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Cour suprême : une autre sénatrice républicaine ne votera pas avant la présidentielle

La sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

« Ma position n'a pas changé », a déclaré la sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

Une deuxième sénatrice républicaine, Lisa Murkowski, a déclaré dimanche qu'elle ne voterait pas pour nommer un juge à la Cour suprême des États-Unis avant la présidentielle du 3 novembre.

Depuis des semaines, je dis que je ne soutiendrai pas la nomination d'un juge à la Cour suprême si près de l'élection. Tristement, ce qui n'était qu'hypothétique est devenu réalité avec la mort vendredi de la magistrate Ruth Bader Ginsburg, mais ma position n'a pas changé, a déclaré l'élue modérée de l'Alaska dans un communiqué transmis à l'AFP.

Outre Lisa Murkowski, une autre sénatrice républicaine modérée, Susan Collins s'est dite opposée à un vote avant le scrutin.

Le président Donald Trump compte nommer au plus vite un successeur à la magistrate et son choix devra être entériné par le Sénat, où les républicains disposent d'une courte majorité de 53 élus sur 100. Il est décidé à ancrer cette institution dans le camp conservateur avant la présidentielle, quitte à être accusé par les démocrates de court-circuiter les électeurs.

La campagne s'est considérablement durcie depuis la mort de la magistrate et icône progressiste, vendredi, en raison des énormes enjeux pour l'avenir du pays.

Donald Trump, qui espère décrocher un second mandat le 3 novembre, a annoncé dès le lendemain de son décès qu'il nommerait très vite un nouveau juge. Ce sera une femme très talentueuse, très brillante, a-t-il promis lors d'un rassemblement de campagne en Caroline du Nord.

Attribuez son siège, ont scandé ses partisans galvanisés à la perspective d'avoir une nette majorité de juges à la Cour suprême partageant leurs valeurs sur l'avortement, le droit de porter des armes ou encore les libertés religieuses.

Donald Trump a resserré la liste des candidats et va très vite faire connaître son choix, a précisé dimanche sur CNN Marc Short, chef de cabinet du vice-président Mike Pence.

De son côté, le candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden, a demandé dimanche aux sénateurs de ne pas voter à ce sujet avant que les Américains aient choisi leur président.

La volonté du président Donald Trump de pourvoir le poste le plus rapidement possible est juste un exercice de pouvoir politique brutal, a-t-il asséné lors d'une intervention à Philadelphie.

Amy Coney Barrett et Barbara Lagoa parmi les favoris

Amy Coney Barrett.

La juge Amy Coney Barrett.

Photo : Reuters / Matt Cashore / Notre Dame

Deux noms circulent avec insistance pour rejoindre les huit juges de la haute juridiction.

Déjà pressentie pour un précédent poste à la Cour suprême, Amy Coney Barrett fait à nouveau figure de favorite. Cette juriste de 48 ans a une longue carrière académique dans une université catholique et une expérience de juge plus limitée.

Elle est réputée pour ses articles de doctrine juridique dans lesquels elle professe des opinions largement influencées, selon ses détracteurs, par ses valeurs religieuses traditionalistes.

La magistrate d'origine cubaine Barbara Lagoa, 52 ans, semble également bien placée. Ancienne juge à la Cour suprême de Floride, elle exerce aujourd'hui dans une cour d'appel fédérale à Atlanta.

Elle présente l'avantage de venir d'un État-clé, susceptible de peser sur le résultat de la présidentielle.

La bataille du Sénat

Une fois que Donald Trump aura fait connaître son choix, il reviendra au Sénat, où les républicains ont une majorité de 53 élus sur 100, de le confirmer.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Leur chef Mitch McConnell a déjà dit qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé de le faire pour un candidat présenté par le président démocrate Barack Obama en 2016, au motif que le scrutin était trop proche.

Les démocrates lui ont vivement reproché ce revirement.

On dirait que le sénateur McConnell a perdu sa foi dans le jugement des Américains et veut se presser pour attribuer le siège à la Cour, tout comme le président. Ils veulent juste maximiser leur pouvoir a critiqué l'ancien président démocrate Bill Clinton sur CNN, en le taxant d'hypocrisie.

Pour lui, le pari est dangereux et place certains sénateurs républicains dans une position délicate. On verra ce que les gens pensent des candidats en lice pour leur réélection qui font clairement le contraire de ce qu'ils avaient dit avant.

Par honnêteté envers le peuple américain, la sénatrice républicaine modérée Susan Collins, qui mène une campagne difficile, a déjà pris ses distances avec son parti. Pour elle, le Sénat ne doit pas confirmer un nouveau juge avant le scrutin.

On a besoin d'une Cour entière pour le jour du scrutin, a au contraire estimé le sénateur Ted Cruz, un ultraconservateur, en rappelant que la Cour pourrait avoir à trancher les litiges électoraux. Mais il a dû admettre ne pas être sûr que son parti ait les voix nécessaires.

Si quatre républicains font défection, le candidat de Donald Trump sera bloqué.

Un appel au calme

La bataille pour les convaincre s'annonce féroce et, dès l'annonce du décès de Ruth Bader Ginsburg, des millions de dollars ont été levés par des groupes progressistes qui comptent mener des campagnes ciblées pour peser sur l'issue du vote.

Nancy Pelosi s'adressant aux journalistes

Nancy Pelosi dit avoir des munitions contre le plan de Donald Trump.

Photo : Associated Press / Jose Luis Magana

Les démocrates n'ont toutefois pas beaucoup d'armes juridiques pour empêcher cette nomination. Interrogée à ce sujet sur ABC, leur cheffe au Congrès, Nancy Pelosi, a assuré avoir des cordes à son arc, sans vouloir donner de précision.

Les enjeux sont énormes, a-t-elle dit, en soulignant que la Cour suprême est notamment censée se prononcer dans les mois à venir sur l'avenir de la réforme de l'assurance santé dite Obamacare, qui a étendu les couvertures maladie de millions d'Américains, mais que les républicains veulent démanteler.

Je pense qu'il faut rester très calme, a-t-elle poursuivi. Et surtout, a-t-elle ajouté, tout le monde doit aller voter.

Les électeurs de gauche qui, samedi, ont convergé vers la Cour suprême pour rendre hommage à la juge RBG semblent avoir reçu le message.

Nous avons beaucoup de combats à mener dans les prochains 45 jours, a déclaré à l'AFP Kiley Boland, 25 ans. C'est notre responsabilité!

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