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Les effectifs infirmiers sont stables malgré la pandémie au Bas-Saint-Laurent

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Les embauches d'infirmières sont jugées «stables» dans le Bas-Saint-Laurent.

Photo : iStock / Photographerlondon

Radio-Canada

Contrairement à d’autres régions du Québec, le Bas-Saint-Laurent ne semble pas accuser de pertes d’infirmières au sein du réseau public de la santé. La situation demeure toutefois précaire, selon le syndicat.

Avec la pandémie de COVID-19 et la pression accentuée sur le réseau de la santé et sur son personnel, plusieurs infirmières ont claqué la porte et quitté la profession depuis quelques mois.

Or, selon des données fournies par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, les embauches sont plutôt à la hausse et les départs sont stables depuis l’an dernier au sein des infirmières et des infirmières auxiliaires.

Seuls les préposés aux bénéficiaires ont connu une augmentation des départs depuis l’an dernier, mais une hausse aussi observable du côté des embauches.

L’appel à tous lancé par le premier ministre Legault au début du printemps nous a donné un grand coup de main, plusieurs personnes ont prêté main-forte au réseau de la santé, explique la chef de service au recrutement et à la dotation au CISSS du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Lévesque.

Le CISSS aurait procédé à plus de 600 embauches pour l’ensemble de ses installations dans la région.

C’est maintenant le retour à l’école des étudiants qui met une pression supplémentaire sur les équipes. On travaille de pair avec les établissements d’enseignement pour être capable de maintenir le plus longtemps nos étudiants en place, souligne Mme Lévesque, qui ajoute que le CISSS peut aussi compter sur le retour au travail d’employés en vacances et sur la collaboration du personnel retraité.

Du côté du syndicat, on se veut prudent face aux statistiques du CISSS. Malgré les embauches jugées stables, un manque de ressources est observé depuis quelques années.

Bien avant qu’on ait une pandémie, on était quand même en difficulté au niveau des professionnels en soin. On manquait de ressources, on en manque encore au moment où l’on se parle, lance la présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent, Cindie Soucy.

Selon elle, plusieurs installations du CISSS fonctionnent à effectifs réduits. Concrètement, ça veut dire qu’il manque deux ou trois personnes par équipe de travail, explique Mme Soucy.

La présidente du syndicat insiste sur les négociations en cours entre Québec et les centrales nationales pour le renouvellement des conventions collectives dans le milieu de la santé.

Des infirmières manifestent devant l'Hôpital de Rimouski.

Des infirmières avaient manifesté ce printemps devant l'hôpital de Rimouski (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

On s’attend à ce que le gouvernement nous offre des conditions de travail qui vont être gagnantes, mais soyez assurés que ce qu’on a reçu jusqu’à maintenant, ce sont des offres qui sont complètement méprisables, avance Cindie Soucy. C’est sûr qu’il faut que nos conditions changent si on veut être en mesure de maintenir nos professionnels en place et d’en attirer d’autres dans les années à venir.

Craintes en Gaspésie

Même son de cloche en Gaspésie, où le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’est du Québec, Pier-Luc Bujold, déplore un manque d’écoute de la part du gouvernement provincial à la table de négociations.

On ne sent pas que le gouvernement Legault est à l’écoute pour la révision des conditions de travail des infirmières, estime M. Bujold qui croit que le nerf de la guerre demeure de meilleures conditions pour une conciliation travail-famille.

Il croit aussi que l’on assiste à une fracture générationnelle dans le milieu avec l’arrivée de plus jeunes infirmières et infirmiers. On a une nouvelle génération qui arrive et qui a ses attentes par rapport au travail. Ils veulent plus travailler pour vivre plutôt que vivre pour travailler, note-t-il.

Entre-temps, la perspective d’une deuxième vague de COVID-19 à l’automne fait craindre le pire au président du syndicat.

C’est très difficile. Du côté des infirmières qui avaient été embauchées pour l’été, la rétention est très difficile, note M. Bujold.

Les employés de retour de vacances sont également submergés d’heures supplémentaires, si bien que le repos gagné est rapidement annulé, selon le président du syndicat.

Des efforts sont faits par le CISSS du côté du recrutement, mais il y a un problème de fond suite à la réforme Barrette et c’est ça qui doit être attaqué, estime Pier-Luc Bujold.

Avec les informations de Geneviève Génier Carrier

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