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Demande accrue dans les banques alimentaires

Des employées et bénévoles préparent des denrées dans une banque alimentaire.

De la mi-mars à la fin août, la banque alimentaire de Mississauga a distribué plus du double de la quantité de nourriture qu'elle avait distribuée au cours de la même période l'an dernier.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

De plus en plus de Canadiens ont recours aux banques alimentaires et aux soupes populaires depuis le début de la pandémie. C'est le cas notamment dans la grande région de Toronto, où le coût de la vie est très élevé et où certaines agences peinent à subvenir aux besoins de leur population.

Deborah Lauzon vient ramasser des denrées à la banque alimentaire chaque semaine depuis le mois de mars, parce qu’elle a perdu son emploi à temps partiel. Pour la retraitée de Brampton, il s’agissait d’une source de revenus qui lui permettait d’arrondir ses fins de mois.

Au début, je me sentais étrange. J’avais l’impression de prendre la place de quelqu’un d’autre.

Deborah Lauzon, résidente de Brampton

Son chèque de pension de 1800 $ chaque mois couvre à peine son loyer, qui s’élève à 1700 $. C’est très difficile. Il faut réduire les dépenses au minimum, dit-elle.

Une femme dans la soixantaine porte un masque noir.

Deborah Lauzon a perdu son emploi au début du confinement en Ontario. Depuis mars, elle fréquente la banque alimentaire Knights Table, à Brampton.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Selon Statistique Canada, un Canadien sur sept a souffert d'insécurité alimentaire depuis le début la pandémie, ce qui s'est répercuté sur la demande dans les banques alimentaires et les soupes populaires.

Achalandage accru dans la région de Peel

La banque alimentaire de Mississauga a constaté une augmentation de la demande, autant à ses points de service que pour son service de livraison à domicile.

Pendant le pic de la pandémie, nous avons témoigné une augmentation de 138 % parmi les gens qui ont dû accéder à une banque alimentaire pour la première fois, affirme la directrice du développement, Kimberley Soulière.

Entre la mi-mars et la fin août, l’organisation a distribué près de 960 000 kg de nourriture, plus du double de la quantité distribuée au cours de la même période l’an dernier.

Kimberley Soulière, directrice du développement à la banque alimentaire de Mississauga.

Kimberley Soulière, directrice du développement à la banque alimentaire de Mississauga

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Les inscriptions au programme de livraison à domicile, lancé en octobre 2019, sont aussi en forte progression.

Quand nous avons lancé le programme, nous avions une quarantaine de domiciles qui participaient. Avec la pandémie, on s'est retrouvé avec au-delà de 800 foyers qui avaient besoin de ce service à domicile, raconte Mme Soulière.

À Brampton, la banque alimentaire Knights Table, qui distribue également des repas chauds à emporter, a aussi constaté une forte augmentation de l’achalandage.

Là, c'est rendu qu'on sert le double. On arrive à arriver.

Robert Tremblay, président de la banque alimentaire Knights Table

Le président Robert Tremblay explique cette hausse de deux façons : d’abord, le chômage et le sous-emploi entraînés par la crise sanitaire ont amené beaucoup de nouveaux visages à fréquenter son établissement.

Il ajoute que la fermeture de certaines banques alimentaires dans la région de Peel, au cours des derniers mois, a aussi contribué à l’achalandage accru.

Des étagères remplies de nourriture dans une banque alimentaire.

La banque alimentaire, Knights Table, à Brampton, peine à combler la demande accrue depuis le début de la crise sanitaire, selon son président, Robert Tremblay.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

En avril, Ottawa avait annoncé 100 millions de dollars pour soutenir plus de 1800 banques alimentaires et organisations locales à l’échelle du pays.

La plupart des agences locales qui attendaient ce financement, y compris les banques alimentaires de la région de Windsor-Essex, disent n’avoir reçu leur part que la semaine dernière, cinq mois après l’annonce du gouvernement fédéral.

Fin de la Prestation canadienne d’urgence

Ces organisations et des militants anti-pauvreté craignent une recrudescence de la demande lorsque la Prestation canadienne d’urgence (PCU) prendra fin, le 26 septembre prochain.

Cette aide fédérale, qui s’élevait à 2000 $ par mois pour les Canadiens privés de travail en raison de la pandémie, sera remplacée par l’assurance-emploi et de nouvelles prestations plus ciblées pour ceux qui ne sont pas admissibles au régime.

Gaétan Héroux, de la Coalition ontarienne contre la pauvreté, craint que cette transition exacerbe le problème de l’insécurité alimentaire, alors que des centaines de milliers de Canadiens ne toucheront plus aucune aide gouvernementale.

Ça va créer le chaos une fois qu'on arrête ça. Au niveau du monde sur le bien-être social, les personnes âgées, on a encore de grands, grands problèmes, affirme-t-il.

La mairesse de Mississauga Bonnie Crombie et la directrice générale de la banque alimentaire locale, Meghan Nicholls, à côté d'une table recouverte de nourriture en sacs et en conserve.

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, lance lundi une nouvelle campagne avec la banque alimentaire locale afin d'amasser 250 000 $ et 170 000 livres de nourriture d'ici à l'Action de grâce.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, se dit aussi préoccupée par la fin de la PCU. C’est le dernier mois de cette prestation et nous savons que le besoin sera immense dans notre communauté le mois prochain. Toute contribution fait une énorme différence, dit-elle.

La mairesse encourage les citoyens à donner de la nourriture non périssable ou des dons en argent à l'occasion de la campagne d’automne, qui se terminera à l’Action de grâce.

Nous espérons amasser 250 000 $ et 170 000 livres de nourriture. Je sais que notre communauté sera là pour aider les plus vulnérables, dit-elle.

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