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Éclosion au CHSLD de Maria : la source de la contamination demeure inconnue

La façade de briques du CHSLD avec plusieurs voitures à l'avant.

Le CHSLD de Maria est le théâtre d'une deuxième éclosion de COVID-19 (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La Direction régionale de santé publique ne peut expliquer comment le virus de la COVID-19 est entré une deuxième fois dans le CHSLD de Maria, où au moins 8 cas positifs sont maintenant comptabilisés parmi les résidents et le personnel.

On mène l’enquête de façon intensive pour retrouver les causes de ces éclosions-là, pour l’instant on n’a pas de réponse précise, admet le directeur régional de la santé publique Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le docteur Yv Bonnier-Viger.

Dr Bonnier-Viger reconnaît toutefois l’évidence : une faille s’est produite pour que le virus parvienne à faire son chemin dans l'établissement où une première éclosion de COVID-19 a eu lieu en avril.

C’est certainement une faille dans les quatre mesures de base, mentionne Dr Bonnier-Viger, soit quelqu’un qui ne s’est pas isolé malgré des symptômes, qui n’a pas respecté la distance de deux mètres, qui ne s’est pas lavé les mains ou qui n’a pas porté son masque.

Le directeur régional de santé publique croit que les pertes cognitives dont souffrent plusieurs résidents du CHSLD de Maria ont pu contribuer à la propagation rapide du virus à l’intérieur de l’établissement.

Il y a des gens qui sont parfois en errance, mentionne Dr Bonnier-Viger. Ça ne serait pas une bonne idée d’attacher tout le monde. Il y a toujours un risque. On essaie d’être le plus humain possible tout en tentant d’éviter le plus possible les contagions.

Ça pourrait très bien s’expliquer, s’il y avait eu une personne infectée, qui avait des déficits cognitifs, qu’elle puisse avoir infecté plusieurs personnes, malgré la vigilance.

Dr Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique
Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la Santé publique, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Le Dr Yv Bonnier-Viger ne peut confirmer si c'est un résident, un visiteur ou un membre du personnel qui a fait entrer le virus au CHSLD de Maria.

Photo : Radio-Canada

Tous les résidents du CHLSD de Maria ont été testés de même que la majorité des employés. Certains résultats étaient toujours attendus lundi après-midi.

Les travailleurs de la santé ayant eu des contacts étroits avec des personnes malades ont dû s’isoler dans l’attente de leur résultat de test, alors que les employés ayant eu des interactions jugées moins risquées ont continué de se rendre au travail, tout en portant une attention particulière à d’éventuels symptômes.

Il n’y a eu aucune mobilité de personnel, assure la présidente-directrice du CISSS de la Gaspésie, Chantal Duguay. Nous ne nous le cacherons pas, cela représente un défi important au niveau des ressources humaines autant au niveau des soins infirmiers que de l’hygiène et de la salubrité.

Des syndicats sur le qui-vive

Le Syndicat du personnel du soutien du CISSS de la Gaspésie, qui représente une trentaine de corps de métier dont les préposés aux bénéficiaires, s'inquiète de cette deuxième éclosion de COVID-19 à CHSLD de Maria.

C’est sûr qu’on a des interrogations à savoir pourquoi les cas sont arrivés relativement rapidement. Pour nous, il y a des problématiques.

Pierre-Luc Boulay, président régional du Syndicat du personnel du soutien du CISSS de la Gaspésie

Est-ce que c’est en lien avec des déplacements qui n’auraient pas dû avoir lieu, se questionne Pierre-Luc Boulay. Au moment où on se parle, l’enquête n’est pas rendue là au niveau syndical, mais on est sur les gardes et on observe ce qui se passe attentivement pour savoir si l’employeur a fait ce qu’il devait faire pour s’assurer que les déplacements interétablissements soient évités.

De son côté, le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est du Québec (SIIIEQ), soutient que les mesures sont respectées.

Je ne crois pas qu’à l’interne il y ait eu des protocoles qui n’aient pas été respectés parmi les membres que je représente, soutient le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold.

Le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold, a train de parler lors d'un point de presse.

Le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

M. Bujold note toutefois un relâchement des consignes d’hygiène dans la population en général.

Les membres qu’on représente transigent par les commerces, les dépanneurs, donc c’est certain qu’il peut y avoir de la transmission communautaire qui se fait, admet le président du SIIIEQ.

Dimanche, 115 tests de dépistages ont été effectués à Maria, dont 65 sans rendez-vous. Le CISSS de la Gaspésie assure que tout est en place pour répondre à la demande croissante de dépistage.

Nous sommes organisés pour avoir une capacité de dépistage plus importante que celle que l’on connaît à l’heure actuelle, soutient la présidente-directrice générale, Chantal Duguay.

Les proches aidants pourront retourner au CHSLD

Les visites au CHSLD de Maria ont été suspendues jusqu'à nouvel ordre dès le début de l’éclosion, mais le CISSS de la Gaspésie organise actuellement la reprise des visites pour les proches aidants désignés.

Nous sommes à contacter les proches aidants pour leur expliquer les risques et les procédures rattachés à leur visite, précise la porte-parole du CISSS de la Gaspésie, Clémence Beaulien-Gendron. Le tout se fait selon les consignes de prévention et de contrôle des infections afin de diminuer le risque de propagation du virus.

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