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Poutine dirige « probablement » une opération visant à favoriser la réélection de Trump

Un rapport de la CIA dévoilé par le Washington Post s’intéresse particulièrement aux activités d’un député ukrainien, Andreï Derkach, qui entretient des liens avec Rudy Giuliani.

MM. Trump et Poutine se penchent l'un vers l'autre pour se serrer la main.

Le président des États-Unis, Donald Trump, et son homologue russe, Vladimir Poutine, se serrent la main le 16 juillet 2018, lors de leur sommet à Helsinki, en Finlande.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada

Le président russe Vladimir Poutine et des collaborateurs dirigent « probablement » une opération visant à favoriser la réélection du président Donald Trump lors de la présidentielle du 3 novembre, conclut un rapport de la CIA dont la teneur est dévoilée mardi par le Washington Post.

Selon deux sources du quotidien qui l’ont consulté, le rapport des services secrets américains, déposé le 31 août, a été construit à partir de dizaines de sources, avec la collaboration de l’Agence de sécurité nationale (NSA) et de la police fédérale (FBI).

Nous estimons que le président Vladimir Poutine et les plus hauts responsables russes sont au courant et dirigent probablement l’opération d’influence russe visant à dénigrer l’ancien vice-président Joe Biden, à soutenir le président des États-Unis et à alimenter la discorde avant l’élection américaine de novembre.

introduction du rapport CIA Worldwide Intelligence Review, selon deux sources du Washington Post

Le rapport s’intéresse particulièrement aux activités d’un député ukrainien, Andreï Derkach, qui s’applique à disséminer des informations désobligeantes sur Joe Biden, candidat démocrate à la présidence, auprès de lobbyistes, d’élus du Congrès, des médias et de gens proches du président.

Le rapport évoque notamment des liens entre Derkach et une personne importante dans l’entourage de M. Trump, qui n’est pas nommément identifiée. L’avocat personnel du président, Rudy Giuliani, a cependant des liens publics avérés avec M. Derkach depuis plusieurs mois déjà.

Le directeur du renseignement national américain (DNI) et le département du Trésor ont déjà identifié Derkach comme étant un agent de renseignement russe, mais le fait qu’il soit aussi dans le viseur de la CIA, de la NSA et du FBI n’était pas connu. Derkach a déjà nié être au service de Moscou.

Andreï Derkach, assis à une table, parle dans un micro. Près de lui, une affiche sur laquelle on peut voir Joe Biden.

Le député ukrainien Andreï Derkach, lors d'une conférence de presse visant à discréditer Joe Biden, le 9 octobre 2019, à Kiev.

Photo : Reuters / GLEB GARANICH

Le 10 septembre, Derkach a été sanctionné par le Trésor américain en tant qu’agent de la Russie tentant de discréditer Joe Biden à l’aide d’informations fausses et non fondées, dont des enregistrements audio modifiés.

L’un de ces enregistrements a d’ailleurs été relayé par le président Trump le 18 août. Le message, provenant d'un utilisateur aujourd'hui banni par Twitter, disait présenter une conversation qui aurait eu lieu entre le président ukrainien Petro Porochenko et M. Biden alors que ce dernier était vice-président des États-Unis, le 16 février 2016.

L'enregistrement semblait avancer que M. Biden a offert à M. Porochenko des garanties de prêts en échange du congédiement du procureur général ukrainien, Viktor Shokin. Rudy Giuliani, qui a rencontré Andreï Derkach à Kiev et à New York au cours des derniers mois, a soutenu que cela prouvait que M. Biden cherchait à protéger son fils, Hunter, qui siégeait alors au conseil d'administration de Burisma, un groupe gazier ukrainien visé par une enquête.

Dans les faits, la position de M. Biden sur le procureur Shokin reflétait la position du gouvernement américain, qui le jugeait timoré dans sa lutte contre la corruption en Ukraine. Il n'existe aucune preuve d'une ingérence inappropriée de M. Biden dans cette affaire. M. Porochenko a également présenté les enregistrements diffusés par M. Derkach comme des fabrications des forces prorusses en Ukraine.

La trame narrative évoquant collusion entre Biden et le pouvoir ukrainien est à l'origine de l'enquête en destitution visant le président Trump qui s'est conclue l'hiver dernier. Dans un appel effectué en juillet 2019, le président Trump avait demandé au président ukrainien Volodymir Zelenski d’enquêter pour savoir si M. Biden avait mis fin à une enquête sur Burisma.

En entrevue à Politico en juillet, M. Derkach avait affirmé avoir distribué du matériel à des responsables de la Maison-Blanche et à des élus républicains, dont les sénateurs Ron Johnson, Charles Grassley et Lindsey Graham, et le représentant Devin Nunes. Les trois sénateurs ont nié l'information, tandis que M. Nunes a refusé de commenter.

Dans la foulée des sanctions contre M. Derkach annoncées il y a moins de deux semaines, Rudy Giuliani avait défendu ses liens avec M. Derkach, même si ce dernier a fréquenté l'Académie du service fédéral de sécurité de Russie, connu sous le nom de FSB (anciennement KGB) au début des années 90. Il a déclaré au New York Times n'avoir aucune raison de croire qu'il était un agent russe, avant d'ajouter, comment diable pourrais-je le savoir?

Avec les informations de Washington Post

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