•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il existerait deux types de parkinson

Gros plan sur deux mains.

Pas moins de 84 000 Canadiens vivent avec la maladie de Parkinson.

Photo : iStock

Radio-Canada

La maladie de Parkinson prendrait naissance soit dans le cerveau, soit dans les intestins, avancent des scientifiques danois, qui estiment que cette réalité expliquerait les symptômes très différents des patients. Explications.


Le parkinson est une maladie neurodégénérative qui se manifeste principalement par des troubles du mouvement.

La maladie est caractérisée par la présence anormale d’agrégats d’une certaine protéine (alpha-synucléine) qui se trouvent essentiellement à l’extrémité des cellules nerveuses, les neurones.

La médecine n’avait pas encore établi d’où provenaient les agrégats initiaux qui causent la maladie.

Les travaux du professeur Per Borghammer et de ses collègues de l’hôpital universitaire d’Aarhus tendent à montrer que la maladie de Parkinson peut être divisée en deux variantes, qui commencent à différents endroits du corps.

Pour certains patients, la maladie commence dans les intestins et se propage ensuite au cerveau par le biais de connexions neurales. Pour d’autres, la maladie commence dans le cerveau et se propage aux intestins et à d’autres organes tels que le cœur.

Per Borghammer

Cette découverte pourrait être très importante pour le traitement de cette maladie à l’avenir, car il pourra être basé sur le profil de chaque patient, expliquent les chercheurs par voie de communiqué.

Repères

  • Pas moins de 84 000 Canadiens vivent avec la maladie de Parkinson.
  • Cette maladie occasionne des tremblements, de la rigidité et l’incapacité progressive de marcher, ainsi que des problèmes digestifs et cognitifs.
  • Elle est classée deuxième des maladies neurodégénératives les plus courantes, après l’alzheimer.

Cette percée a été réalisée à l’aide de deux types d’examens (tomographie par émission de positons et imagerie par résonance magnétique) menés sur des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Ces examens ont montré que certaines personnes présentaient des lésions du système dopaminergique du cerveau avant que des dommages ne surviennent dans les intestins et le cœur. Chez d’autres patients, les examens ont révélé des dommages aux systèmes nerveux des intestins et du cœur avant que les lésions du système dopaminergique du cerveau ne soient visibles.

Ces connaissances sont importantes et elles remettent en question la compréhension qu'on avait de la maladie de Parkinson jusqu’à présent.

Per Borghammer

Jusqu’à présent, la plupart des chercheurs considéraient la maladie comme relativement homogène et la définissaient en se basant sur les troubles classiques du mouvement, explique le chercheur.

En même temps, nous nous demandions pourquoi il y avait une si grande différence entre les symptômes des patients.

Per Borghammer

Grâce à ces nouvelles connaissances, les différents symptômes ont plus de sens et c’est également dans cette perspective que la recherche future devrait être envisagée, poursuit le scientifique.

Par exemple, dans les cas où la maladie naît dans les intestins, il sera particulièrement intéressant d’étudier la composition des bactéries dans les intestins, connues sous le nom de microbiote, afin de comprendre l’apparition de la maladie.

Il a été démontré depuis longtemps que les patients atteints de la maladie de Parkinson ont un microbiome intestinal différent de celui des personnes en bonne santé, sans que nous en comprenions vraiment la signification.

Per Borghammer

Maintenant que nous sommes en mesure d’identifier les deux types de la maladie de Parkinson, nous pouvons examiner les facteurs de risque et les éventuels facteurs génétiques qui peuvent être différents pour les deux types, explique le professeur Borghammer.

Selon le chercheur, la prochaine étape sera de savoir si la maladie de Parkinson peut être traitée d’abord dans le corps en agissant, par exemple, sur les intestins par transplantation de matières fécales, ou par d’autres moyens qui affectent le microbiome.

Les cas où la maladie apparaît dans le cerveau représentent un défi supplémentaire.

Cette variante de la maladie est probablement relativement exempte de symptômes jusqu’à ce que les troubles du mouvement apparaissent et que le patient reçoive un diagnostic.

Per Borghammer

Pour cette raison, il sera plus difficile de trouver des patients suffisamment tôt pour pouvoir ralentir la maladie, explique Per Borghammer.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Brain (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Les résultats de précédentes recherches laissaient croire qu’il pouvait y avoir plus d’un type de parkinson, mais cela n’avait pas été clairement démontré avant la présente étude.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !