•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Grève dans les garderies en milieu familial : des dizaines de manifestants à Rouyn-Noranda

Une quarantaine de personnes manifestent à la Place de la Citoyenneté et de la Coopération.

Plusieurs personnes se sont réunies pour manifester à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

La grève générale illimitée des responsables en services de garde en milieu familial s’est amorcée lundi. À l’occasion de cette première journée de débrayage, des dizaines d’intervenantes, de parents et de supporteurs de la cause se sont réunis à la Place de la Citoyenneté et de la Coopération de Rouyn-Noranda afin de manifester.

En Abitibi-Témiscamingue, 275 intervenantes exercent le métier en milieu familial. Pouvant accueillir chacune jusqu’à 6 enfants, ce sont près de 1600 d’entre eux qui ont le potentiel d’être affectés par la grève.

La présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial de l’Abitibi-Témiscamingue, Nathalie Baril, affirme qu’elle avait bon espoir que la situation se règle au cours de la fin de semaine, mais que la volonté du ministre de la Famille de nommer un médiateur plutôt qu’un arbitre a fait achopper les négociations.

On lui a dit [au ministre Lacombe], on peut mettre ça entre les mains d’un arbitre. Lui, il va décider, il va trancher. Puis on est prêts à signer l’entente si vous acceptez de mettre notre situation entre les mains d’un arbitre. Finalement, le ministre a refusé, il a préféré un médiateur, et on sait qu’un médiateur n’a aucun pouvoir. Donc si ça ne correspond pas à la volonté du ministère, ils mettent le rapport du médiateur à la poubelle puis on est au point zéro , stipule Mme Baril.

Une femme pose durant une manifestation.

Nathalie Baril, présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial de l’Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Un casse-tête pour les familles

Mme Baril est consciente que la grève peut représenter un important casse-tête pour les parents, mais croit que la grève était devenue l’unique moyen de faire avancer les choses.

On le voit ce matin qu’il y en a qui sont mal pris, qui n’ont pas pu aller travailler. On a un travail important, à chaque année, nos tâches augmentent, mais notre salaire n’augmente pas. On fait 12,42$ de l’heure, selon nos calculs. Le ministère de la Famille lui, croit qu’on travaille de la maison et qu’on ne mérite pas mieux , indique-t-elle.

L’économie au Québec se fait un peu sur notre dos, les éducatrices en milieu familial. On est le cheap labor de la petite enfance. On permet à près de 60 000 familles d’aller travailler chaque jour, puis on n’est pas payées à notre juste valeur. C’est pour ça ce matin qu’on dit c’est assez, on vaut le 16,75$ de l’heure qu’on demande.

Nathalie Baril, présidente de l’ADIM-AT

Alexia Bisson-Sévigny est mère d’un enfant qui fréquente un service de garde en milieu familial. Ayant commencé l’école il y a une semaine, elle a choisi de manquer une journée de cours afin de venir appuyer les éducatrices. Pour le reste de la semaine, elle affirme qu’elle devra se débrouiller autrement, en confiant la garde de son enfant à un membre de sa famille. Même si la grève représente pour elle un défi logistique, elle assure être à 100% derrière la cause défendue par les intervenantes.

Des conditions difficiles

Geneviève Morin fait également partie des responsables de services de garde en milieu familial venues manifester.

C’est au niveau des tâches administratives qu’on a à faire en dehors de nos heures de travail. Il y a la paperasse, il faut remplir des documents pour chaque enfant, ce qui alourdit notre tâche de travail. Déjà qu’on donne, presque tout le monde, 50 heures par semaine de travail, au bout du compte ça nous donne 12,42 $ par heure. Je pense qu’on mérite un peu plus au niveau du salaire.

Également intervenante en milieu familial, Mylène Baril-Mantha s’est lancée dans le métier d’abord et avant tout pour passer plus de temps avec ses jeunes enfants.

Ayant par le passé envoyé son fils dans une garderie privée, elle affirme avoir constaté la différence entre les tâches d’une intervenante en milieu familial et d’une éducatrice en CPE.

Je fais les collations maison parce que je suis pour les repas sains. Je fais des recettes maison. Les bricolages, on les prépare quand les enfants ne sont pas là parce que sinon, on n’est pas avec eux en train de les stimuler. Donc il y a beaucoup de travail bénévole, déjà à la base, puis en plus, on est sous-payées. Ce n’est pas étonnant que les gens quittent la profession , observe-t-elle.

Une pénurie de places en garderie

La soeur de Mylène-Baril Mantha, Caroline, était sur place afin d’apporter son soutien aux manifestantes. Venant tout juste d’effectuer un retour en région, elle indique que ses plans sont chamboulés par la difficulté de trouver une place en garderie.

Une femme avec son bébé dans le porte-bébé lors d'une manifestation.

Caroline Baril-Mantha, jeune maman, est venue supporter les intervenantes, dont sa soeur. Récemment revenue dans la région, elle n'aura pas de place en garderie avant septembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Je suis originaire de Rouyn-Noranda, ça faisait 10 ans que j’étais partie. Je suis revenue depuis le 1er septembre. Je suis acupunctrice et je pensais commencer ma pratique dès janvier. J’ai été surprise de constater la pénurie de places en garderies en région. La place que j’ai réussi à trouver, chez ma soeur, se libère seulement en septembre 2021. Ça change beaucoup nos plans de vie. Je devrai probablement rester à la maison jusqu’à ce moment-là , constate-t-elle.

Selon Mme Baril-Mantha, la situation des intervenantes en milieu familial et la pénurie actuelle de places en garderies sont des enjeux très importants pour les femmes, car ils peuvent restreindre l’accès de ces dernières au travail.

En tant que femme, ça me touche beaucoup parce que c’est notre liberté, c’est notre droit de travailler et [cette situation-là], ça nous tient à la maison.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !