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Un campement d’Edmonton obtient un sursis et réclame du logement avant l'hiver

C’est le deuxième campement de personnes sans domicile fixe à s’installer au coeur d’Edmonton depuis le début de la pandémie.

Des tentes autour d'un pavillon dans un petit parc. Des gens se promènent.

Une cinquantaine de personnes en situation d'itinérance campent non loin de l'avenue Whyte à Edmonton, malgré la désapprobation de la Ville.

Photo : CBC / David Bajer

Le campement qui s'est installé dans le quartier Old Strathcona, à Edmonton, a réussi à négocier une autre semaine de répit pour les personnes sans domicile fixe qui s'y sont réfugiées. Les organisateurs espèrent s'en servir pour leur trouver des logements.

Les tentes sont toujours là, dans le coquet parc Wilbert McIntyre, tout près du Marché Strathcona, tout comme les affiches avec des slogans tels que Les personnes sans-abri ne sont pas des animaux et Camp de la paix qui recouvrent le petit pavillon.

Ce campement, qui existe depuis environ deux semaines, abrite entre 40 et 50 personnes.

La Ville avait ordonné son démantèlement avant 10 h, vendredi, mais ça ne s’est jamais fait. Des agents de la paix et des policiers se sont plutôt présentés pour négocier avec un porte-parole désigné pour le campement, Cameron Noyes. Ils sont repartis en promettant de ne pas toucher les installations pour au moins une autre semaine.

Une quinzaine de personnes debout en ligne devant les tentes. En premier plan, il y a un arbre décoré avec des affiches.

Certains résidents du quartier se plaignent de la présence du campement, mais d'autres le soutiennent. Certains d'entre eux ont même formé une chaîne humaine devant les tentes, vendredi, au cas où la police tenterait de le démonter.

Photo : CBC / David Bajer

Cameron Noyes pousse un soupir de soulagement.

Ça s’est très bien passé. Nous avons eu une bonne conversation avec le service de police d’Edmonton et les agents de la paix. On semble tous être du même bord, au sens que personne ne veut maltraiter les personnes sans-abri , a-t-il commenté après les négociations.

Il ajoute toutefois qu’il ne sent pas autant d'ouverture du côté de la Ville, qui n’a pas participé à cette discussion.

Cameron Noyes dit que personne ne souhaite que le campement devienne permanent, mais qu’il doit rester en place tant que ses occupants n’ont nulle part de mieux où aller.

Il commence à faire bien froid et on veut qu’ils aient un vrai toit au plus vite

Cameron Noyes, porte-parole du campement

Ici, ils ont trois repas par jour et du soutien en santé mentale. On ne veut pas les renvoyer dans les ravins et les autres endroits dans la ville. On doit s’assurer qu’ils ont une solution avant de les laisser partir, dit-il.

Le campement dans le quartier d’Old Strathcona est apparu quelques semaines après le campement Pekiwewin, qui compte quelque 170 tentes, dans le quartier de Rossdale.

Les refuges ne sont pas pleins, rappelle la Ville

C’est une situation difficile. Ça ne réjouit personne de venir ici aujourd’hui pour dire aux gens qu’ils doivent partir , affirmait vendredi matin la directrice du département de développement social de la Ville d’Edmonton, Jackie Foord, avant les négociations avec les organisateurs.

Elle a dit reconnaître les failles dans le soutien à la population en situation d’itinérance, mais a affirmé que de nombreux refuges avaient encore des lits de disponibles.

Nous savons que ce serait mieux d’avoir des logements, mais en attendant, pendant que nous travaillons pour créer du changement, les refuges sont disponibles , a-t-elle rappelé.

Selon les organisateurs du camp, il y a toutefois plusieurs barrières à l’accès aux refuges. Ils peuvent par exemple refuser les gens qui sont sous l’effet de l’alcool ou de la drogue. Plusieurs personnes disent aussi qu’elles ne s’y sentent pas en sécurité, ou même bienvenues.

Une des principales demandes des organisateurs du camp est l’ouverture d’un refuge accueillant pour les Autochtones et les personnes LGBTQ qui ne serait pas géré par une organisation religieuse.

Un meilleur accès au logement abordable réclamé

Toutefois, leur demande la plus incontournable, selon Cameron Noyes, c’est un meilleur accès au logement.

On ne bougera pas tant qu’on n’a pas des solutions au niveau du logement et de la sécurité alimentaire.

Cameron Noyes, porte-parole du campement

La société Elizabeth Fry et d’autres organismes communautaires ont commencé à visiter le campement pour aider les occupants à chercher des logements subventionnés.

La députée fédérale d’Edmonton Strathcona, la néodémocrate Heather McPherson, croit que les gouvernements albertain et canadien ont tous deux échoué à gérer la crise nationale du logement .

Pensez-vous que les gens choisiraient de vivre dans un environnement où ils sont dans une tente en hiver à Edmonton? , a-t-elle remarqué, vendredi, montrant les tentes derrière elle. Nous avons besoin de logements subventionnés ici.

Dans une déclaration par courriel, samedi, la Ville d’Edmonton a dit qu’elle n’entreprendrait pas d’action contre le campement à ce point-ci [puisqu'elle] coopère avec les organisateurs pour faciliter une fermeture pacifique du campement .

Avec des informations de David Bajer

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