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Quelles seront les priorités en santé au gouvernement du Nouveau-Brunswick?

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Les professionnels de la santé veulent que le gouvernement s'attaque à la pénurie de main-d'œuvre (archives).

Photo : iStock / Photographerlondon

Wildinette Paul

Les élections maintenant terminées au Nouveau-Brunswick, les professionnels de la santé entendent faire connaître leurs attentes au nouveau gouvernement progressiste-conservateur. Ils veulent, entre autres, que Fredericton s'attaque rapidement à la pénurie de main-d’œuvre.

C’est certain qu’avec un gouvernement majoritaire, le gouvernement sera en mesure d’effectuer des changements de façon un peu plus flexible par rapport à leurs décisions, soutient le Dr Serge Melanson, urgentologue et président sortant de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Mais, de toute façon, ils ne pourront pas s’échapper à des réalités, aux conditions de travail et aux réactions de nos patients et de nos communautés, nuance le médecin.

L'urgentologue Serge Melanson est président sortant de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

L'urgentologue Serge Melanson croit qu'une réforme en santé est inévitable (archives).

Photo : Radio-Canada

L’association professionnelle compte rappeler le grand manque d’infirmières et de médecins dans la province. La Société médicale avance qu’il manquera 300 médecins d’ici quatre ans au Nouveau-Brunswick. Par ailleurs, plus de 30 000 Néo-Brunswickois n’ont pas de fournisseur de soins primaires, selon le Dr Melanson.

Ce dernier implore le gouvernement de mettre en place un plan de recrutement. Est-ce qu'on peut trouver un plan afin de développer des incitatifs qui peuvent encourager les médecins à s’installer dans les régions qui ont de grands défis de recrutement? demande le médecin.

La Société médicale veut également que Fredericton se penche sur les services de soins de santé en ligne. Une augmentation de 6 % du budget consacré à la santé sera nécessaire, note la Société.

On s’attend à des solutions réelles bientôt. On est quand même dans une situation très vulnérable actuellement.

Dr Serge Melanson, président sortant de la Société médicale du Nouveau-Brunswick

Rétention exigée dans les foyers de soins

La pénurie de main-d’œuvre frappe aussi de plein fouet les foyers de soins.

Il n’y a personne qui postule dans les foyers. On a besoin de stratégie de rétention. On a besoin de stratégie de recrutement. On a besoin d'un plan à long terme et à court terme pour ajouter des heures de soins à l’intérieur du système, lance Roland Cormier, vice-président du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick.

Le système [de foyers de soins] est à la veille de ne plus marcher.

Roland Cormier, vice-président du Conseil des syndicats des foyers de soins du N.-B.

Selon Roland Cormier, les infirmières et les infirmières auxiliaires sont devenues des denrées rares. La surcharge de travail est énorme et les gens en 2020 ont d’autres choses à faire que d’aller travailler puis à la fin de la journée être en train de pleurer.

Roland Cormier.

Roland Cormier, vice-président du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Sécurité et recrutement pour les infirmières

Le Syndicat des infirmières du Nouveau-Brunswick compte également faire entendre sa voix dans la capitale pour une meilleure protection de ses membres.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑Brunswick, est elle aussi déçu des services de GardaWorld.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑Brunswick, veut que la province trouve des solutions au recrutement (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Je suis toujours inquiète pour la sécurité des infirmières et des autres travailleurs de la santé, soutient la présidente du syndicat, Paula Doucet. La pénurie m’inquiète aussi.

Nous sommes dans une pénurie [d'infirmières] qui va s’empirer.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières du N.-B.

Mme Doucet rappelle aussi que, depuis deux ans, les infirmières sont sans convention collective.

Persuadé ou pessimiste?

À la suite de sa victoire, Blaine Higgs a mentionné qu'une réforme en santé est toujours nécessaire et qu’il y aura des décisions difficiles à prendre, sans toutefois donner de détails.

J’espère que ce gouvernement a appris des leçons de ce qui s’est passé au mois de février, souligne le Dr Serge Melanson en faisant référence au projet avorté de fermeture des urgences pendant la nuit annoncé en hiver dernier. Avec un dialogue avec nos communautés et nos fournisseurs de soins, je suis sûr que nous serons en mesure de renforcer notre système de santé.

Mais du côté des foyers de soins, on est moins optimiste. Il n’y a pas de doute qu’on va frapper un mur à plusieurs occasions. Je ne peux pas voir qu’une campagne de 27, 28 ou 29 jours va changer l’attitude d’un gouvernement minoritaire qui est devenu majoritaire, s'inquiète Roland Cormier.

On va donner la chance au coureur, mais on n’est pas trop persuadé qu’ils vont être au rendez-vous. Durant une pandémie, quelle meilleure excuse pour dire non.

Le Syndicat des infirmières, pour sa part, a déjà fait parvenir une lettre au premier ministre Higgs demandant une première rencontre.

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