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Chasse à l’orignal : des négociations sont en cours entre des pourvoyeurs et la nation algonquine

Notre journaliste Jean-Marc Belzile parle un peu plus loin avec des personnes qui participent à la mise en place des barrages.

Des pancartes ont été installées pour informer les chasseurs du moratoire sur la chasse à l'orignal dans la réserve faunique La Vérendrye.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Des discussions sont en cours entre la nation algonquine et certains pourvoyeurs de l’Outaouais, qui seraient prêts à verser 5 % de leurs revenus pour dénouer l’impasse concernant la chasse à l’orignal dans la réserve faunique La Vérendrye.

Selon ce qu’a appris Radio-Canada, l’idée lancée ce week-end est discutée depuis dimanche entre certains pourvoyeurs de l’Outaouais et des Autochtones de la nation anichinabée afin de régler la situation des barrages.

Selon un courriel écrit par un membre de la direction du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), il s’agit de l’une des propositions qui ont été discutées afin de mettre fin au différend qui subsiste actuellement.

Cette proposition qui, pour le moment, n’a pas encore reçu l’aval des différents conseils du conseil tribal de la nation algonquine, devrait être étudiée mardi soir.

Perdre 100 % de ton chiffre d’affaires ou 5 %, vous feriez quoi? C’est une prise d’otage, c’est vraiment une prise d’otage.

Marc Plourde, PDG de la Fédération des pourvoiries du Québec

Le président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, Marc Plourde, n’est pas du tout d'accord avec cette proposition et ne mâche pas ses mots quant à cette idée de redevance spéciale.

Des gens se font filtrer et se font fouiller leurs véhicules sur des critères qu’ils ne contrôlent pas et qui ne reposent sur aucune assise légale. L’entrepreneur qui est sur le point de tout perdre, vaut mieux créer un précédent et payer 5 %, c’est mieux que la faillite, déplore-t-il.

Il n’en demeure pas moins que les Autochtones ont l’intention de demeurer présents sur les routes et de poursuivre le blocus amorcé au cours des derniers jours.

Nous allons demeurer sur place jusqu’à la fin de la chasse, nous savons comment la Sépaq opère et à quel point le gouvernement peut être sournois, alors nous n’allons pas baisser la garde, avertit un membre du conseil de bande de Lac-Barrière, Charles Thomas Ratt.

Le MFFP déplore la négociation en parallèle

Selon un pourvoyeur de l’Outaouais qui a requis l’anonymat, la redevance de 5 % servirait à mettre en place un plan d’aménagement, un élément qui n’a pu être confirmé par aucun membre des nations autochtones. Le but serait néanmoins de récolter des données sur l’orignal dans ce secteur et d’éventuellement augmenter le cheptel.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a été interpellé sur la question, puisqu’il s’agit normalement du rôle du ministère de réaliser ces types d’études.

Le MFFP confirme que la négociation entre la communauté algonquine et l’association des pourvoyeurs de l’Outaouais a été portée à son attention.

Par voie de communiqué, le MFFP mentionne qu’il n’est pas partie prenante de ces discussions qui se déroulent en parallèle de nos démarches avec la nation autochtone du parc de La Vérendrye.

Plusieurs personnes sont rassemblées à l'extérieur. Un drapeau flotte au vent.

Un autre barrage est établi dans la réserve algonquine des Kitigan Zibi, dans La Vallée-de-la-Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Bien que sensible aux préoccupations exprimées par les chefs algonquins, le MFFP déplore ces discussions en parallèle, car seul le MFFP a la responsabilité d’élaborer les plans de gestion faunique.

Le ministère a également fait connaître ses préoccupations au sujet d’une éventuelle entente qui n’inclurait pas l’ensemble des partenaires et qui aurait pour conséquence de créer deux classes de chasseurs.

Des barrages illégaux, dit Pierre Dufour

Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, estime que la loi actuelle devrait donner accès aux forêts et à la faune à tous de façon équitable, pas uniquement aux Autochtones, et ce, tout en respectant la réglementation en place.

Ce n’est pas normal qu’une nation tente de prendre en otages des gens qui ont payé leurs droits d’accès, leurs forfaits de pourvoirie, fait-il remarquer.

Il souhaite que tout le monde revienne à la table de négociations d’abord et avant tout.

Au ministère, on a fait ce que nous avions à faire, on a réduit l’offre de permis de chasse sportive dans la réserve faunique de 30 % pour la saison 2020 et le nombre de permis de chasse à l’orignal femelle pour l’automne 2020. Ils doivent rester à la table de négociations et faire les choses proprement et professionnellement parlant et non pas nuire à tout le monde, explique-t-il.

Pierre Dufour parle dans un micro lors d'une conférence de presse.

Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il ajoute que les barrages ne sont pas légaux en tant que tels. Des discussions ont d’ailleurs eu lieu avec sa consoeur de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault, au cas où les barrages ne seraient pas levés samedi matin, puisque la chasse à l’arme à feu commence ce samedi dans ce secteur.

Nous voulons éviter une escalade, mais nous n’avons pas l’intention de créer un moratoire, a-t-il soutenu.

Frustration et armes à feu, un cocktail explosif

Marc Plourde, président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, est conscient que la situation actuelle n’est pas idéale, avec des chasseurs armés et de la frustration de part et d’autre.

Ça m’effraie terriblement, il pourrait y avoir des dérives si on ne corrige pas la situation rapidement. Ça me fait peur si jamais les pourvoiries se retrouvent en porte-à-faux si jamais il devait y avoir une dynamique de chasseurs des pourvoiries qui devaient passer, alors que d’autres ne pourraient pas accéder à leur camp de chasse. Je le répète, les chasseurs sont pris en otages en ce moment.

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