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Lettre empoisonnée : la suspecte accusée de menaces contre Trump

Des agents en tenue de camouflage transportent de l'équipement.

Les policiers effectuent une perquisition dans un immeuble du boulevard Vauquelin, dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil, le 21 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pascale Ferrier, la femme soupçonnée d'avoir envoyé des lettres contenant de la ricine à la Maison-Blanche et dans plusieurs autres endroits au Texas, a été formellement accusée, mardi après-midi, de menaces contre le président Donald Trump.

La quinquagénaire, en présence d'une interprète francophone, a plaidé non coupable lors de sa comparution devant une cour fédérale américaine, à Buffalo, dans l'État de New York.

La cause a été ajournée après une vingtaine de minutes, et les audiences reprendront lundi prochain. Pascale Ferrier, qui a demandé que le tribunal lui désigne un avocat commis d'office, restera détenue dans l'intervalle.

Le juge n’a pas tranché sur la question de sa mise en liberté sous caution, à laquelle s’est opposé le procureur, qui a invoqué la violence de l’acte dont elle est accusée et un risque sérieux de fuite.

Se basant notamment sur des témoignages et sur la lettre empoisonnée destinée à Donald Trump, la déclaration écrite faite sous serment par un agent spécial technicien des explosifs de la police fédérale américaine (FBI) indique qu'il y a un motif raisonnable de croire que la défenderesse a sciemment et délibérément menacé de tuer le président des États-Unis et de lui infliger des lésions corporelles.

J’ai trouvé un nouveau nom pour toi : le clown tyran hideux, dit l'expéditeur de la lettre en accusant, sans donner d'explications précises, le président Trump de détruire les États-Unis et de les conduire au désastre.

Abandonne et retire ta candidature pour cette élection, poursuit la personne, précisant avoir inclus dans l'envoi postal un "cadeau spécial" pour [l]’aider à prendre une décision. Si ça ne fonctionne pas, je trouverai une meilleure recette pour un autre poison, ou je pourrais utiliser mon arme à feu quand je pourrai venir, menaçait-elle, signant esprit rebelle libre.

La lettre avait été interceptée vendredi dernier par les services secrets américains dans un centre de tri du courrier destiné à la Maison-Blanche. Selon les documents de cour, les analyses ont permis de déterminer que la substance incluse dans l'enveloppe était de la ricine, un poison très dangereux.

Six autres lettres envoyées à des centres de détention du Texas

Outre la lettre envoyée à la Maison-Blanche, des envois similaires, tous faits à partir du Canada, ont été reçus les 15 et 16 septembre dans six bureaux locaux du FBI au Texas.

Ces envois, adressés à des individus travaillant dans des centres de détention et des pénitenciers où l'accusée a été incarcérée en 2019, contenaient eux aussi une substance poudreuse, en plus de présenter, dans plusieurs cas, les mêmes expressions et la même signature.

Selon les autorités, Pascale Ferrier a été arrêtée en 2019 pour possession d'armes, puis transférée sous la responsabilité des services frontaliers et de l'immigration (ICE). Le New York Times a rapporté qu'elle avait été libérée et renvoyée au Canada après deux mois de détention à la suite de l'expiration de son visa.

Photo de police de Pascale Ferrier

Pascale Ferrier

Photo : Bureau du shérif du comté d'Hidalgo au Texas

D'après les documents soumis au tribunal, quatre des lettres envoyées dans les établissements du Texas portaient en outre des empreintes digitales fichées dans la base de données du FBI et correspondant à l'accusée.

L'agent spécial du FBI a par ailleurs précisé dans sa déclaration qu'une recherche effectuée sur les comptes Facebook et Twitter de Pascale Ferrier avait montré qu'elle avait utilisé dans les jours précédant l'envoi des missives l'expression clown tyran hideux pour parler du président Trump en plus d'avoir eu recours au mot-clic #tuerTrump.

D'origine française et détentrice de la citoyenneté canadienne, Pascale Ferrier a été arrêtée dimanche à Buffalo alors qu'elle tentait de franchir la frontière américaine. Les documents de cour indiquent qu'elle a déclaré aux agents qu'elle était recherchée par le FBI pour les lettres à la ricine et qu'elle avait en sa possession une arme à feu chargée et un couteau.

Elle est détenue aux États-Unis depuis.

Participation canadienne à l'enquête

Les forces de sécurité canadiennes ont participé à l'enquête lancée par le FBI, après que les enquêteurs américains eurent découvert des preuves montrant que la lettre adressée à la Maison-Blanche provenait du Canada. Une photo publiée par le réseau CNN laisse croire qu'elle aurait transité par Montréal, en raison du code postal du centre de tri de l'arrondissement de Saint-Laurent imprimé sur l'enveloppe.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a mené lundi une opération majeure pour perquisitionner dans un condominium du boulevard Vauquelin dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil, où habitait la femme de 53 ans.

Selon les autorités américaines, l'envoi adressé au président Trump aurait été posté dans ce secteur.

L'équipe d'intervention en cas d'incident chimique, biologique, radiologique, nucléaire et explosif, une unité spécialisée composée des Forces armées canadiennes et de la GRC, a été mise à contribution, ainsi que les policiers et les pompiers de Longueuil.

Plusieurs voisins du condominium et des résidents de l'immeuble ont été évacués par mesure de précaution.

Un poison très dangereux

La ricine est une substance végétale extraite des graines d'un arbuste, le ricin. Extrêmement toxique, c'est l'un des poisons les plus puissants du règne végétal. La substance, généralement concentrée sous forme de poudre, peut-être ingérée, inhalée ou encore injectée. Une infime quantité suffit à provoquer la mort en empêchant les cellules du corps de fabriquer des protéines. La mort survient en général en quelques heures et sans laisser de traces.

Il n'existe aucun antidote connu à ce jour.

Selon Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire à la Gendarmerie royale du Canada, les enquêteurs du FBI et de la GRC doivent également travailler pour déterminer de quelle façon Pascale Ferrier a réussi à se procurer une telle substance.

Je sais entre autres que sur le "dark web", le côté illégal d'Internet, c'est possible d'en obtenir, a-t-il déclaré en entrevue sur les ondes d'ICI RDI.

Avec les informations de La Presse canadienne

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