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Les cas d’injections de drogue à la hausse dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est

Un homme dont on ne voit que les mains tient des seringues.

La crise des opioïdes fait des ravages.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Laurie Gobeil

Les travailleurs de rue de la MRC Lac-Saint-Jean-Est ont distribué beaucoup plus de seringues qu’à l’habitude depuis le début du printemps. Toutefois, contrairement à Saguenay, ils n’ont constaté aucune piquerie à ciel ouvert.

Lors du précédent exercice financier, du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, les travailleurs de rue du secteur ont distribué 10 000 seringues.

En quatre mois, cette année, nous en avons déjà distribué 5000, lance le directeur général du Comité du travail de rue d’Alma, Guillaume Bégin. Ce dernier voit dans la distribution de seringue, la possibilité de bien informer les consommateurs sur les risques liés à cette pratique.

Selon lui, si la tendance se maintient, plus de 10 000 seringues auront été distribuées à la fin de l’année. Est-ce à dire que les consommateurs sont plus nombreux ou qu’ils consomment davantage?

Je dirais que c’est un peu des deux. Il y a possiblement plus de consommateurs, mais peut-être aussi que ceux qui s’approvisionnent déjà en ont utilisé davantage. Certains en prennent pour leurs amis, explique Guillaume Bégin. Une chose est claire pour lui, c’est que le service qu’il dirige ne réussit pas à rejoindre l’ensemble des personnes qui s’injectent des drogues sur le territoire.

Un homme s'injecte de l’héroïne.

Depuis le début de l'année 2020, 15 décès par surdose sont survenus au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada

Il est difficile aussi pour le directeur général d’évoquer une raison claire pour expliquer cette hausse.

Nos données ne nous permettent pas de fournir une raison claire. [...] On peut imaginer que l’ensemble des dommages collatéraux de la pandémie ont amené une personne qui voulait arrêter à continuer sa consommation. Certaines personnes sont peut-être passées à l’injection, avance-t-il.

Ce n’est pas d’hier que les travailleurs de rue tentent de sensibiliser les consommateurs à l’importance d'utiliser du matériel d’injection neuf et de leur enseigner comment en disposer.

C’est un travail que l’on fait de longue haleine et qui n’est pas nécessairement évident parce ce sont des gens qui sont fragilisés, méfiants. On met tout notre savoir-être et notre savoir-faire à leur profit, confie Guillaume Bégin.

Une modification dans le cadre législatif?

Le directeur encourage la création d’un site d’injection supervisée à Saguenay. Même qu’il va plus loin dans les changements à apporter. À ses yeux, la société devrait réfléchir à la possibilité de modifier le cadre législatif actuel entourant la consommation de drogues illicites.

Ce qui empêche Chicoutimi d’avoir un centre d’injection supervisé, c’est la loi fédérale pour l’interdiction des drogues, indique Guillaume Bégin. Si cette loi était revue, revisitée, si elle était même annulée simplement, on n’aurait pas besoin d’avoir une exception à la loi. On pourrait prendre soin de notre monde comme il faut.

Parmi les arguments pour appuyer son idée, il nomme l’engorgement du système judiciaire.

On fait d’eux autres [les consommateurs] des criminels, mais ce sont des malades. Si on se dit que ce n’est pas dans un système judiciaire et criminel que l’on veut les traiter, mais dans un  [système de] soins, de santé et de services sociaux, on va prendre soin de notre monde et on va arrêter de les mettre en prison.

Malgré l’existence de la loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose, les consommateurs cultivent encore la méfiance envers les autorités.

Non seulement ils ont un problème de dépendance, mais en plus, s’il se passe quelque chose, qu’un ami fait une overdose, ils ont peur d'appeler la police. Ils ont peur d'appeler les premiers soins parce que s’ils les appellent, comme ce sont des criminels parce qu’ils consomment, bien ils vont se placer dans le trouble, explique Guillaume Bégin.

Rappelons que depuis le début de l’année 2020, 15 décès par surdose sont survenus au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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