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Roberge demande aux enseignants retraités du Québec de « reprendre la craie »

La rémunération quotidienne maximale offerte passera de 212 $ à 412 $, annonce le gouvernement Legault.

France Fournier est accroupie près du bureau d'une élève. Elle porte une visière et un masque.

La mesure présentée par le ministre Roberge concerne 8000 enseignants ayant pris leur retraite dans les cinq dernières années.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Certaines écoles primaires et secondaires du Québec manquent encore de personnel pour enseigner aux enfants cette année, admet le ministre de l'Éducation, qui annonce un incitatif financier pour ramener dans le réseau public ceux qui ont pris leur retraite depuis le 1er juillet 2015.

Ainsi, les enseignants qui accepteront de « reprendre la craie » cette année gagneront le même salaire qu'au moment de prendre leur retraite.

S'ils lèvent la main, ils seront désormais rémunérés selon l'échelle salariale qui s'appliquait au moment de leur départ, et ce, dès leur premier jour de suppléance, alors qu'habituellement, ce taux ne s'applique qu'après 20 jours de suppléance au sein du réseau scolaire.

Concrètement, un enseignant pourra toucher dès son premier jour de suppléance une rémunération quotidienne maximale d'environ 412 $, comparativement au taux maximal habituel de 212,15 $. Et les prestations de retraite ne seront pas modifiées, promet le gouvernement.

M. Roberge devant un drapeau du Québec.

Jean-François Roberge demande aux enseignants retraités de « reprendre la craie ».

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Cette mesure est mise en place afin d'aider les centres de services scolaires à répondre aux besoins découlant du manque d'enseignants – une situation exacerbée par la pandémie de la COVID-19. En date du 21 septembre, il manquait 117 enseignants à temps plein dans le réseau scolaire, indique le ministère.

Certains centres de services scolaires doivent également composer avec une banque de suppléance plus restreinte que les années précédentes en raison de la pandémie, précise le cabinet du ministre.

Une mesure temporaire

En entrevue à Radio-Canada, Jean-François Roberge a dit espérer que cette mesure mise de l'avant par son gouvernement sera suffisante pour séduire au moins 10 % des 8000 enseignants qui ont pris leur retraite du réseau public ces cinq dernières années.

Évidemment, le ministre ne s'attend pas à ce que 800 enseignants à la retraite reviennent au travail pour prendre des classes à temps plein jusqu'au mois de juin. Mais dans le contexte actuel, même 10 ou 20 jours dans l'année pourraient faire une différence, selon lui.

On s'attend davantage à ce que les jeunes retraités qui vont saisir cette occasion-là viennent faire des journées de suppléance, [notamment pour remplacer] des enseignants qui, parfois, sont en retrait préventif, parce qu'ils ont des symptômes liés à la COVID, a-t-il illustré.

S'ils le souhaitent, ces enseignants retraités pourront remplacer dans plus d'une école à la fois, a confirmé le ministre. Cela étant dit, ceux qui acceptent des contrats à court terme ou des journées de suppléance, bien souvent, préfèrent revenir dans l'école qu'ils ont quittée au moment de prendre leur retraite, a expliqué le ministre, lui-même un ancien enseignant.

L'incitatif financier, qui doit prendre fin en juin 2021, pourrait par ailleurs être prolongé en cas de succès. Est-ce que c'est une mesure qui sera là à moyen ou à long terme? On pourra l’évaluer, vraisemblablement, à la fin de l’année actuelle, a déclaré Jean-François Roberge.

Un « Je contribue! » pour l'éducation?

Avant cette annonce, la porte-parole péquiste en matière d'éducation, Véronique Hivon, avait proposé de lancer une opération « Je contribue! » dans le milieu scolaire, à l'instar de celle mise en place le printemps dernier pour venir en aide au milieu de la santé.

Or, l'annonce de mardi du ministre Roberge ne répond qu'en partie à cette suggestion, puisque la proposition de la députée péquiste avait pour but de recruter toutes sortes d'autres employés, comme des concierges et des employés de soutien.

De notre point de vue, il est inacceptable qu'un orthopédagogue, par exemple, fasse de la circulation ou de la désinfection au lieu de donner les services pour lesquels il est formé, écrivait encore la députée péquiste dans un communiqué transmis mardi matin.

Le ministre Roberge semble ouvert à l'idée. On évalue plusieurs options pour prêter main-forte au réseau, a-t-il indiqué en entrevue.

Une motion de Mme Hivon demandant au gouvernement d'analyser cette solution dans les meilleurs délais a également été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale, mardi après-midi.

La FAE demande au ministre de clarifier ses intentions

Selon la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représente près de 49 000 enseignants à travers le Québec, la plus récente annonce du ministre Roberge [vient] confirmer que le plan de retour en classe qu'il a imposé exerce une pression énorme sur le réseau des écoles publiques, alors que le Québec doit affronter une deuxième vague de COVID.

La centrale syndicale demande à M. Roberge de clarifier ses intentions, notamment sur le plan de la rémunération, arguant que les détails présentés à la presse mardi ne concordent pas avec les salaires en vigueur depuis le 31 mars 2020.

La FAE essaie aussi de comprendre les raisons qui amènent le ministre de l'Éducation à ne pas traiter de la même manière les suppléantes et suppléants occasionnels qui sont déjà dans les écoles [et] à écarter les enseignantes et enseignants qui ont pris leur retraite avant le 1er juillet 2015, écrit-elle dans un communiqué transmis mardi après-midi.

Pourquoi exclut-il les profs qui auraient pris leur retraite avant le 1er juillet 2015? Est-ce que c'est parce qu'ils craignent pour la santé de profs? Ça, c'est des questions, aussi, pour lesquelles on n'a toujours pas de réponse, a déploré le président de la FAE, Sylvain Mallette, lors d'un entretien avec Radio-Canada.

Le ministre Roberge disait pourtant en entrevue avoir consulté les syndicats et obtenu leur accord pour mettre en place l'incitatif financier présenté mardi.

Avec la collaboration de Valérie Gamache et d'Éric Plouffe

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