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Winnipeg s’attend à recevoir 3300 immigrants de moins en raison de la COVID-19

Marson Ocampo debout dans la cuisine de son restaurant.

Marson Ocampo est le cuisinier principal du restaurant philippin qu'il dirige sa femme à Winnipeg depuis deux ans. Le couple essaie de faire venir un autre cuisinier des Philippines, mais, en raison des retards dans le traitement de dossiers d’immigration, il ouvrira un second restaurant sans employé supplémentaire.

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

Radio-Canada

En raison du retard enregistré dans le traitement des dossiers d’immigration depuis le début de la pandémie, la capitale manitobaine s’attend à recevoir 3300 nouveaux arrivants de moins cette année. Cette réduction a des conséquences pour des familles déjà installées à Winnipeg et des entrepreneurs, selon des spécialistes en immigration.

Le propriétaire du restaurant philippin Mar’s Sisig, Marson Ocampo, est l’un des entrepreneurs touchés par ce ralentissement. Sa femme et lui ont parrainé l’immigration d’un cuisinier philippin en vue de l’ouverture d’un deuxième restaurant à Winnipeg d’ici le mois d’octobre, mais ce dernier est bloqué aux Philippines et ne pourra pas arriver à temps en raison de la pandémie.

Le couple a opté pour le parrainage d’un travailleur de leur pays d’origine, car il ne trouvait pas la main-d’œuvre dont il a besoin au Manitoba.

Avec l’ouverture du second restaurant, Marson Ocampo, qui travaille déjà entre 15 et 16 heures par jour la fin de semaine, devra redoubler d’efforts. Il répartira désormais son temps entre les deux restaurants.

Je m’inquiète pour la santé de mon mari et le me demande comment nous ferons pour gérer deux restaurants sans l’aide d’un autre cuisinier, dit Christine Ocampo, la femme de Marson.

Nous essayons aussi d’embaucher des cuisiniers d’ici, mais personne ne postule, ajoute-t-elle.

Christine Ocampo présente un plat de nourriture, spécialité de leur restaurant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christine Ocampo gère le restaurant avec son mari.

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

Selon le consultant en immigration Joel Duque, le nouveau cuisinier du couple Ocampo aurait dû avoir son permis de travail en avril ou en mai, si la pandémie n’avait pas frappé.

M. Duque souligne que plusieurs de ses clients attendent que leur dossier soit traité. Nous recevons des appels téléphoniques de clients au milieu de la nuit, nous demandant ce qui se passe avec leur demande d’immigration.

Nholan Tagumpay, un autre Winnipégois, pensait que sa femme et ses deux enfants viendraient le rejoindre au Manitoba au cours de cette année.

Ces derniers devaient arriver en mars, mais leur vol à destination de Winnipeg a été bloqué au tout début de la pandémie. M. Tagumpay croyait qu’ils obtiendraient une autorisation pour voyager cet été. Ses enfants l’ont reçue, mais pas sa femme, alors ils sont restés avec leur mère.

Pendant ce temps, la propre demande de résidence permanente de Nholan Tagumpay qui simplifierait le processus de réunification familiale, connaît également un retard.

Le père de famille dit qu’il aurait déjà quitté le Canada si son immigration n’avait été faite que pour des raisons individuelles. Il ajoute qu'il accepte tous les défis auxquels il fait face, car il souhaite offrir un avenir meilleur pour ses enfants âgés de 6 et 10 ans.

J’ai abandonné beaucoup de choses [quand j’étais plus jeune] mais je ne peux pas abandonner parce que ce n’est pas pour moi que j’ai immigré […] c’est pour mes enfants, et je ne peux pas abandonner, dit-il.

Nholan Tagumpay, debout, à l’extérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nholan Tagumpay tente de faire venir sa femme et ses deux enfants âgés de 10 et 6 ans à Winnipeg, mais en raison de la pandémie, le processus s’avère plus compliqué que prévu.

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

Nholan Tagumpay précise qu’il est actuellement contraint d’envoyer la majeure partie de son salaire aux Philippines pour soutenir sa femme et ses enfants, car cette dernière est au chômage depuis qu’elle a quitté son emploi en mars croyant, qu’elle partirait peu de temps après à Winnipeg.

Selon le consultant en immigration Tobey Xiang, de VisaMAX, à Winnipeg, le ralentissement du traitement des dossiers se répercute également sur le temps de traitement des demandes de résidence permanente.

En juillet 2020, 3790 personnes avaient reçu l'autorisation de s'établir à Winnipeg avec le statut de résident permanent, ce qui représente environ la moitié du nombre de demandes approuvées à la même période l’an dernier, selon Statistique Canada.

C’est vraiment le chaos, lance Tobey Xiang.

Impacts économiques et démographiques

Selon le professeur d’économie Wayne Simpson, de l’Université du Manitoba, cette réduction du nombre d’immigrants ralentira certainement la croissance démographique et […] la croissance économique de Winnipeg.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

La Ville prévoit désormais une population de 771 400 personnes en fin d’année, soit 7500 personnes de plus qu’en 2019, mais un chiffre en deçà des prévisions initiales, d’après l’économiste de la Ville, Tyler Markowsky.

M. Markowsky explique que la Ville peut gérer un taux de croissance plus lent, mais que cela deviendrait problématique si ce taux se maintenait pendant des années. Cela toucherait de nombreux secteurs, dit-il, notamment, l’offre de terrains, l’utilisation des services publics et les recettes fiscales.

Avec les informations d'Ian Froese

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