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Le dépistage de la COVID-19 en pharmacie suscite des inquiétudes

Une pharmacie de l'entreprise

Selon le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, la chaîne Loblaws, qui gère les magasins Shoppers Drug Mart, a accepté de participer au programme de dépistage de la COVID-19 en pharmacie.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Radio-Canada

Doug Ford a annoncé cette semaine que des tests de dépistage de la COVID-19 seraient disponibles en pharmacie prochainement. Or, certains pharmaciens se disent dans le noir quant au plan du gouvernement.

Les pharmaciens interviewés disent bien accueillir la possibilité d’offrir prochainement des tests de dépistage, mais ils se disent tout de même préoccupés, puisqu’ils se préparent déjà à affronter la saison de la grippe.

On est certains que cet hiver va être un temps assez difficile et vraiment un temps avec beaucoup de travail à faire, indique d’emblée Francesco Vella, pharmacien à Windsor. 

Pour permettre à sa pharmacie de bien gérer la prochaine saison de la grippe, il dit effectuer des quarts de travail de 16 heures par jour depuis plus d’une semaine. 

M. Vella se dit content de voir que les pharmaciens comme lui auront l’occasion de faire [leur] part dans la communauté pour la santé de [leurs] patients.

Mais la province n’a pas encore dévoilé les détails précis encadrant le dépistage de la COVID-19 en pharmacie, et M. Vella, qui ignore toujours quand son établissement sera en mesure d’offrir le service, exprime certaines inquiétudes. 

Beaucoup de pharmacies, on va avoir un peu peur de faire plusieurs tests pour la COVID-19, alors on doit trouver des façons intelligentes de faire ça sans [poser] de risque aux patients qui sont dans la pharmacie.

Francesco Vella, propriétaire de la pharmacie Medica de Windsor 

Lors de son annonce de vendredi, le premier ministre Ford a souligné que le dépistage en pharmacie ne serait offert qu’aux personnes asymptomatiques. Pour la pharmacienne Roya Askarian de Toronto, ce paramètre suscite aussi des préoccupations.

C’est beaucoup de stress pour nous, parce qu’on sait très bien [que] même si une personne est sans symptômes, la personne peut être infectée et ça peut nous donner des risques à nous et à nos employés, note-t-elle.  

C’est vraiment l’inconnu en ce moment et c’est ça qui nous stresse beaucoup. On ne sait pas comment on va le faire, quand [le gouvernement] va nous donner la nouvelle, si on va avoir assez de temps pour nous préparer.

Roya Askarian, propriétaire de la pharmacie Roya Boutique de Toronto

Vendredi, le premier ministre Ford a annoncé que jusqu’alors, les chaînes Loblaws et Rexall avaient accepté de participer au processus.

Dans un courriel envoyé dimanche à Radio-Canada, une porte-parole de la ministre ontarienne de la Santé indique que le ministère finalise son plan complet de préparation à l’automne qui devrait être publié prochainement, sans avancer de date précise.  

Dans ce plan, nous cherchons à améliorer l’accès au dépistage. Le recours aux pharmacies comme centres de dépistage est actuellement à l’étude, écrit Alexandra Hilkene.

L’accès à l’équipement de protection personnelle, une priorité

L’accès à l’équipement de protection personnelle devrait être facilité par le gouvernement pour les pharmacies qui offriront le dépistage, selon plusieurs pharmaciens. 

Sylvain Morin, pharmacien à Alban, dans la municipalité de Rivière des Français, estime qu’un dépistage à l’établissement dans lequel il travaille pourrait constituer un bon service à la population, surtout dans l'éventualité où une deuxième vague de COVID-19 surchargeait les centres de dépistage les plus proches, à Sudbury. 

Est-ce qu’ils vont nous donner des chandails protecteurs, des masques et des gants? Parce que tout de suite, il faut vraiment chercher pour en avoir. J’en ai assez pour faire les vaccins contre la grippe, mais pour la COVID-19, ce serait complètement différent, demande-t-il. 

Roya Askarian est du même avis, signalant que les pharmacies n’ont jamais interrompu leurs activités même au début de la crise sanitaire, où c’était vraiment une galère pour trouver les masques, l’alcool et les gels sanitaires

On espère que cette fois-ci, si [le gouvernement] pense qu’on peut les aider (...), ce serait une bonne idée de pouvoir nous envoyer tout ce qui est protection, comme il l’a fait pour les hôpitaux.

Roya Askarian, pharmacienne à Toronto

L’Association des pharmaciens en discussion avec le gouvernement

L’Association des pharmaciens de l’Ontario est toujours en discussion avec le ministère de la Santé de l’Ontario sur ce à quoi ressemblera le programme de dépistage, selon sa présidente Jen Baker. 

Nous discutons de la formation théorique et pratique dont auraient besoin les pharmacies, des ressources qui devraient être rendues disponibles pour les pharmacies qui offriraient le dépistage et une fois que toute cette information sera dévoilée, les pharmacies décideraient de participer au programme ou non, affirme-t-elle.  

Elle souligne que l’Association s’attend à ce que le programme soit dévoilé en étapes, la première étape concernant des pharmacies situées dans des zones où il y a beaucoup de cas de COVID-19, comme Ottawa, Toronto et la région de Peel

À partir de cela, on pourrait voir un élargissement du programme à des pharmacies de partout en Ontario, ajoute Mme Baker. 

Nous voyons une demande croissante pour le dépistage et [...] cela réduira les temps d’attente, donc c’est une bonne chose afin de permettre à davantage d’Ontariens d’avoir un accès plus rapide au dépistage.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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