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Un homme devant une église.

Hervé Guérin chasse toujours à 79 ans.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Transformer un lieu culte en un lieu de rassemblement pour la chasse : c'est la mission que s’est lancée Hervé Guérin avec l’ancienne église anglicane de Pagwa, un village fantôme à proximité de Hearst, dans le Nord de l’Ontario.

En 1986, le dentiste Guérin et son beau-frère, le regretté Gérald Boivin, se cherchaient un camp de chasse. Ils tombent alors sur cette église désuète.

Toutes les vitres étaient brisées, le toit coulait comme un panier, mais la structure était encore très solide, se rappelle-t-il.

L’homme fait les démarches auprès du diocèse pour acheter l’église construite en 1962. M. Guérin débourse alors 500 $ pour acheter l'édifice religieux.

On s’est mis à l’œuvre pour rafistoler, on a posé des fenêtres neuves, nettoyé le mètre de feuilles mortes dans le coin, se remémore M. Guérin.

Une église à Pagwa.

L'église était dans un piteux état quand Hervé Guérin l'a achetée, en 1986.

Photo : Radio-Canada / Collection Julie Guérin

À l’intérieur, on retrouve maintenant une cuisine, un poêle, deux divans et six lits.

Un lutrin d'église se dresse près d'un lit.

Des artéfacts de l'église de Pagwa servent maintenant de table de chevet.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

On peut encore voir la croix de l’église sur la façade, un symbole qui lui a porté chance à la chasse à l’orignal, d'après M. Guérin .

C’est une bonne chose d’avoir le Bon Dieu de notre côté, peut-être c’est pour ça qu’on a été chanceux à la chasse ici.

Cinq hommes en habits de chasse sont assis autour d'une table.

L'église est encore un point de rassemblement : Hervé Guérin accueille ses amis pour la saison de chasse.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Malgré le changement de vocation, l'église est encore un lieu de rassemblement important pour la famille Guérin puisqu'elle y fait de gros festins.

Ils sont une dizaine à se rassembler chaque printemps, y compris plusieurs de Sudbury, à plus de 8 heures de route.

Un lieu de culte dans les années 60

La famille Wesley a grandi à Pagwa à l'époque où la base militaire américaine se trouvait de l'autre côté de la rivière.

Les enfants de la famille Wesley se sont mariés à l’église anglicane dont M. Guérin a pris possession.

Cette église était un symbole du patrimoine de Pagwa, un lieu qu'on ne veut pas oublier, qui a cimenté le village. C’était une grande partie du village, raconte Ron Wesley, qui vit aujourd’hui à Calstock.

Des mariés dans l'ancienne église.

En 2020, les plafonds sont restés dans le même état qu'à l'époque où on célébrait des mariages.

Photo : Radio-Canada / Collection Julie Guérin

Sa belle-sœur Irene Wesley abonde dans le même sens. Elle s’est même mariée à cet endroit en 1963.

C’était une petite église, on devait être 70 à l'intérieur pour notre mariage, se souvient-elle.

Irene verse quelques larmes alors qu’elle se souvient avoir vécu un triste jour dans cette église après la noyade de son mari, en 1985, dans la rivière de Pagwa.

Une famille célèbre un mariage.

La vie de bien des couples a été cimentée à l'Église anglicane de Pagwa.

Photo : Collection Julie Guérin

On a eu les funérailles dans la même église que notre mariage, j’avais mes cinq enfants présents, souligne la veuve.

L’église était dans un piètre état, mais c’était symbolique pour nous de faire la cérémonie à cet endroit.

Après avoir assisté aux funérailles de son frère, Caroline Wesley garde de très mauvais souvenirs de ce lieu, alors qu’elle a aussi célébré son premier mariage dans l’église anglicane.

La nouvelle vocation de l’église ne semble pas trop la toucher.

Ça ne me dérange pas trop, c’est l’endroit où j’ai fait ma plus grande erreur, s’esclaffe-t-elle à propos de son mariage raté.

Je crois cependant qu’il devrait enlever la croix sur la devanture, comme ce n’est plus une église .

Suivez les aventures de notre fureteur nord-ontarien à la découverte des gens d'ici.

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