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Réunification familiale : des manifestants demandent à Ottawa de réduire les délais

Un homme et une femme se regardent dans les yeux et se sourient amoureusement.

Marc Paquette est heureux de pouvoir être avec sa conjointe en Colombie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Certains citoyens canadiens n'ont pas vu leur conjoint depuis plus d'un an. Ils dénoncent les délais de traitement de leur demande de réunification familiale, qui s'allongent en raison de la pandémie.

Le 6 juillet, la conjointe de Marc Paquette a essuyé un troisième refus de visa du gouvernement canadien. Ce dernier a donc décidé de demander un visa de conjoint à la Colombie.

Marc Paquette est en Amérique du Sud depuis le 8 septembre. Visa en poche, il a fait appel au consulat colombien pour trouver un vol vers le pays, les vols commerciaux ayant été annulés.

On a entrepris les démarches de 28 juillet dernier et en seulement 4 jours ouvrables, ça a été approuvé, explique-t-il, encore étonné par cette rapidité.

M. Paquette a présenté une demande de parrainage au ministère de l'Immigration en janvier pour que sa femme puisse venir le rejoindre au Canada. S'il faut habituellement un an avant d'obtenir une réponse, la pandémie mondiale a créé un retard considérable dans le traitement des dossiers.

On n'a pas eu de nouvelles depuis le 5 mars.

Marc Paquette

Il s'indigne devant le silence du gouvernement, dans un contexte où de nombreuses manifestations pour la réunification des familles ont eu lieu d'un bout à l'autre du pays.

L'article 179 B

En plus de demander au gouvernement fédéral d'améliorer le traitement des demandes d'immigration et d'ainsi réduire les délais, M. Paquette voudrait que celui-ci cesse d'invoquer systématiquement l'article 179 B du Règlement sur l'immigration et la protection des réfugiés.

En juin, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau avait annoncé que les couples mariés et leurs enfants seraient priorisés dans le cadre de la réunification des familles. M. Paquette soutient toutefois que les visas sont toujours obligatoires. Aucune souplesse n'est donnée, le taux de refus est toujours le même, indique-t-il.

Selon lui, il est pratiquement impossible d'obtenir un visa de visiteur une fois marié, sa conjointe ayant elle-même fait face à trois refus en vertu de l'article. Le gouvernement estime que celle-ci risque de ne pas quitter le pays, une fois son visa expiré.

Une manifestation à Ottawa

Une manifestation a eu lieu samedi après-midi pour la réunification des familles à Ottawa, tout comme à Montréal, Toronto, Edmonton et Halifax.

Une quinzaine de personnes étaient présentes sur la colline du Parlement. Tout comme M. Paquette, elles demandent l'octroi d'un visa spécial temporaire de visite pour les époux et épouses de Canadiens.

Des femmes manifestent devant le parlement. Elles tiennent des affiches sur lesquelles ont peut lire : 21 mois, aucun progrès. L'une d'entre elle retient une affiche grandeur nature d'une homme.

Une quinzaine de personnes à Ottawa dénoncent les délais pour le traitement de leur demande de réunification familiale. Certaines n’ont pas vu leur conjoint depuis plus d’un an.

Photo : Radio-Canada / Roxane Leouzon

Karoline Pilon s'est mariée aux Philippines en mai 2018. Elle n'a pas vu son mari depuis octobre 2019 et elle trouve compliqué d'avoir une relation avec quelqu'un à distance.

C'est très très difficile, fait valoir Myriam Bouceloh. Cette dernière attend depuis 15 mois un visa de parrainage pour son mari qu'elle n'a pas vu depuis juin 2019. Je veux juste que mon mari soit à mes côtés.

Mme Bouceloh indique également que le fait d'être séparé retarde les projets de plusieurs couples dont le sien, celui d'avoir une famille. Il y a plusieurs enfants qui n’ont jamais rencontré leur parent, explique-t-elle.

Des délais nécessaires

Bien que Julie Taub, avocate spécialisée en immigration, reconnaisse que l'attente et la séparation soient difficiles pour les couples, elle est catégorique : le délai normal d'un an ne peut être réduit puisque cela pourrait faciliter la fraude conjugale au Canada.

Cette dernière estime que l'octroi d'un visa temporaire spécial n'est pas envisageable non plus, malgré la crise de santé publique et ses conséquences. Il faut être plus vigilant, pas moins vigilant parce que ça [la pandémie de COVID-19] peut faciliter la fraude, le mariage par complaisance, explique-t-elle.

On ne peut pas faire exception seulement à un petit segment de la population qui parraine leur époux parce que sans l’évaluation complète, [...] ce n'est pas possible.

Julie Taub, avocate

Cette évaluation comprend plusieurs étapes, dont un examen médical et une enquête pour déterminer si le mariage est véritable. Mme Taub suggère toutefois l'embauche de personnel à Immigration Canada pour traiter les dossiers plus rapidement et plus efficacement.

Avec les informations de Roxane Léouzon

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