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Le tueur de la Nouvelle-Écosse avait un comportement violent et paranoïaque

Les ruines calcinées d'un chalet et la carcasse d'une voiture incendiée.

Le tireur a incendié plusieurs maison, y compris son chalet à Portapique, en commettant une tuerie en avril 2020, selon les policiers.

Photo : CBC/Steve Lawrence

La Presse canadienne

Des documents judiciaires rendus publics lundi décrivent comment le tueur de masse Gabriel Wortman a violemment agressé son père il y a des années et comment sa paranoïa s'est amplifiée avant la tuerie d'avril en Nouvelle-Écosse.

Le tueur âgé de 51 ans a enlevé la vie de 22 personnes, les 18 et 19 avril, avant d'être abattu par les policiers dans une station-service de la ville d'Enfield.

Selon les documents obtenus à la Cour provinciale par l'entremise d'une demande d'un consortium de médias, la conjointe et un cousin du quinquagénaire ont raconté que celui-ci avait frappé la tête de son père contre la paroi d'une piscine lors de vacances en famille dans les Caraïbes en 2016.

Une requête policière datant du 5 mai et visant à obtenir un mandat de perquisition cite un cousin du tueur, un policier retraité de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ce dernier décrit son cousin comme un étrange petit homme durant leur enfance. Il dit avoir acquis la conviction qu'il était un criminel de carrière capable de commettre des meurtres.

Selon les documents judiciaires, la conjointe du tireur révèle qu'il l'avait déjà charmée avec des fleurs, mais qu'il avait sombré dans la paranoïa et la violence au cours des dernières années.

Elle a raconté qu'il lui avait déjà dit croire qu'il serait facile de tuer des policiers. Le soir de la tuerie, il aurait disjoncté. Ils auraient discuté ensemble et fait des projets, avant qu'il ne mette le feu à sa propriété de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

Les documents révèlent aussi comment il s'est procuré 475 000 $ en billets de 100 $ dans un point de service de la Brinks, le 30 mars, alors qu'il devenait de plus en plus anxieux face à la COVID-19.

Les enquêteurs détaillent également une série de transactions effectuées en 2019 ayant permis au tueur d'assembler une réplique d'un véhicule de police utilisée pour commettre ses crimes.

Une fausse voiture de police

Parmi les achats, on note l'acquisition d'anciennes voitures de police, de gyrophares et d'un système de contrôle, d'une caméra de bord, de lettrage et d'un pare-buffle à l'avant afin de créer une réplique quasi identique d'un véhicule de patrouille.

Des témoins cités dans les documents judiciaires permettent de comprendre comment le tireur a pu obtenir l'aide nécessaire à la fabrication de lettrage aux couleurs de la police.

Une photo présentée sur un écran montre un homme en train de retirer une veste de police, près de ce qui ressemble en tout point à une voiture de la GRC, sur le bord d'une route rurale.

Cette photo du tueur a été prise au moment où il changeait de vêtements, tout près de sa réplique d'une autopatrouille, le 19 avril 2020.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Peter Griffon a fourni une déclaration aux policiers dans laquelle il raconte comment il a fabriqué le lettrage similaire à celui de la GRC. Le témoin déclare avoir accompli ce travail sans en informer son employeur et en utilisant un ordinateur à l'arrière de l'atelier pour chercher des logos de la GRC.

Le propriétaire de l'entreprise de lettrage interrogé par les policiers a assuré qu'il aurait ordonné à M. Griffon de ne pas réaliser la commande et qu'il ne devrait pas jouer avec des choses comme ça.

Peter Griffon, qui se trouvait en liberté conditionnelle, a vu sa libération suspendue en raison de l'aide qu'il a fournie au tireur. Cet homme de 40 ans vivait chez ses parents à Portapique, où il accomplissait toutes sortes de tâches pour celui qui est devenu le tueur de Portapique.

Une copie de la décision rendue par la Commission des libérations conditionnelles du Canada indique que M. Griffon a été condamné en 2017 pour possession de cocaïne en vue d'en faire le trafic. Il a été libéré sous conditions l'année suivante.

Les documents judiciaires contiennent aussi le témoignage d'un membre de l'Agence des services frontaliers du Canada ayant fourni une analyse des fréquents déplacements du tireur aux États-Unis au cours de la dernière décennie. Il aurait notamment importé des pièces de voiture.

Gabriel Wortman aurait franchi la frontière à Woodstock, au Nouveau-Brunswick, 15 fois au cours des deux dernières années seulement.

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