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Diversité : le Conseil scolaire Centre-Nord fait le point sur ses progrès

Des manifestants, pancarte en main.

L'Association des parents noirs de l'Alberta a organisé des manifestations cet été pour réclamer plus de diversité au sein du CSCN.

Photo : Radio-Canada

La proportion d’enseignants appartenant à une minorité visible au Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) est passée d’environ 18 % à 25  % en trois ans, indique un rapport publié sur son site Internet. Leur répartition au sein des différentes écoles et leur petit nombre dans les postes de direction continuent néanmoins de susciter des questions.

Nous avons toujours du travail à faire, comme n'importe quelle organisation dans notre société [...] mais je pense qu'[...] on peut voir des statistiques assez positives, des gestes concrets qui ont été posés, se réjouit le directeur du CSCN, Robert Lessard.

Dans les derniers mois, plusieurs parents noirs ont publiquement dénoncé un racisme systémique et un manque de diversité au sein du CSCN.

Leurs revendications ont un petit goût de déjà vu pour le plus grand conseil scolaire francophone de la province, puisqu’elles ressemblent beaucoup à celles qu’un groupe de parents avait soulevées en 2014. Une pétition à ce sujet avait récolté 500 signatures à l’époque.

S’il reconnaît qu’il y a encore du travail à faire, Robert Lessard soutient tout même que les choses se sont améliorées. Le CSCN a d’ailleurs récemment publié un rapport sur les efforts qui ont été faits en ce sens durant les cinq dernières années.

Selon ce document, la proportion d’enseignants appartenant à une minorité visible est passée d’environ 18 % à 25 % depuis 2016. Leur présence parmi le personnel de soutien (comme les aides-enseignants) est passée de 22 % à 31 %.

Ce sont des données qui sont assez concrètes, qui démontrent un cheminement important.

Robert Lessard, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord

Le CSCN a apporté plusieurs changements à ses stratégies d’embauche pour atteindre ces résultats. Il a notamment centralisé le processus, afin de le rendre plus uniforme. Il a aussi organisé des rencontres avec les candidats potentiels avant la période d’embauche pour leur dire comment s’y préparer. Une trentaine de documents utilisés pour le recrutement ont été retravaillés pour qu’ils soient plus inclusifs .

Le graphique montre que la proportion d'employés de minorités visibles a augmenté entre 2016 et 2019.

La représentation des minorités visibles au sein du CSCN a augmenté.

Photo : Conseil scolaire Centre-Nord

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, lance Victor Moke-Ngala, un des parents qui avait lancé la pétition de 2014 et qui fait aujourd'hui partie du conseil d’administration de Francophonie albertaine plurielle.

Il s’est dit agréablement surpris d’apprendre que le CSCN avait mis en place une stratégie pour répondre aux inquiétudes qu’il avait soulevées alors. Il souligne toutefois que bien des parents et des enfants noirs peinent toujours à se sentir entièrement acceptés dans les écoles francophones du nord de l'Alberta.

Peu de diversité dans les postes de direction

À ce jour, quelque 90 % des employés du bureau central du CSCN sont blancs, et c’est la même chose pour les postes de direction dans les écoles.

Selon Robert Lessard, c’est parce que peu de membres de minorités visibles postulent.

On a probablement un travail à faire pour essayer de faire mousser nos gens à l'intérieur de notre organisation, dit-il.

Il évoque l’idée de créer une académie de leadership, pour accompagner les candidats qui souhaitent gravir les échelons.

Victor Moke-Ngala croit qu’il reste donc bien du chemin à parcourir. Il aimerait d'ailleurs que le rapport du CSCN soit plus détaillé.

S’il y a plus d’enseignants de la minorité, c’est une bonne chose [...] mais où sont-ils?, demande-t-il.

Tout comme l’APNA, il craint qu’ils ne se concentrent dans quelques écoles qui comptent une forte proportion d’élèves immigrants, comme Michaëlle-Jean ou Gabrielle-Roy.

Il y voit un danger : C’est que ça crée un ghetto. Nous ne voulons pas de cela.

Des différences d’une école à l’autre

Je pense que c’est un constat, effectivement, il y a des écoles où il y a plus de gens de la minorité qui travaillent, et d’autres, moins, reconnaît Robert Lessard.

Il explique que les candidats choisissent eux-mêmes l’école pour laquelle ils postulent. Il n’a pas de statistiques à ce sujet ni d’ailleurs sur les élèves issus de minorités.

Selon ses estimations, ceux-ci représentent environ 25 % à 30 % de tous les élèves, mais les différences sont énormes entre les écoles. Dans certaines d’entre elles, cette proportion dépasse 80 %.

Des questions subsistent

Dans une note de service envoyée le 12 août, l’APNA observe que les écoles les plus fréquentées par les élèves de minorités semblent également être celles qui ont les infrastructures les plus désuètes.

Elle demande plus d’information sur le budget de ces écoles, ainsi que sur le nombre d’élèves noirs et leur taux de réussite, par exemple.

Robert Lessard explique que le CSCN ne collecte pas toutes ces données, mais qu’il pourrait commencer à le faire. Il veut cependant s’assurer qu’il ne menace pas la vie privée des élèves, ce faisant.

La note de service suggère aussi des pistes d’action pour combattre le vice du racisme et de la discrimination dissimulés dans les politiques et fonctionnements du conseil scolaire. Il réitère la demande de l’APNA pour une audience publique avec le CSCN à ce sujet.

Malgré plusieurs échanges de courriels au cours des derniers mois, cette audience n’a toujours pas eu lieu, car le CSCN et l’APNA n’arrivent pas à s’entendre sur la façon dont elle doit se dérouler.

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