son port d'attache trifluvien en raison d’une urgence familiale dans l'État de New York.

« Elle a pris son auto sans rien, juste le petit nécessaire », explique l’homme. 

Elle pensait alors pouvoir revenir au Canada à la réouverture de la frontière prévue quelques jours plus tard, soit le 21 septembre. Or, cette fermeture a été prolongée et elle est maintenue depuis. 

Depuis le mois de mars, seules les personnes qui voyagent pour des raisons jugées essentielles peuvent passer d'un pays à l'autre.

Les ressortissants étrangers peuvent rejoindre leur amoureux au Canada seulement s'ils parviennent à prouver qu'ils sont conjoints de fait depuis plus d'un an.

N’entre pas qui veut au Canada. C’est un privilège qu’on sollicite et lorsqu’on le fait, on doit faire la démonstration qu’on peut prétendre à ce privilège. Ça veut dire présenter les documents nécessaires, explique Hugues Langlais, un avocat spécialisé en droit de l’immigration.

Réunir les preuves

Si les règles sont claires, il n'en demeure pas moins qu'elles affectent durement Richard Chahine et Ivana Gross, en relation depuis maintenant deux ans. 

« Légalement, on n'a pas de papiers à montrer aux douaniers, même si ça fait deux ans qu’on est ensemble. Quand elle vient ici, je ne suis pas pour lui faire payer un loyer! Elle pouvait venir rester six mois à la fois, partir et revenir. On allait souvent de part et d'autre. On n'a pas senti le besoin qu'elle demande une citoyenneté, l'immigration ou quoi que ce soit », explique l’homme manifestement découragé par leurs actuels déboires.

Pour être de nouveau réuni, le couple devra présenter aux services frontaliers des preuves de leur union.

« Ça peut être une déclaration solennelle signée devant un commissaire à l’assermentation ou un notaire. Une assurance vie prise pour un par l’autre, un testament, un bail ou encore des témoignages de gens qui les ont vu ensemble au cours des dernières années et qui vont prouver qu’ils sont réellement conjoints de fait », poursuit monsieur Langlais.

La dame pourrait également présenter une demande de résidence canadienne, parrainée par son conjoint. Bien que porteuse d’espoir, rien ne garantit le succès de la démarche.

 C’est comme un deuil en ce moment 

L'atelier d'artisanat de Ivana Gross est bien garni de matériel de bricolage.

Ivana Gross a quitté la maison de façon précipitée, son atelier laisse envisager un retour imminent.

Photo :  courtoisie

Au bureau du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, on invite Monsieur Chahine à faire part de sa situation au ministre par écrit, sans toutefois pouvoir garantir de résultats. À court de solutions, Richard Chahine dit qu'il suivra cette avenue sans tarder.  

Ivana Gross se retrouve de l’autre côté de la frontière, sans ses biens personnels. Richard Chahine implore le gouvernement de faire preuve d’humanisme.

C'est bien beau de pouvoir regarder la santé physique des gens, mais il faut aussi regarder la santé familiale et mentale.Ce qui nous arrive est pas mal plus néfaste pour nous à long terme que la COVID elle-même. Nous sommes plusieurs dans cette situation. C'est comme un deuil en ce moment.

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière que la frontière va rester fermée au moins jusqu'au 21 octobre.

D’après le reportage de Marie-Ève Trudel

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