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Qui pourrait remplacer « RBG » à la Cour suprême des États-Unis?

Une affiche de Ruth Bader Ginsburg devant la Cour suprême.

Ruth Bader Ginsburg a confié à sa petite-fille qu'elle souhaitait que son successeur soit nommé après l'élection du 3 novembre.

Photo : Reuters / YURI GRIPAS

Agence France-Presse

Le décès, à 87 ans, de la juge progressiste de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg offre au président américain Donald Trump l'occasion de nommer, pour la remplacer, un magistrat défenseur des valeurs chrétiennes conservatrices, même si les démocrates vont engager une bataille de tranchées pour entraver le processus.

Le président républicain a déclaré samedi qu'il annoncerait très rapidement un nom, probablement celui d'une femme. Il faudra ensuite que le Sénat, où les républicains disposent d'une courte majorité, l'avalise.

L'exécutif a eu tout son temps pour se préparer au remplacement de RBG, qu'on savait malade depuis longtemps. Donald Trump a même publié le 9 septembre une liste affinée de candidats potentiels, un geste de campagne destiné à rassurer ses alliés et mobiliser ses électeurs, notamment ceux opposés au droit à l'avortement.

Voici quelques noms parmi les favoris :

Amy Coney Barrett

Amy Coney Barrett.

La juge Amy Coney Barrett a plusieurs fois adopté des positions dites proches des valeurs religieuses traditionalistes, selon ses détracteurs.

Photo : Reuters / Matt Cashore / Notre Dame

Si elle est nommée, Mme Barrett deviendrait la seule magistrate conservatrice de la Cour suprême, les deux autres femmes de la haute cour étant progressistes.

La magistrate de 48 ans, qui figure parmi les noms les plus fréquemment cités, a grandi dans une banlieue de La Nouvelle-Orléans et suivi des études brillantes dans plusieurs établissements confessionnels.

Mère de sept enfants, elle est réputée pour ses articles de doctrine juridique, dans lesquels elle professe des opinions largement influencées, selon ses détracteurs, par ses valeurs religieuses traditionalistes.

Le dogme religieux vit bruyamment en vous, lui avait reproché la sénatrice démocrate Dianne Feinstein lors de son processus de confirmation pour un poste de juge fédéral, en 2016. L'intéressée avait assuré faire la distinction entre sa foi et ses responsabilités de juge.


Barbara Lagoa

Barbara Lagoa.

La juge Barbara Lagoa a notamment restreint l'accès aux listes électorales pour les gens qui en avaient été d'abord rayés.

Photo : Reuters

Cette Américano-Cubaine est la première femme hispanique à avoir été nommée à la Cour suprême de Floride, un des États-clés qui pourraient faire la différence le 3 novembre.

La semaine dernière, la magistrate de 52 ans a décidé, avec une courte majorité de ses collègues, de restreindre le vote des anciens détenus de l'État en validant des conditions financières imposées avant leur réinscription sur les listes électorales.


Joan Larsen

Joan Larsen.

Joan Larsen a travaillé comme assistante d'Antonin Scalia, juge de la Cour suprême décédé en 2016.

Photo : Getty Images

Cette magistrate de 51 ans siégeant à la cour d'appel de Cincinnati s'est bâti au fil des ans une réputation de solide conservatrice, opposée à l'extension des droits des homosexuels et partisane de fermeté en matière de détention pénale.

Elle a également travaillé comme assistante d'Antonin Scalia, comme professeure de droit à l'Université du Michigan et a officié à la Cour suprême du Michigan.


Thomas Hardiman

Thomas Hardiman.

Thomas Hardiman s'est entre autres prononcé en faveur de la peine de mort.

Photo : Associated Press / Matt Slocum

Juge à la cour d'appel fédérale de Pittsburgh, en Pennsylvanie, il s'est fait connaître en estimant par exemple que le premier amendement de la Constitution américaine n'autorisait pas les citoyens à filmer les policiers.

Fils d'un chauffeur de taxi, il a passé son enfance dans le Massachusetts. Premier de sa famille à aller à l'université, il a financé ses études à l'université de droit de Georgetown en conduisant un taxi.

Ancien militant républicain, solide conservateur, le juge Hardiman a siégé avec la soeur de Donald Trump, la juge Maryanne Trump Barry, qui en aurait fait l'éloge.

Dans plusieurs dossiers concernant des condamnés à mort, il s'est rangé du côté des procureurs cherchant à appliquer le châtiment suprême.


Raymond Kethledge

Raymond Kethledge.

Raymond Kethledge est solidement partisan du droit de port d'arme à feu.

Photo : Wikipedia / SPDuffy527 - Own work, CC BY-SA 3.0

Cet homme de 53 ans a grandi dans le Michigan, dans la région des Grands Lacs, État sous la juridiction de la cour d'appel où il siège après y avoir été nommé par George W. Bush.

Fervent militant de la libre entreprise et des droits individuels, notamment celui de la propriété privée et du port d'arme à feu, le juge Kethledge appartient à l'école de jurisprudence américaine originaliste, qui soutient que la Constitution doit être interprétée conformément à son sens à l'époque de son adoption.

Les sénateurs républicains Ted Cruz, Tom Cotton ou Joshua Hawley figurent également sur la dernière mouture de la liste de Donald Trump. Choisir l'un de ces élus serait considéré comme une nomination encore plus politique que la désignation d'un magistrat actuellement en fonction.

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