•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des milliers de familles de l’Est-du-Québec sans garderie en raison d'une grève

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des femmes brandissent des affiches sur le bord d'un boulevard.

Des éducatrices en grève ont manifesté lundi à Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Les services de garde en milieu familial affiliés à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont déclenché lundi matin une grève générale illimitée. Dans l’Est-du-Québec, ce moyen de pression prive des milliers de familles de garderie.

Les responsables de ces garderies réclament notamment au gouvernement du Québec une rémunération équivalente à celle des éducatrices en centre de la petite enfance (CPE).

Une fois nos dépenses payées, il nous reste 12,42 $ de l’heure. Ça, c’est en dessous du salaire minimum, présente Sylvi Boisclair, présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) sur la Côte-Nord, qui est affiliée à la FIPEQ.

Ce qu’on demande, c’est d’être payées un même salaire qu’une fille non formée qui entrerait dans un CPE aujourd’hui.

Sylvi Boisclair, présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial

Mme Boisclair ajoute que plusieurs de ses membres sont formées comme éducatrices et possèdent une vaste expérience.

Des enfants sans service de garde

Au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, ce sont 330 services de garde qui sont fermés en raison de la grève, ce qui touche 2000 familles.

Environ 150 garderies en milieu familial participent à la grève sur la Côte-Nord. Chacune reçoit, en moyenne, six enfants. Des centaines de familles se retrouvent donc également sans garderie pour le moment.

Une femme donne un discours dans un stationnement.

La présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial sur la Côte-Nord, Sylvi Boisclair.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les porte-paroles syndicales clament que les conditions de travail rendent ardue la création de nouvelles garderies en milieu familial et mènent des éducatrices à quitter la profession. Selon elles, une amélioration de ces conditions pourrait soulager la pénurie de places en garderie.

La demande d'un arbitre refusée

Le syndicat dit avoir tendu la main au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, afin d'éviter de déclencher la grève et proposait de confier le calcul de la subvention des garderies à un arbitre. Selon le syndicat, Québec désire plutôt faire usage d’un médiateur, ce qui serait moins contraignant pour le gouvernement.

Deux manifestantes portent une grande banderole où l'on peut lire "l'heure du réveil a sonné, on veut régler, RSE en grève."

Les grévistes réclament une augmentation substantielle de leur rémunération.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Le ministre [Mathieu Lacombe], en fait, ne croit pas à nos calculs, avance la présidente de l’ADIM du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, Kathy Côté. Elle ajoute que les membres de son syndicat devraient recevoir 16,75 $ de l’heure, après les dépenses nécessaires au fonctionnement de la garderie.

Des parents solidaires

Cynthia Lebel a dû se trouver un plan B lundi matin. La garderie où elle envoie normalement ses deux enfants est fermée en raison de cette grève.

Je les comprends vraiment. Ça n'a pas de bon sens ce qu’elles vivent. Ça n’a pas de bon sens que le gouvernement ne fasse rien et que le ministre les ignore!

Cynthia Lebel

Ça prendra le temps que ça prendra. Jamais je ne vais aller vers d’autres garderies qui ne seraient pas en grève ou jamais je ne ferais de pression sur ma garderie pour qu’elle rouvre. Je pense que c’est correct ce qu’ils font. S’il faut je la fermerai ma boutique et je resterai avec mes enfants, renchérit la mère.

Une mère aux côtés de ses deux fils,

En raison de la grève, Cynthia Lebel garde ses enfants à la maison et au travail.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Cynthia Lebel a elle-même eu une garderie à la maison pendant trois ans et dit comprendre l'ampleur du travail des éducatrices en milieu familial. C’est une vocation! Mais une vocation, ça ne paye pas les factures, lance-t-elle.

Au Québec, ce sont 90 000 enfants qui devront rester à la maison en raison de la grève générale illimitée.

Avec des informations de Laurence Royer

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !