•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’industrie touristique du Yukon « décimée »

Enseigne à la frontière du Yukon.

Le Yukon permet aux résidents de Colombie-Britannique, des T. N.-O. et du Nunavut d'entrer sans devoir s'auto-isoler pendant 14 jours.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

La fermeture des frontières du Yukon aux déplacements non essentiels a eu un impact catastrophique sur l'industrie touristique. C'est ce que démontrent sans équivoque les plus récentes données du Yukon sur les déplacements au territoire.

Entre avril et juin, le nombre de passagers aériens arrivant au territoire a chuté de 96 %. Le nombre de personnes qui ont traversé la frontière a pour sa part diminué de 97 %.

Le tourisme au Yukon a essentiellement été décimé, affirme le directeur du tourisme au gouvernement du Yukon, Pierre Germain. Mais il l’a été partout au pays, ajoute-t-il.

Ce que nous cherchons à faire, c’est donner le soutien nécessaire aux entreprises touchées pour qu’elles puissent être là quand la reprise va arriver dans les prochains mois.

Pierre Germain, directeur du tourisme, ministère du Tourisme et de la Culture

Le Yukon a toutefois enregistré trois années record avant l’arrivée de la pandémie, souligne le directeur. Il croit fermement que la destination demeurera attrayante pour les marchés internationaux une fois les restrictions levées.

Survivre ou non?

Les entrepreneurs touristiques n’ont toutefois pas tous été touchés au même degré. Avec certains programmes de soutien économique, les restaurateurs et les aubergistes ont pu offrir un produit au tourisme local et de la Colombie-Britannique.

Mais pour les organisateurs de voyages qui dépendent des marchés internationaux, l’avenir est particulièrement sombre.

Des touristes sous les aurores boréales.

Les touristes d'hiver au Yukon se déplacent d'abord pour l'observation des aurores boréales.

Photo : Northern Tales

Septembre est normalement la période de l'année la plus achalandée pour l’entreprise d’observations d'aurores boréales Northern Tales. En cette année de pandémie, les revenus de l'entreprise ont chuté de 95 %, et l’entreprise roule à perte, affirme le copropriétaire de l'entreprise, Torsten Eder. Il y a une différence entre la survie d’une entreprise et la survie des propriétaires, souligne-t-il.

L’impact à long terme sera très important, très sévère. Les gouvernements n’ont pas compris encore. [...] La situation nous fait reculer de 15 à 20 ans en arrière. Il faudra beaucoup de temps pour reconstruire [l’industrie].

Torsten Eder, copropriétaire, Northern Tales

Les programmes de soutien économique des gouvernements aux entrepreneurs touristiques doivent se maintenir au-delà de la limite actuelle de la fin de l’automne, soutient Torsten Eder qui insiste : Le soutien doit être à long terme.

Felix Geithner propriétaire de Arctic Range Adventures pèse ses mots entourant ses chances de survie.

C’est une question difficile, comme entrepreneur je dois choisir mes mots. La situation est très difficile. Il faut d’une part changer ce que l’on fait, mais aussi vivre avec les conséquences d’avoir très peu ou pas de revenu du tout.

Felix Geithner, propriétaire, Arctic Range Adventures

Thomas de Jager de l’entreprise Yukon Wide Adventures avait misé le tout pour le tout en se lançant dans la fabrication de solution antiseptique, mais le pari n’a pas fonctionné. Il vient un moment où il faut prendre une décision.

Nous avons exploité l’entreprise pendant 20 ans et maintenant il faut tout recommencer. Je ne sais pas si nous avons la force financièrement, mentalement, physiquement pour passer au travers. Nous devrons peut-être fermer. Tout dépend des décisions du gouvernement.

Thomas de Jager, propriétaire, Yukon Wide Adventures

Ouvrir la frontière aux Canadiens

Depuis le premier juillet, la frontière du Yukon est ouverte aux résidents de la Colombie-Britannique, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut pour pourvu qu’ils ne traversent pas d’autres provinces en route. Mais l’entrée aux voyages non essentiels des résidents d’autres provinces est toujours interdite.

Paysage montagneux traversé par une route.

Les entrepreneurs touristiques espèrent que les autorités sanitaires du territoire permettront à tous les Canadiens d'entrer au Yukon pour des voyages non essentiels.

Photo : Radio-Canada / Philippe Morin

Thomas de Jager croit que l’ouverture de la frontière aux résidents des autres provinces est essentielle pour la survie de l'industrie. Je crois que si les frontières pouvaient ouvrir permettant à tous les Canadiens d'y séjourner, je crois que nous pourrions survivre, ajoute-t-il.

Nous avons tous des plans d’exploitation pour la sécurité sanitaire, insiste Torsten Eder.

Le voyage peut être fait de façon responsable et sécuritaire et c’est ce que nous aimerions démontrer aux Yukonnais et aux clients. La COVID sera là pendant un long moment.

Torsten Eder, copropriétaire, Northern Tales

Felix Geithner croit quant à lui qu’il n’est pas facile d’ajuster son produit à la dernière minute pour un marché canadien. Nous ne vendons pas un produit sur les étagères, mais une expérience conçue pour une clientèle spécifique, explique-t-il.

Je ne crois pas que le Yukon reviendra au même niveau qu’il l’était. [...] Il faut d’une part garder le rêveur en soi, mais il faut aussi demeurer réaliste, conclut Felix Geithner.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !