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La Ville d'Ottawa serre la vis aux commerces de consommation de chicha

Des pipes à eau le long d'un mur.

De nombreuses pipes à eau sont toujours utilisées dans des commerces d'Ottawa malgré l'interdiction municipale.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Radio-Canada

Ottawa sévit contre les exploitants de commerces qui autorisent toujours l'utilisation de chichas et de pipes à eau dans leurs établissements.

Depuis quatre ans, il est interdit de consommer ce type de produit dans des lieux publics, au même titre que la cigarette et le cannabis, mais une quinzaine d'établissements d'Ottawa font fi de la réglementation municipale.

La Ville d'Ottawa les a donc modifiés pour lui permettre d'agir contre les propriétaires récalcitrants.

L'objectif de cette modification est de serrer la vis aux commerçants qui autorisent encore la consommation de produits de vapotage ou l'utilisation de pipes à eau dans leurs locaux commerciaux.

Le Comité des services communautaires et de protection a proposé au Conseil municipal d’Ottawa de modifier le règlement sur l’usage de produits à fumer ou à vapoter pour inclure les propriétaires des lieux, ceux qui les louent et ceux qui les occupent.

Les modifications ont été adoptées le 23 septembre 2020 par le Conseil municipal.

Des centaines d'avis d'infraction

En 2019, les services des règlements municipaux ont procédé à 367 inspections d’établissements destinés à la pipe à eau, qui ont mené à 315 avis d’infraction selon les statistiques compilées par le comité.

Le nombre est bien moindre en 2020, en raison de la pandémie, soutient le comité : 78 inspections ont été réalisées et 58 avis d’infraction ont été distribués.

Le nombre d’établissements connus est passé de 17 à 20 depuis 2016. Ainsi, il est évident que, malgré les règlements en place, les initiatives d’application et les lourdes amendes infligées par les tribunaux, les propriétaires d’établissements destinés à la pipe à eau continuent de bafouer les règles en poursuivant leurs activités, soutient le comité dans son rapport.

Nous allons nous battre

Le propriétaire du Sinbad Restaurant and Café, Adel Alayoid, affirme avoir reçu des contraventions totalisant plus de 90 000 dollars. 

Homme qui fume une pipe à eau.

Adel Alayoid, propriétaire du Sinbad Restaurant and Café d'Ottawa et fumeur depuis une vingtaine d'années

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Maintenant, il craint que le propriétaire de l’édifice dans lequel son commerce est situé lui donne un ultimatum et le force à fermer ses portes.

Si vous n'aimez pas les gens qui fument à l'intérieur, donnez-moi des options. Comme à New York, fumer sur le patio. Les gens mangent à l'intérieur et, s'ils veulent fumer, nous pourrions les envoyer sur le patio, mais vous [la Ville d’Ottawa] n'acceptez pas cette option, soutient M. Alayoid.

Son collègue Nawaf Abdalah, gérant du café, trouve la situation aberrante. Selon lui, celle-ci ne concerne pas la santé publique.

C'est un argument qui est discutable. Beaucoup de choses dans notre vie maintenant : du plastique à la transformation des aliments, en passant par le tabac et l'alcool, tout peut affecter ou influencer notre système immunitaire ou la santé publique, soutient M. Abdalah.

Il avance que ceux qui fréquentent ces établissements ne peuvent être affectés par la fumée secondaire puisqu’ils sont déjà fumeurs de chicha ou d'autre produits.

Les deux hommes se disent prêts à contester les amendes devant les tribunaux.

Nous allons nous battre contre [la réglementation] de la même manière que beaucoup d'autres communautés se sont battues, dans les années 50 par exemple, pour l’alcool. Ils se sont battus pour cela quand ç'a été interdit. Même chose pour la consommation de cannabis et maintenant c'est légalisé. Nous allons faire la même chose.

Nawaf Abdalah, gérant, Sinbad Restaurant and Café
Une pile de feuilles de papier et d'enveloppes.

Avis d'infraction reçu par le propriétaire du Sinbad Restaurant and Café d'Ottawa parce que des clients fument la pipe à l'intérieur du commerce.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Les propriétaires de ces établissements, ceux à qui appartiennent le bâtiment, ne faisaient pas partie de la solution, soutient le conseiller municipal Mathieu Fleury. 

L’an dernier, 315 amendes ont été distribuées, soutient M. Fleury. Dans ce contexte-là, on voit qu’on n’arrive pas à résoudre [le problème]. On a 17 emplacements commerciaux qui sont problématiques, qui ne se conforment pas à la réglementation municipale. C’est important de responsabiliser les exploitants des commerces, mais aussi les propriétaires.

C’est important d’être consistant, ajoute le conseiller, qui représente le quartier Rideau-Vanier. À Ottawa, depuis les 20 dernières années, on a été une des municipalités à mener la lutte contre le tabagisme et à dénoncer l'impact de la fumée secondaires. Avec l'arrivée des cigarettes électroniques et des vapoteuses, il y avait une faille dans notre approche.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

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