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Revers judiciaires pour la campagne de Trump sur l'enjeu du vote postal

Quelqu'un insère des documents, dont un autocollant disant «J'ai voté», dans une enveloppe.

On peut prévoir pour les élections de novembre un taux record de vote par correspondance.

Photo : Associated Press / Glen Stubbe

Des tribunaux ont procuré des victoires aux démocrates, notamment au Nevada. Un juge fédéral y a rejeté la poursuite intentée par la campagne de réélection du président Donald Trump, qui conteste une nouvelle loi de l'État mettant en place l'envoi postal de bulletins de vote aux électeurs dans la foulée de la pandémie.

Bien qu'ils prétendent alléguer des préjudices constitutionnels allant au-delà de [...] désaccords politiques, à ce stade, les allégations des plaignants ne sont que des allégations, a tranché le juge James Mahan dans une décision rendue publique lundi.

Le magistrat a conclu qu'ils n'avaient pas réussi à démontrer que la loi, adoptée dans la foulée de la pandémie de COVID-19, présentait un risque substantiel de compromettre les résultats de l'élection, jugeant leurs arguments trop spéculatifs.

Dans leur poursuite, l'équipe de réélection du président Trump ainsi que le Comité national républicain (RNC) et le Parti républicain du Nevada avançaient que la loi AB4 rendait la fraude électorale inévitable et minait l'intégrité même de l'élection.

Les plaignants disposent de 30 jours pour interjeter appel.

Lors de la campagne présidentielle de 2016, la démocrate Hillary Clinton avait remporté l'État, mais seulement avec un peu plus de 2 points de pourcentage. La moyenne des sondages compilée par le site FiveThirtyEight accorde une avance de 5,5 points au candidat démocrate à la présidence, Joe Biden.

En guerre contre le vote par correspondance, le président républicain agite depuis plusieurs semaines, sans preuve, le spectre d'une fraude électorale sans précédent et est même allé jusqu'à dénoncer un coup d'État illégal.

En mai dernier, il avait déjà menacé le Nevada, mais aussi le Michigan, de retenir des fonds fédéraux s'ils allaient de l'avant avec le vote par la poste.

Le candidat républicain à la présidence a pourtant lui-même voté par correspondance au cours des derniers cycles électoraux, tout comme des membres de sa famille et de son administration.

En tout, une quarantaine d'États, menés par des républicains comme par des démocrates, facilitent à divers degrés le vote par correspondance.

Parmi eux, neuf États, dont le Nevada, ont opté pour l'envoi des bulletins par la poste. Une dizaine d'autres expédient plutôt automatiquement à leurs électeurs une demande d'application de vote par correspondance. D'autres, enfin, permettent à leurs citoyens de voter par la poste sans justificatif nécessaire, mais les obligent à en faire la demande.

Certains des États ayant adopté des mesures en ce sens l'ont fait dans la foulée de la pandémie.

Selon une compilation de CNN et d'Axios, seuls six États exigent une excuse pour voter par la poste plutôt qu'en personne, la peur du coronavirus n'étant pas jugée suffisante.

Autre victoire démocrate au Wisconsin

Dans une cause distincte, un juge du Wisconsin, qui figure parmi les États clés de l'élection, a statué en faveur d'une prolongation d'un délai de réception des votes par correspondance.

Le juge William Conley s'est ainsi rangé du côté des démocrates, ordonnant que les bulletins de vote envoyés par la poste et reçus au plus tard le 9 novembre soient comptés pourvu qu'ils portent le cachet de la poste du 3 novembre, date officielle du scrutin, ou des jours précédents.

Cette prolongation est nécessaire pour protéger le droit de vote des électeurs de l'État, a-t-il conclu, invoquant la COVID-19.

Ne pas le faire priverait avec quasi certitude de leur droit de vote des dizaines de milliers d'électeurs qui comptent sur le processus de vote par correspondance de l'État, a-t-il écrit.

Citant un bond probable du nombre de bulletins de vote postaux demandés ainsi que les délais prévisibles dans les services postaux, il a aussi reporté d'une semaine la date limite pour l'inscription des électeurs ou pour la demande de formulaire de vote par la poste.

Le Wisconsin fait partie des trois anciens bastions démocrates, avec la Pennsylvanie et le Michigan, que Donald Trump a ravis à ses adversaires en 2016, dans tous les cas avec moins de 1 point de pourcentage.

Selon le site FiveThirtyEight, Joe Biden y devance le républicain par 6,5 points.

Le service postal américain rappelé à l'ordre

Louis DeJoy, la main levée, jurant de dire toute la vérité.

Le patron de la poste, Louis DeJoy, lors de son audition devant le Comité de la sécurité intérieure du Sénat

Photo : Reuters / Handout

Dans une autre décision, un juge du district sud de New York a en outre statué que le service postal américain (USPS) devait traiter le courrier électoral comme du courrier de première classe, comme c'était la norme par le passé, et annuler certains changements politiques clés imposés par son directeur, Louis DeJoy.

Les échecs de gestion de l'agence sapent la confiance du public dans le vote par correspondance, a jugé Victor Marrero. Les plaignants arguaient que le président Trump, M. DeJoy ainsi que l'USPS mettaient le vote postal en péril.

En grave difficulté financière, la poste a subi une vaste réforme depuis la nomination de son nouveau directeur, un important donateur républicain qui s'est montré généreux entre autres avec Donald Trump.

Plusieurs États ont signalé des retards importants dans la livraison postale.

La semaine dernière, un juge de l'État de Washington a ordonné de nombreux changements similaires, déplorant une attaque à motivation politique menée par l'administration Trump contre la poste.

Il y a quelques semaines, l'USPS a averti par lettre 46 États et le District de Columbia qu'il ne pouvait pas garantir que tous les bulletins de vote par correspondance arriveraient à temps pour être comptés.

Des États ont modifié leur processus électoral en obligeant les électeurs à demander ou à déposer leurs bulletins de vote plus tôt ou en décidant de retarder le dépouillement des résultats.

Le mois dernier, M. DeJoy a affirmé que les services postaux américains suspendaient plusieurs changements qui avaient été instaurés au cours des derniers mois. Lors de son témoignage devant un comité de la Chambre des représentants, il a en outre démenti mener des réformes au profit du président Trump.

Visé par des allégations d’utilisation de prête-noms, Louis DeJoy fait par ailleurs l'objet d'une enquête menée par le Comité de surveillance de la Chambre. Le Washington Post a rapporté que lorsqu'il était à la tête de son ancienne entreprise, il a fait pression auprès de ses employés pour qu'ils fassent des dons au Parti républicain, qui leur auraient ensuite été remboursés.

Avec les informations de Las Vegas Review-Journal, CNN, et CNBC

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