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La méconnaissance du français a contribué au décès d'un travailleur agricole

De silos à grain encadrent une ferme

Le travailleur est décédé le 26 septembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali Amor

Félix Morrissette-Beaulieu

La mauvaise compréhension du français a contribué à la mort d'un travailleur guatémaltèque décédé en 2018 dans un silo de Saint-Simon-les-Mines, en Beauce, selon un rapport du coroner, qui conclut que le drame aurait pu être évité.

Le 26 septembre 2018, Josué Saloj Miculax et un collègue entrent à l'intérieur d'un silo pour niveler le maïs avec des fourches. Tout juste arrivé à l'intérieur, Josué Saloj Miculax tombe après avoir emprunté une échelle.

Son collègue court chercher l'aide de son employeur, Dany Rodrigue, qui périt lui aussi en tentant de porter secours à l'ouvrier.

Les deux meurent asphyxiés.

Dans son rapport, le coroner Pierre Guilmette estime que la mauvaise compréhension des consignes en français a pu contribuer à la mort de Josué Saloj Miculax, 23 ans, originaire du Guatemala.

Malentendu

La veille de son décès, M. Miculax et son collègue ont reçu la consigne d'aller nettoyer la pâte de foin coincée dans les mécanismes d'un autre silo. L'ordre aurait été donné vers 16h20; Josué Saloj Miculax et son collègue devaient s'affairer au train des vaches à 17h00.

Selon un proche du propriétaire impliqué dans l'accident, ce nettoyage nécessite plusieurs heures lorsque 2 ou 3 hommes l'accomplissement.

Il est donc incompréhensible que cet ordre ait été donné à 16h20 alors que le train était à faire vers 17h00, et ce , avec seulement deux hommes, écrit le coroner.

Il y a, ici, apparence d'un malentendu relié à la langue

Pierre Guilmette, coroner

Asphyxié

Un rapport de la CNESST (Nouvelle fenêtre) conclut que M. Miculax et le propriétaire de la ferme sont décédés par asphyxie en raison de l'atmosphère à l'intérieur dans le silo, que la présence de gaz d'ensilage avait appauvrie en oxygène.

L'absence de planification et de méthodes de travail en espace clos est aussi montrée du doigt.

Lorsque l'atmosphère est pauvre en oxygène, le port d'un appareil de protection respiratoire est obligatoire, rappelle le rapport.

Plaidoyer pour la sécurité des travailleurs agricoles

Le coroner Pierre Guilmette déplore aussi le manque de protection des travailleurs agricoles étrangers.

Il note que moins de la moitié des établissements agricoles sont enregistrés à la CNESST, alors que les autres ne sont pas assurés ou ont une assurance privée.

Bien que la CNESST collabore avec l'Union des Producteurs agricoles (UPA), aucun organisme gouvernemental ne coordonne les efforts pour une meilleure santé et sécurité des travailleurs dans le domaine agricole.

Le coroner estime que les travailleurs migrants sont surreprésentés quant aux blessures découlant du travail agricole.

Pierre Guilmette recommande que différents ministères travaillent de concert pour offrir des services-conseils aux agriculteurs et aux travailleurs étrangers, notamment pour l'apprentissage du français

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