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Des capsules sur la diversité sexuelle et de genre par et pour les Franco-Canadiens

Un projet qui a commencé à Terre-Neuve-et-Labrador avant de susciter l'intérêt des communautés francophones d'un océan à l'autre.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
L'Animateur Emanuel Dubbeldam, dans une petite télévision à l'ancienne.

Plusieurs organismes francophones à travers le pays ont collaboré pour créer des capsules sur la diversité sexuelle et de genre à l'intention des jeunes.

Photo : FrancoQueer de l'Ouest

Radio-Canada

Comment être un allié? Qu’est-ce que l’intersectionnalité? Comment réagir à un coming out ou faire le sien? Ce sont quelques-unes des questions que l’organisme FrancoQueer de l’Ouest aborde dans une série de capsules, qui seront lancées cette semaine, par et pour les jeunes francophones hors Québec.

L’idée de base est simple : cinq capsules d’environ 5 minutes sur la diversité sexuelle et de genre. Elles seront utilisées dans les écoles et par divers organismes communautaires avec des fiches pédagogiques. Elles seront également publiées sur le site web de FrancoQueer de l'Ouest.

On parle de comment on fait pour vivre vraiment pleinement tous les aspects de notre identité, que ce soit une identité linguistique, une orientation sexuelle, une identité de genre, explique l’animateur des capsules, Emanuel Dubbeldam.

On y définit également des termes comme bispirituel et intersectionnalité, en plus de parler de ce qu'il faut faire et ne pas faire lorsqu’un proche révèle son homosexualité, par exemple.

Si des ressources éducatives sur le sujet existent, elles sont rarement faites par et pour les francophones, surtout en dehors du Québec, explique l’animateur.

Pour moi, c'est important qu'il y ait une ressource en français, par des gens de l'Ouest, pour les gens de l'Ouest, mais aussi pour tout le pays, parce que [...] dans la francophonie hors Québec, on se sent vraiment oubliés.

Ce sentiment d’être oublié peut être lourd de conséquences, selon Janelle Campagne, qui vit au Manitoba.

Mon expérience dans la communauté LGBT francophone - francoqueer - n'a pas toujours été la meilleure, ça a toujours été difficile de trouver des ressources, raconte-t-iel.

Des personnes non binaires qui situent leur identité de genre hors des catégories comme masculin ou féminin utilisent parfois iel comme pronom, plutôt que il ou elle. Même si la langue française ne reconnaît pas officiellement de genre neutre, ce texte utilise le terme iel pour ces personnes.

Ça avait l'air que j'étais la seule personne gaie et genre fluide à l'école, dévoile-t-iel. Je n’étais pas nécessairement à l'aise d'aller dans les milieux anglophones pour chercher des ressources.

Voir des capsules comme celles de FrancoQueer à l’école, croit Janelle, aurait complètement changé [son] parcours.

De l’intérêt d’un océan à l’autre

Le projet a commencé à Terre-Neuve-et-Labrador. L’organisme Franco-Jeunes a reçu un financement de 2500 $ pour le mener à bien. Il a fait appel à FrancoQueer de l’Ouest, un organisme établi en Alberta qui se spécialise dans la sensibilisation du public francophone aux enjeux 2SLGBTQIA+.

FrancoQueer et Emanuel Dubbeldam se sont vite aperçus que des organismes d’autres provinces souhaitaient également faire partie de cette initiative.

Les jeunes ont faim d'avoir du contenu qui leur appartient, qui n'est pas du YouTube et du Netflix américains, remarque Julien Gaudet, président de l’Association Jeunesse Fransaskoise.

On a beaucoup de jeunes qui nous demandent d'aller explorer ces questions-là. [...] Ces capsules, c'est un énorme plus parce qu'on a l'opportunité d'avoir des modèles qui parlent aux jeunes, qui leur ressemblent, croit Maureen Ogeard, coordonnatrice de projets au Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique.

Elle remarque que les adolescents d’aujourd’hui ont accès à beaucoup d’information sur la diversité sexuelle et de genre grâce aux réseaux sociaux et à Internet.

Mais on se rend compte, quand on gratte un petit peu, qu'on essaie d'aller plus loin, que ces informations-là ne sont pas complètes, et parfois même sont erronées, ajoute-t-elle. Donc je pense que c'est important d'avoir des informations qui soient fiables, où les jeunes peuvent se dire : "OK, je sais que cet acronyme-là, c'est le bon, je sais que ce terme-là, je l'ai bien compris."

D’autres organismes de la Colombie-Britannique, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Estrie, au Québec, et de l’Alberta se sont joints à l’aventure. Le budget du projet est passé de 2500 $ à 15 000 $, ce qui a permis d’engager une équipe de production professionnelle.

Un point de départ pour briser les tabous

Julien Gaudet s’est dit surpris de la qualité des capsules et aussi de la vulnérabilité dont les participants ont fait preuve dans leur témoignage.

Il s’attend à ce que certains des sujets abordés suscitent un genre de choc culturel chez une partie des jeunes qui fréquentent son organisme.

J'espère que le choc culturel incite au dialogue entre les diverses opinions, et c'est ça qu'on cherche, dit-il.

Selon Emanuel Dubbeldam, s’il y a un message que le public doit retenir, c’est celui-ci : C'est vraiment correct de ne pas tout savoir.

C'est mieux de se tromper, de se faire corriger et d'en apprendre, que de ne pas venir à la défense des personnes LGBTQ [...] parce qu’on a peur de se tromper. [...] C’est justement pour ça qu’on fait les capsules, pour encourager les gens à aller chercher l’information, dit-il.

Il voudrait bien en produire d’autres, si FrancoQueer réussit à trouver le budget nécessaire.

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