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247 voyageurs ont introduit la COVID-19 au Québec

Des messages liés à la pandémie de COVID-19 diffusés sur des écrans à l'aéroport de Montréal.

Les premiers cas de COVID-19 au Québec ont été décelés chez des gens revenant de voyages, surtout en provenance des États-Unis et d'Europe.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Érik Chouinard

Il n’y a pas eu de patient zéro responsable de l'ensemble de la propagation de la COVID-19 au Québec.

Au moins 247 personnes sont plutôt à l’origine de l’introduction du coronavirus lors de leur retour de voyage à l’étranger, selon une étude conjointe menée par des chercheurs de l'Université McGill et de l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ). Le retour de ces voyageurs coïncidait alors avec la fin de la semaine de relâche du mois de mars.

L’équipe de recherche a analysé les séquences génomiques des coronavirus de 734 échantillons provenant de tests de dépistage positifs d’entre la mi-février et le 1er avril. C'est une importante quantité d'informations à analyser puisque c'est dans le génome qu'est contenue toute l'information génétique des virus.

Moi, j'ai été particulièrement surpris entre autres de voir que déjà, à ce stade-là, il n'y avait pas que quelques foyers d'introduction, commente Guillaume Bourque, professeur au Département de génétique humaine à l’Université McGill, en entrevue à l’émission Première heure.

D’autant plus que la valeur de 247 est possiblement sous-estimée, comme en conclut l’étude (Nouvelle fenêtre), puisqu’il manquait parfois de l’information pour traiter avec confiance tous les échantillons.

Suivre les mutations

Au Centre de génomique de l'Université McGill, on a la capacité de séquencer le génome pour vraiment regarder le virus. On a des outils pour non seulement détecter sa présence, mais aussi sa composition et s'il y a des mutations , affirme le chercheur qui a participé à l’étude.

Même à partir de 1 cas non contrôlé, ça peut faire une explosion exponentielle des cas et ça montre que dès le mois de mars, il y avait déjà beaucoup d'introductions, donc c'était très difficile à contrôler.

Guillaume Bourque, professeur au Département de génétique humaine à l’Université McGill

Chaque fois qu’un virus se réplique, de petites variations peuvent s’insérer dans son génome et se répercuter lors de prochaines réplications. Ces mutations et ces variations-là ne changent pas nécessairement les propriétés du virus, mais les petites différences nous permettent de créer une espèce de généalogie, poursuit Guillaume Bourque.

À partir des mutations présentes dans les génomes viraux, il peut ainsi être possible de voir d’où provient le virus d’un échantillon, un peu comme en suivant son espèce d’arbre généalogique.

Dans les autres pays, les gens font évidemment la même chose et soumettent les séquences virales qu'ils ont déterminées dans leur pays respectif dans une base de données commune, indique le professeur. Lui et les autres chercheurs de l’équipe ont donc pu comparer les souches trouvées au Québec au début de la propagation à celles qui étaient présentes ailleurs dans le monde à ce moment.

On a comparé les plus de 700 séquences québécoises aux presque 20 000 séquences qui étaient disponibles de partout à travers le monde à ce moment.

Guillaume Bourque, professeur au Département de génétique humaine à l’Université McGill

L’analyse des profils génomiques est assez précise et permet même de lier l’origine d’une souche virale à une ville ou à un pays en particulier. Par exemple, on peut trouver que la séquence virale d'une personne se rapproche ou est identique à une séquence qui a été observée à New York ou en France, illustre Guillaume Bourque.

Mieux comprendre la propagation

Selon le professeur, l’analyse séquentielle pourrait également permettre d'en apprendre davantage sur ce virus encore méconnu. On n'a pas fini le travail, on continue de séquencer les cas actuels pour aussi essayer de mieux comprendre la propagation et quelles souches se propagent à travers la population, explique-t-il.

L’équipe de l’Université McGill continue donc de travailler étroitement avec celle de l’INSPQ. Et, leurs résultats pourraient aussi influencer les mesures prises pour combattre la progression de la COVID-19. [Le séquençage] permet aussi de regarder quelles techniques et quels outils de la santé publique fonctionnent bien ou moins bien, ajoute Guillaume Bourque.

Avec des informations de Claude Bernatchez

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