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Le Parti saskatchewanais attaque la campagne électorale avec le vent dans les voiles

Scott Moe pendant une allocution.

Le chef du Parti saskatchewanais, Scott Moe.

Photo : CBC/Bryan Eneas

Au pouvoir depuis 2007, le Parti saskatchewanais tentera, le 26 octobre, de demeurer à l’avant-plan de la scène politique en Saskatchewan en obtenant un quatrième mandat d’affilée.

Les prochaines semaines représentent le baptême de feu de Scott Moe, qui prend part à une campagne électorale en tant que chef de son parti pour la première fois depuis qu’il a remplacé Brad Wall, en 2018.

Son opposition à la taxe carbone du gouvernement Trudeau et sa gestion de la pandémie de COVID-19 lui permettront-elles de garder la confiance des Saskatchewanais cet automne?

Une union entre libéraux et conservateurs

Le Parti saskatchewanais est né en 1997 d’une alliance entre quatre députés du Parti progressiste-conservateur de la Saskatchewan et quatre députés du Parti libéral de la Saskatchewan.

Le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily explique que cette alliance a permis de créer un parti qui rejoint une plus grande partie de l’électorat.

Ils ont développé une idéologie de droite qui est plus centriste. C’est une droite plus modérée qui a mis de côté toutes les questions de conservatisme social et religieux. Il dit défendre la Saskatchewan, notamment en créant un environnement économique favorable pour les entreprises, mais avec un État qui reste relativement présent, souligne-t-il.

Ce nouveau parti n’a patienté qu’une dizaine d’années avant que le chef de l’époque, Brad Wall, ne porte les siens vers la victoire, en 2007. Depuis, le Parti saskatchewanais a continué à connaître du succès lors des campagnes électorales de 2011 et de 2016, avec des majorités écrasantes de près de 32 % des voix.

Frédéric Boily estime que l’une des raisons du succès du Parti saskatchewanais est qu’il a réussi à se réapproprier la défense des régions rurales, qui étaient auparavant la marque de commerce des néo-démocrates.

Plan moyen de Frédéric Boily debout devant une caméra dans un studio de télévision. Tout autour de lui est flou.

Le professeur de sciences politiques à l'Université de l'Alberta, Frédéric Boily

Photo : Radio-Canada / Genevieve Tardif

Toutefois, la relation de Brad Wall avec la population saskatchewanaise s’est terminée en août 2017, moment où il a décidé de quitter la vie politique. Quelques mois plus tôt, en mars 2017, son gouvernement avait présenté un budget déficitaire de près de 685 millions de dollars, alors que le Parti saskatchewanais avait fait la promesse de rétablir l'équilibre budgétaire.

Son départ a provoqué le déclenchement d’une course à la direction chaudement disputée, qui a été remportée par Scott Moe en janvier 2018.

La stabilité et les dossiers chauds

Le départ de Brad Wall n’a pratiquement rien changé à la popularité du Parti saskatchewanais auprès de l’électorat.

La formation politique a toujours été en avance par plus de 10 points sur ses rivaux néo-démocrates dans les sondages depuis que Scott Moe a pris les rênes du parti.

Scott Moe a été dans la continuité de ce que Brad Wall a amené, mais, en même temps, il a évité les controverses et les scandales qui ont parfois plombé les gouvernements de droite des autres provinces de l’Ouest, estime Frédéric Boily.

Scott Moe et Brad Wall, côte à côte.

Loin d'être le favori dans la course à la chefferie du Parti saskatchewanais, Scott Moe (à droite) a tout de même succédé à Brad Wall aux commandes de la formation politique.

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Au cours des dernières années, le Parti saskatchewanais de Scott Moe s’est farouchement opposé à la taxe carbone du gouvernement de Justin Trudeau, au point de saisir le plus haut tribunal au pays du dossier. La Cour suprême du Canada a d'ailleurs entendu les arguments des deux parties à propos de la mesure fédérale récemment.

En dehors de la question de la taxe carbone, le Parti saskatchewanais a été en mesure d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2019 avec un surplus de près de 34 millions de dollars.

De plus, à l’image des années de Brad Wall, qui étaient centrées sur la croissance de la province, Scott Moe et ses troupes ont dévoilé en 2019 le plan de croissance 2020-2030 de la Saskatchewan, un programme politique qui mise notamment sur l’augmentation de la population, la production énergétique et l’instauration de nouveaux bureaux commerciaux à l’étranger.

Puis, la pandémie de COVID-19 a malmené les finances publiques de la province, mais le déficit anticipé par le gouvernement du Parti saskatchewanais s’est finalement révélé moins élevé que ce qui était prévu.

La gestion de la crise n’a toutefois pas fait l’unanimité, notamment en ce qui a trait du plan de retour en classe du gouvernement. Ce dernier a été vivement critiqué à travers la province, autant par le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan que par des professionnels du milieu de l’éducation.

Malgré tout, le Parti saskatchewanais demeure bien positionné en vue des élections du 26 octobre. Selon les derniers sondages dans la province compilés par le site de projection électorale Qc125, la formation politique est en avance dans près de 45 des 61 circonscriptions de la province.

Élections Saskatchewan 2020

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