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En silence ou dans les cris, la Côte-Nord dénonce la violence sexuelle

Une femme lit un témoignage. Derrière elle, des manifestants se tiennent debout avec des affiches avec des messages en soutien aux femmes.

Une prise de parole était organisée après la marche silencieuse qui s'est tenue samedi à Forestville pour dénoncer les violences sexuelles faites aux femmes.

Photo : Hélène Beaulieu-Lafond

Après Sept-Îles vendredi, c'est au tour de Forestville et de Baie-Comeau de connaître samedi des marches pour dénoncer la violence sexuelle faite aux femmes et démontrer du soutien aux victimes.

À Forestville, c'est dans le silence que les personnes présentes ont marché, en soutien à toutes les victimes de violences sexuelles, qu'elles dénoncent leur agresseur ou non.

Souvent, les femmes ont peur d'être jugées et ne veulent pas parler, explique l'adjointe à la Maison l'Amie d'Elle de Forestville, Hélène Beaulieu-Lafond.

C'est pour ça qu'on fait une marche silencieuse, en hommage à toutes celles qui n'osent pas parler, briser le silence, poursuit-elle. Et à Baie-Comeau, ils vont briser le silence pendant la marche et faire un recueillement silencieux après.

Les femmes sont de plus en plus prêtes à dénoncer. Avec #MeToo et #MoiAussi, ça fait deux grosses vagues qu'on a, et les femmes veulent prendre leur place. Il y a un bel engouement et s'il y a de grosses réactions, c'est parfait dans la situation.

Hélène Beaulieu-Lafond, adjointe à la Maison l'Amie d'Elle de Forestville

À Baie-Comeau, une quarantaine de personnes ont pris part à la marche organisée par le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Lumière boréale.

C'était vraiment surprenant de voir combien de personnes âgées, des adolescents, des jeunes étaient sur place pour militer, constate l''agente de sensibilisation, de prévention et d'intervention dans les communautés au CALACS, Laury Boulianne.

Des enfants et des adultes marchent dans la rue en brandissant des pancartes qui dénoncent les violences sexuelles.

Une trentaine d'adultes et une dizaine d'enfants ont marché samedi à Baie-Comeau pour dénoncer les violences sexuelles.

Photo : Laury Boulianne

Quand on marchait, les gens nous appuyait dans la communauté, sur le boulevard Laflèche les gens klaxonnaient et on voyait qu'ils étaient avec nous. Plus on en parle, plus les gens vont être sensibilisés et vont voir que ça existe encore, qu'il ne faut pas fermer les yeux, ajoute Mme Boulianne.

Une heure après le début des marches, soit à 15 h, des prises de parole simultanées étaient également organisées dans les deux municipalités nord-côtières.

Les organisatrices ont lu des témoignages anonymes recueillis à l'avance, et les femmes qui souhaitaient prendre la parole de manière spontanée pouvaient également le faire. À Baie-Comeau, une jeune fille a d'ailleurs été applaudie après avoir livré un témoignage émouvant.

Trois femmes portent des affiches dénonçant les violences sexuelles.

Hélène Beaulieu-Lafond et Laury Boulianne constatent que le mouvement #MoiAussi a incité plus de femmes à briser le silence sur la violence qu'elles vivent.

Photo : Hélène Beaulieu-Lafond

On voulait démontrer aux survivantes que malgré la distance, on est là pour elles, parce que le CALACS couvre un vaste territoire sur la Côte-Nord, de Baie-Trinité jusqu'à Tadoussac et dans la Caniapiscau aussi, et les gens se sont joints de Forestville à Baie-Comeau pour parler, souligne Mme Boulianne.

Elle ajoute que l'événement, qui comprenait aussi des ateliers de création pour les femmes et les enfants, n'aurait pu être possible sans l'implication des bénévoles de la communauté.

Le CALACS de Baie-Comeau espère répéter l'expérience l'année prochaine.

Avec des informations de Djavan Habel-Thurton

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