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Deuxième vague : Legault sous le feu de la critique

François Legault, debout devant un lutrin, parle devant un micro. Il porte un veston et une cravate. Des drapeaux du Québec en arrière-plan.

Le gouvernement de François Legault est accusé par l'opposition de manquer de clarté et de cohérence.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’opposition à Québec demande au gouvernement Legault de faire preuve de plus de sérieux et de cohérence dans la gestion de la deuxième vague annoncée de la pandémie.

Pour Québec solidaire, il est urgent de mettre plus de ressources pour améliorer le traçage des personnes positives. Un trop petit nombre de personnes sont affectées à ces enquêtes, estime le parti.

Les experts nous disent que le rempart pour la deuxième vague c’est la question du dépistage, des enquêtes de traçage. Or, ce qu’on réalise, c’est que le gouvernement ne fait pas le nécessaire.

Le porte-parole en matière de santé de QS, Sol Zanetti.

M. Zanetti mentionne qu’en une journée de huit heures, un enquêteur peut mener à bien trois investigations. Il calcule donc que si l’on revit le scénario du printemps dernier, où on a eu plus de 1100 nouveaux cas à l’échelle du Québec dans les pires journées, il faudrait que près de 370 personnes travaillent aux enquêtes de traçage pour ne pas prendre de retard dans le contact des personnes à risque.

M. Zanetti affirme que nous sommes présentement loin de ce chiffre. Par exemple, à Montréal, région de loin la plus touchée par l’épidémie, 30 personnes sont actuellement affectées à ce type d’enquête et 50 sont en formation.

Ce n’est pas ça être prêt et avoir utilisé le temps donné par l’été. Il faut embaucher des gens et les former. Pas besoin de monopoliser des infirmières pour faire ce genre de travail là, critique pour sa part la co-porte-parole du parti, Manon Massé.

Cohérence et intelligibilité exigées

Lundi, la porte-parole libérale en matière de santé, Marie Montpetit, a déploré que très peu de mesures additionnelles soient appliquées dans les régions de Montréal, de Chaudière-Appalaches ainsi qu'une portion de la région de la Capitale-Nationale, passées au niveau d'alerte orange.

Il n'est plus question, par exemple, de fermer les bars, les salles à manger des restaurants ou les gyms ni d'interdire à nouveau le sport parascolaire à l'extérieur des classes-bulles.

À chaque jour, ils ressortent leurs pinceaux et ajoutent de nouvelles couleurs, des préalertes et du orange pâle, a raillé Mme Montpetit. Il commence à y avoir tellement de messages ambigus que [...] les gens sont confus.

Chaque nouveau point de presse [...] apporte davantage de confusion. Ils sont en train de perdre complètement l'adhésion de la population.

La porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit

Force est de constater qu'entre les messages [...] du directeur de la santé publique qui est extrêmement préoccupé et les mesures qui sont mises en place, il y a quand même une disparité qui est importante, a souligné Mme Montpetit.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a déclaré lundi que la province est dans la deuxième vague. Il a ajouté qu'il était très, très, très préoccupé par la situation.

Selon Mme Montpetit, le gouvernement ne maîtrise pas la situation et risque surtout de semer l'inquiétude avec des changements de couleur qui ne sont pas encore clairs.

Tout comme le Parti libéral, Québec solidaire demande au gouvernement de François Legault d’être plus intelligible dans les consignes qu’il donne à la population, s’il veut que les gens les respectent.

Manon Massé et Sol Zanetti s’entendent pour dire que c’est un message clair sur les consignes à suivre qui fera que les citoyens les respecteront, et non pas plus de répression policière.

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément a ajouté, sur Twitter, le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, en citant Boileau.

Trouver le bon équilibre

Pour le Dr Karl Weiss, microbiologiste et infectiologue à l’Hôpital juif de Montréal, il n’y a toutefois pas de raison de jeter la pierre au gouvernement, qui est dans une situation d’équilibriste, dit-il.

Il faut éviter de détruire le canevas social et économique et garder les écoles ouvertes, et en même temps préserver la population. La solution facile n’existe pas, il va falloir s’adapter, pense-t-il.

M. Weiss pense également que le confinement, même s’il a eu un impact très positif lors de la première vague, n’est plus la solution à adopter. Selon lui, d'ailleurs, la responsabilité de contrôler l’épidémie ne revient pas seulement au gouvernement, mais aussi à la population.

Il va falloir trouver des façons plus intelligentes de la part de tout le monde pour contribuer à diminuer l’amplitude de cette deuxième vague. Ce que le gouvernement peut faire, c’est bien. Ce que la population peut faire, c’est encore mieux.

Le Dr Karl Weiss, infectiologue

Et il insiste sur le fait que le port du masque est un outil de taille dans la lutte contre la propagation du virus. Le médecin remet donc en perspective les conclusions d'une méta-analyse dévoilée hier par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) qui indique entre autres qu'il y a un manque de données scientifiques fiables pour juger de l’efficacité du couvre-visage dans la population générale.

C’est clair que tout le monde qui connaît la littérature est en désaccord avec ça. Sans les masques, on aurait probablement été dans une catastrophe beaucoup plus grande. Les masques ne sont plus matière à débat. Ils sont d’une utilité extrêmement grande, beaucoup plus que les autres mesures, assure-t-il.

L'INSPQ précise d'ailleurs que ce manque de données ne doit pas être interprété comme une preuve de son inefficacité.

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