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Récolter les sécrétions de baleines pour étudier leur niveau de bien-être

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Une chercheuse en bateau utilise une pipette pour verser un liquide dans un instrument.

Anik Boileau en plein recherche au large de l’archipel de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Radio-Canada

La chercheuse en sciences vétérinaires Anik Boileau a reçu une subvention de l'Animal Welfare Institute, une prestigieuse organisation américaine dédiée à la lutte contre la maltraitance animale. Cette aide financière l'aidera à étudier l'état de santé des grands rorquals du Saint-Laurent, notamment en analysant les sécrétions contenues dans leur souffle.

On a la perche, on collecte le souffle. Donc ce sont de petites gouttelettes, comme de la guédille, de la morve de baleine, vulgarise la scientifique.

La tâche n'est pas simple : la vitesse de croisière des rorquals communs peut atteindre 40 km/h.

Une longue perche et un plus loin une baleine qui fait surface.

La longue perche utilisée par Mme Boileau pour récolter des échantillons de sécrétions.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Le jeu en vaut cependant la chandelle pour Anik Boileau, puisque le souffle de ces animaux contient de précieuses données sur leur état de santé.

C'est intéressant parce qu'on peut aller chercher les microbes, le microbiote qu'on appelle. Il y a des microbes qui sont très sains, mais il y en a d'autres qui peuvent avoir un peu plus de pathogènes, des maladies, explique celle qui est aussi directrice du CERSI et doctorante en sciences du bien-être animal à l'Université Laval.

On a aussi des marqueurs de stress comme le cortisol qui pourrait justement nous donner des indices sur leur niveau de stress, au niveau de leur bien-être, poursuit-elle.

En effectuant cette analyse, Anik Boileau obtient une perspective nouvelle sur la santé des cétacés dans le fleuve.

Ça comprend des indicateurs physiques, physiologiques, comportementaux et environnementaux. Donc c'est de faire une collecte de tous ces indicateurs-là et de les analyser de façon simultanée. Ça nous donne l'opportunité de tracer un portrait de santé et de bien-être, précise-t-elle.

Une personne manipule une pipette et des éprouvettes.

Les analyses permettent notamment de détecter des marqueurs de stress, comme le cortisol.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

À ce jour, l'approche de la chercheuse détonne. L'étude du bien-être des grands rorquals est encore marginale. La Septilienne fait figure de pionnière dans le domaine.

Les études qui sont déjà faites sur les cétacés en milieu naturel vont porter sur la santé des populations, si vous voulez le nombre d'individus, explique Jamie Dallaire, professeur en comportement et bien-être animal à l’Université Laval.

Avec l'octroi de la subvention de l'Animal Welfare Institute, Anik Boileau pourra ajouter un nouvel outil à son attirail de recherche terrain. En utilisant une caméra de thermographie infrarouge montée sur un drone, elle pourra obtenir la température corporelle des rorquals étudiés.

Une femme guette l'horizon en bateau zodiac. Elle tient une camera.

La scientifique Anik Boileau.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

On espère que ce seront des indicateurs qui vont servir à détecter des problèmes de façon plus précoce, indique Jamie Dallaire.

En 15 ans, Anik Boileau estime avoir passé plus de 1400 heures auprès des grands rorquals. Elle prévoit en passer encore beaucoup d'autres pour apprendre à mieux connaître ces géants des mers.

Avec les informations de Nicolas Lachapelle

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