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L’usine Résolu d’Amos ne rouvrira pas avant le printemps 2021

Un panneau indique l'entrée de l'usine à Amos.

Produits forestiers Résolu, usine d'Amos

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Les dirigeants de Produits forestiers Résolu (PFR) ne prévoient pas rouvrir l’usine de papier journal d’Amos avant le printemps 2021.

Cette usine qui emploie quelque 150 travailleurs est fermée depuis le 19 avril. Produits forestiers Résolu a rencontré les représentants syndicaux et les élus d’Amos lundi pour leur faire part de cette décision.

Selon Louis Bouchard, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales pour PFR, le marché du papier journal, déjà en déclin et plombé par la crise de la COVID-19, ne démontre toujours pas de signe de reprise.

Dans un cycle normal, la demande est toujours plus forte à l’automne, à l’approche de la période des Fêtes, explique-t-il. Mais à cause de la COVID, on ne voit aucune augmentation de la demande. On sait aussi que le premier trimestre d’une année est historiquement faible au niveau de la demande. C’est pour cette raison qu’on a évoqué une fenêtre de réouverture au printemps 2021.

Une dizaine de personnes marchent dans le stationnement de l'usine d'Amos. Ils tiennent des drapeaux aux couleurs du syndicat d'Unifor.

Les travailleurs manifestent pour la sauvegarde des emplois dans le secteur forestier.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Cette mise au point est survenue quelques heures à peine après une manifestation des travailleurs à l’usine d’Amos. Du côté du syndicat Unifor, on promet de ne pas baisser les bras pour tenter de faire renverser cette décision. Le syndicat s’inquiète notamment de la fin de la Prestation canadienne d’urgence et de l’accès à l’assurance-emploi pour les travailleurs d’Amos.

Notre réaction en est une de déception et d’inquiétude, lance le directeur québécois Renaud Gagné. Le marché a diminué et on le comprend. Mais peut-on permettre aux employés de passer à travers la crise en pouvant au moins se requalifier pour l’assurance-emploi? Les employés méritent d’être respectés et on doit pouvoir partager le travail entre les usines en moment de crise.

La direction de Résolu écarte toutefois cette solution, même si une telle rotation a déjà été utilisée par le passé. Ce n’est pas viable financièrement. Les coûts reliés à l’arrêt et au redémarrage sont tellement exorbitants que ça devient impossible de soutenir une telle solution, surtout avec l’état actuel du marché du papier, soutient Louis Bouchard.

Louis Bouchard lors d'une entrevue fait à distance derrière son ordinateur.

Depuis juin 2020, Louis Bouchard est le nouveau porte-parole de Produits forestiers Résolu.

Photo : Radio-Canada

Convertir l’usine?

Le syndicat s’inquiète pour l’avenir de l’usine d’Amos et il réitère le besoin pour l’industrie de se tourner vers de nouveaux créneaux d’avenir.

Il faut que le gouvernement et le milieu s’organisent pour que l’industrie puisse investir dans la conversion de ces usines, martèle Renaud Gagné. À moyen terme, on risque de se ramasser avec des fermetures permanentes. Si le milieu ne bouge pas, on s’en va peut-être vers un abandon. Il faut prendre exemple sur Lebel-sur-Quévillon, où la mobilisation a permis d’empêcher la démolition de l’usine. On est fiers aujourd’hui de cette relance.

Vue de l'extérieur.

L'usine de Produits forestiers Résolu à Amos.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Produits forestiers Résolu se dit prête à étudier tous les scénarios possibles pour l’avenir de son usine.

On fait de la recherche et développement et on regarde toujours vers de nouveaux produits et ce qui se passe sur les marchés, pour bien évaluer ce dont nos clients ont besoin, précise Louis Bouchard. On encourage les gens du milieu à se structurer pour y travailler et réfléchir à des solutions, que ça passe par de nouveaux produits ou autre chose. On est ouverts à écouter et à y participer. Mais si la demande de papier journal se rétablit et qu’on peut redémarrer cette usine qui performe très bien, ça sera tant mieux.

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