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Poursuivre Ottawa et la GRC pour tourner la page, le combat de familles autochtones

Diana Bigeagle tient une pancarte avec le portrait de sa fille disparue.

Diane Bigeagle, dont la fille a disparu en 2007, est la principale plaignante dans le recours collectif lancé par Tony Merchant.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’avocat de Regina Tony Merchant, qui représente 60 familles de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées (FFADA), tentera de faire approuver une action collective contre le gouvernement fédéral et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) cette semaine.

La poursuite, lancée en 2018, allègue une négligence systémique de la part de la GRC lors d’enquêtes concernant des femmes autochtones disparues et assassinées. Elle vise à obtenir 500 millions de dollars en dommages et intérêts ainsi que 100 millions de dollars de dommages punitifs, ou tout autre montant que le tribunal jugera approprié.

Toutefois, Diane Bigeagle, qui a lancé cette action collective, a insisté plusieurs fois sur le fait que la cause n’était pas une question d’argent.

C’est plutôt le sort des enfants qui me préoccupe.

Diane Bigeagle, mère de Danita Faith Bigeagle, disparue en 2007

Diane Bigeagle est sans nouvelles de sa fille, Danita Faith Bigeagle, depuis 2007. À ses yeux, il faut absolument la retrouver, sans quoi elle ne pourra jamais passer à autre chose.

C’est quelque chose que je dois faire, et je ne suis pas la seule. D’autres familles ont le coeur brisé, dit Mme Bigeagle qui prend soin des deux enfants de sa fille.

Elle espère que ce dossier aura un dénouement positif. Pour ma famille et pour toutes les familles dans cette situation au Canada, précise-t-elle.

L’inaction de la police dans le dossier dénoncée

Diane Bigeagle estime que les membres de la police n’ont jamais rien fait pour retrouver la trace de Danita Faith Bigeagle.

Tout ce qu’ils font, c’est parler et, tout à coup, ils montrent une photo de Danita et d’autres membres de la famille. Qu’est-ce que cela va faire? Comment vont-ils nous aider? Faites des recherches ou dites-nous que vous ne savez pas à quel endroit elle se trouve. Je pense que je préfère entendre cela plutôt que d’être ignorée.

L'audience de certification de l'action collective des familles des FFADA se déroule cette semaine à Regina et doit durer cinq jours. Les questions concernent principalement la Saskatchewan, mais l’avocat Tony Merchant, fondateur de la firme Tony Merchant Law Group, précise qu'elles toucheront l’ensemble de l’Ouest canadien.

L'avocat Tony Merchant, pose dans son bureau avec un regard sérieux.

L'avocat Tony Merchant, fondateur de la firme Merchant Law Group.

Photo : Radio-Canada

Bill Blair s’y oppose

Dans une déclaration envoyée à CBC, le ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair, a déclaré que le gouvernement fédéral s’oppose à la certification des recours collectifs pour des raisons juridiques spécifiques à cette affaire.

Il s’agit d’un cas sans précédent par son ampleur, qui est en contradiction avec les décisions précédentes concernant l’obligation de diligence privée, et qui contient des cas qui ne relèvent pas de l'autorité de la GRC.

Nous sommes surpris que le gouvernement s'oppose à la certification. C'est vraiment inapproprié et c'est surprenant de la part d'un gouvernement qui soutient normalement ces questions, répond Tony Merchant.

Trois ministres fédéraux, deux hommes et une femme, se tiennent devant des journalistes. Des micros et des caméras sont pointés vers eux.

Au centre, Bill Blair, ministre fédéral de la Sécurité publique, lors d'un point de presse le 20 février 2020.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le Groupe des affaires non résolues du Service de police de Regina est celui qui s’occupe de l’enquête de la disparition de Danita Faith Bigeagle. De son côté, la GRC est intervenue dans cette enquête de différentes façons. Selon les documents de la poursuite, Diane Bigeagle estime avoir rencontré la police fédérale plus de 50 fois.

Cette dernière dit que l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées n’a pas beaucoup aidé. Le rapport de cette enquête, dévoilé en juin 2019, avait qualifié de génocide canadien ce qui est arrivé à des centaines de femmes et de filles autochtones.

L’avocat Tony Merchant affirme que ses clients ont le sentiment que rien n’a été fait pour répondre aux 231 recommandations contenues dans le rapport.

Bill Blair reconnaît qu’il y a du travail à faire, mais dit que des mesures ont déjà été prises pour rétablir le lien de confiance avec les peuples autochtones. Bill Blair cite la promulgation de lois pour protéger les langues autochtones, l’élimination de la discrimination genrée dans la Loi sur les Indiens et des investissements dans le logement, dans les refuges et dans les programmes visant à contrer les violences sexistes.

Avec les informations de Bonnie Allen, Alex Soloducha et de La Presse canadienne

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