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Bélarus : des dizaines de milliers de personnes marchent contre Loukachenko

Une foule immense marche avec des drapeaux.

Au Bélarus, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté une fois de plus à Minsk contre la réélection du président Loukachenko.

Photo : tut.by/afp via getty images / -

Agence France-Presse

Malgré les pressions policières, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Minsk, au Bélarus, pour une nouvelle marche de protestation contre la réélection du président Alexandre Loukachenko.

Vêtus de rouge et de blanc, les couleurs de l'opposition, les manifestants ont défilé sur l'avenue des Vainqueurs et se sont dirigés vers le palais de l'Indépendance, la résidence d'Alexandre Loukachenko, dans le nord-ouest de la capitale.

Depuis la réélection contestée de M. Loukachenko, le 9 août, des manifestations d'une ampleur historique se tiennent chaque fin de semaine à Minsk pour exiger le départ du chef d'État, au pouvoir depuis 26 ans.

Ce dimanche, les protestataires ont marché à nouveau dans une ambiance festive, agitant des drapeaux rouges et blancs et scandant des slogans demandant le départ du président.

Des slogans visaient également le président russe Vladimir Poutine, soutien majeur de M. Loukachenko dans cette crise qui secoue le Bélarus depuis un mois et demi. Poutine, retire ta fourchette de la patate bélarusse!, ont lancé des protestataires, en référence à l'une des productions agricoles emblématiques de cette ex-république soviétique.

Les manifestants se sont rassemblés malgré la présence de véhicules blindés, de canons à eau et des pressions de la police. Cette dernière a procédé à au moins 80 arrestations à Minsk et à au moins 47 autres ailleurs en province, en particulier dans les villes de Brest, Grodno et Gomel, selon l'ONG Viasna.

À Brest, des gaz lacrymogènes ont été utilisés et un policier a fait usage d'une grenade assourdissante pour disperser la foule, selon le ministre de l'Intérieur.

Brutales arrestations de femmes

La veille, la police a dispersé brutalement une manifestation de femmes : 415 personnes ont été arrêtées à Minsk, selon le ministère, et 15 dans d'autres villes. La plupart d'entre elles auraient ensuite été libérées. Des images ont montré des agents de police portant sans ménagement certaines manifestantes jusqu'à des fourgons pénitentiaires.

Le Conseil de coordination de l'opposition a mis en garde contre une nouvelle phase dans une escalade de violence contre des manifestants pacifiques.

La militante Nina Baguinskaïa, 73 ans, devenue une figure du mouvement contre le président Loukachenko, a notamment été interpellée avant d'être rapidement relâchée.

Une femme est forcée d'entrer dans un camion pénitencier.

Des protestataires ont été arrêtés lors de la manifestation contre le président d'Alexandre Loukachenko tenue dimanche à Minsk.

Photo : Reuters

Devant la répression policière, la chaîne d'opposition très suivie Nexta a publié une liste de plus de 1000 personnes présentées comme étant des fonctionnaires de police bélarusses.

Lors des actions de protestation, des manifestants tentent régulièrement d'enlever les masques ou les cagoules des policiers ne portant pas d'insignes ou de badges avec leur identité.

Réfugiée en Lituanie, la leader de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique sa victoire lors de l'élection du 9 août, a affirmé samedi, citée par son service de presse, que les Bélarusses étaient prêts à faire tomber l'anonymat de ceux qui obéissent à des ordres criminels.

Tikhanovskaïa et l'Union européenne

Malgré ces protestations, le président Alexandre Loukachenko refuse de s'incliner et a demandé l'aide de son homologue russe Vladimir Poutine, qui a promis un soutien sécuritaire à Minsk si nécessaire et promis au Bélarus un prêt de 1,4 milliard de dollars.

Svetlana Tikhanovskaïa doit rencontrer lundi les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles. Des sanctions européennes sont prévues contre des personnalités bélarusses jugées responsables de fraudes électorales et de la répression policière.

Le régime bélarusse a emprisonné de nombreux cadres du Conseil de coordination de l'opposition créé par Mme Tikhanovskaïa. D'autres ont dû fuir le pays.

L'une de ses alliées de premier plan, Maria Kolesnikova, a refusé d'être conduite hors du pays. Elle est désormais emprisonnée et accusée d'avoir porté atteinte à la sécurité nationale. Dans un message publié dimanche, elle s'est adressée à ses soutiens : N'ayez pas peur d'être libres!.

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