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Soins de santé à distance : un virage bien accueilli au Nouveau-Brunswick

Un homme âgé discute avec une professionnelle de la santé en ligne.

De plus en plus de consultations médicales sont faites à distance depuis l'arrivée de la COVID-19.

Photo : iStock / fizkes

Radio-Canada

Le recours plus fréquent à la télémédecine à cause de la pandémie est avantageux, selon les premières réactions de patients et de médecins.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Un agriculteur de l’Île-du-Prince-Édouard, Paul MacAulay, a passé 32 jours éloigné de sa famille et de son travail, au printemps dernier, parce qu’il avait besoin d’une intervention chirurgicale au cœur durant la pandémie.

Il a d’abord été hospitalisé à Charlottetown, puis transféré au Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick, à l’Hôpital régional de Saint-Jean, où il a passé du temps en isolation avant de subir l’opération chirurgicale.

Comparativement à cela, faire le suivi avec des consultations par téléphone est un soulagement pour M. MacAulay, un septuagénaire. Il évite ainsi un voyage au Nouveau-Brunswick qui dure habituellement deux jours et qui lui coûte environ 400 $ chaque fois, explique-t-il.

Jean-François Légaré.

Le Dr Jean-François Légaré dirige le service de chirurgie cardiaque au Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick.

Photo : Gracieuseté/Jean-François Légaré

Son chirurgien, le Dr Jean-François Légaré, souligne que la COVID-19 a entraîné tout un virage vers des soins prodigués à distance. Il dit souhaiter que cela continue.

Auparavant, explique le Dr Légaré, il recevait de 10 à 20 patients par semaine pour faire un suivi médical. Maintenant, 80 patients et plus peuvent le consulter par semaine.

Ce n’était pas impossible auparavant, parce que la télémédecine était déjà employée, mais elle n’était employée à une si grande échelle, précise-t-il.

Des outils technologiques facilitent ce changements, ajoute le Dr Légaré. Son ordinateur enregistre les consultations virtuelles. Il peut aussi simplement dicter ses notes. Ce dossier peut être facilement consulté par d’autres médecins qui traitent le patient.

Le Dr Légaré se réjouit que le gouvernement, les autorités médicales et la société médicale collaborent pour faciliter cela.

Selon la Société médicale du Nouveau-Brunswick, 90 % des médecins dans la province disent avoir fait des consultations par téléphone durant la pandémie.

Michelle Corcoran, diététicienne et éducatrice spécialisée en diabète dans la région de Woodstock, souligne que ses méthodes de travail sont transformées. Plutôt que de conduire chez ses patients pour en voir jusqu’à 45 par semaine, elle communique avec la plupart d’entre eux par téléphone. L’appel, dit-elle, ne prend que 5 minutes.

Michelle Corcoran consulte un ordinateur en parlant à quelqu'un au téléphone.

Michelle Corcoran est diététicienne et éducatrice spécialisée en diabète.

Photo : Gracieuseté/Michelle Corcoran

Les consultations à distance ont toutefois des limites. Mme Cororan dit qu’elle ne peut voir si le patient prend de l’insuline et qu’elle ne peut vérifier non plus les pieds de ce dernier. Elle se demande si elle ne peut voir des signes non verbaux qui l’aideraient à évaluer le bien être du patient. C’est pourquoi, dit-elle, les consultations en personne demeurent une option.

Selon un sondage mené par Diabète Canada en juin, plus de 70 % des 1000 répondants ont déclaré avoir reçu des soins par téléphone ou par vidéoconférence, et plus de la moitié d’entre eux ont jugé que c’était aussi efficace qu’une consultation en personne.

Pourquoi fallait-il une pandémie pour faire ce virage?

Avant la pandémie, le virage à la télémédecine se heurtait a beaucoup de résistance au Canada, explique le Dr Brian Goldman, à Toronto. Des fournisseurs de soins de santé, dit-il, craignaient de ne pouvoir faire un examen efficace sans consultation en personne. On craignait aussi un possible manquement aux règles sur la confidentialité.

L’arrivée de la pandémie a toutefois changé cette équation et entraîné des changements qui étaient impensables il y a à peine un an, souligne-t-il.

Un changement rapide de la rémunération à l’acte a aussi joué un rôle déterminant, ajoute le Dr Goldman.

Partout au pays, en luttant contre la COVID-19, les provinces ont prévu une nouvelle série de codes de facturation pour la rémunération des médecins qui soignent leurs patients à distance.

Ce changement au Nouveau-Brunswick a eu lieu en deux étapes, précise le chef de la direction de la Société médicale, Anthony Knight. Le gouvernement a tout d’abord présenté un code de facturation de 45 $ par consultation virtuelle, un peu moindre que celui de 47,50 $ pour une consultation en personne dans le cas d’un médecin de famille.

Puis, il y a environ six semaines, indique M. Knight, le gouvernement a accepté que presque toutes les consultations à distance soient facturées comme celles effectuées en personne. Cette mesure a touché jusqu’à 3000 codes de facturation.

Chris Goodyear.

Le Dr Chris Goodyear est le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/Rachel Cave

La Société médicale réclamait de tels changements bien avant la pandémie, indique le président de l’organisme, le Dr Chris Goodyear. Il dit que le gouvernement a agit très rapidement pour adopter le changement. La question a été réglée sans de longues négociations, souligne-t-il.

La COVID-19 a aussi entraîné des changements quant au problème récurrent de l’engorgement des hôpitaux. Pendant des dizaines d’année, de nombreux lits d'hôpital ont été occupés par des patients qui attendaient une place dans un foyer de soins.

Mais taux d’occupation des lits d’hôpital dans la province a été réduit à moins de 50 % dès la première semaine des mesures de confinement, indique le Dr Goodyear. Plusieurs barrières sont tombées lorsque nous avons été forcés d’agir, dit-il.

Quant aux soins de santé à distance, ils n’ont pas encore atteint leur ampleur maximale, selon lui. Il dit croire que cette méthode de consultation peut aider plus de patients en milieu rural, des patients qui n’ont pas de médecin de famille et des patients à mobilité réduite.

Le Dr Chris Goodyear dit espérer que la télémédecine fasse partie de la solution aux difficultés du système des soins de santé.

Avec les renseignements de Rachel Cave, de CBC

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