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L’épidémie de syphilis est loin d’être terminée en Alberta

Un homme tient dans ses mains un condom.

La baisse de l'usage du préservatif est un des facteurs, explique la Dre Ameeta Singh, de l'Université de l'Alberta.

Photo : iStock

Émilie Vast

Selon des données préliminaires de Services de santé Alberta (AHS), il y a eu 1103 cas de syphilis dans la province durant la première moitié de l'année 2020.

À titre de comparaison, 1545 cas avaient été répertoriés en Alberta en 2018, et le nombre de cas avait atteint 2265 en 2019.

Nous observons une augmentation des cas de syphilis depuis plusieurs années, qui est très préoccupante, reconnaît le ministère de la Santé dans une déclaration envoyée par courriel. Le taux de syphilis a été multiplié par plus de 10 depuis 2014, dont une augmentation de près de 200 % en 2018 et de 47 % en 2019.

Depuis juillet 2019 la situation est reconnue comme une épidémie par la province.

Ameeta Singh, professeure au sein du département de médecine de l’Université de l’Alberta et spécialiste des maladies infectieuses, craint que ces chiffres ne soient que la partie émergée de l’iceberg.

Selon elle, il y a sûrement de nombreuses personnes chez qui l’infection n’a pas été diagnostiquée, tout particulièrement cette année en raison de la COVID-19.

À cause du confinement [...] je pense vraiment qu’un certain nombre de personnes pourraient ne pas avoir été testées.

Ameeta Singh, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta

L'AHS a en effet constaté une légère baisse du nombre de cas entre le premier et le deuxième trimestre de cette année. 

La syphilis reste une importante préoccupation, et rien ne suggère qu’une baisse à long terme soit en cours, précise le Ministère. 

La syphilis ne fait pas de discrimination en raison de l'âge, de la couleur de la peau, de l’origine ethnique ou de l'orientation sexuelle, mais certains comportements augmentent le risque d'infection, dit la Dre Singh.

La syphilis étant une infection sexuellement transmissible, la multiplication des partenaires est un facteur.

La spécialiste explique également que les traitements contre le VIH/sida ont entraîné une baisse de l'usage du préservatif, ce qui a entraîné un risque d’exposition à d’autres infections ou maladies sexuellement transmissibles, comme la syphilis. 

On constate également une augmentation importante du nombre de cas chez des personnes qui ont des conditions de logement instables, vivent dans la pauvreté, ont des problèmes de dépendance ou de santé mentale, précise-t-elle. 

Les données préliminaires de l’AHS confirment une autre tendance.

Depuis des années, Edmonton est la région la plus touchée. Sur les 1103 cas répertoriés cette année entre janvier et juin 2020, un peu plus de la moitié, 599 exactement, étaient situés dans la région d’Edmonton.

C’est aussi à Edmonton qu’il y a eu le plus de femmes enceintes qui ont transmis l'infection à leur enfant.

Durant les 6 premiers mois de l'année, 17 nourrissons sont nés avec la syphilis, dont 13 à Edmonton.

Six fausses-couches ont également été attribuées à la maladie, dont quatre dans la capitale albertaine. 

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