•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Montée en flèche » des renégociations d’hypothèques

Une maison à l'arrière-plan, une pancarte affichant une maison vendue à l'avant-plan

La renégociation hypothécaire intéresse de plus en plus de propriétaires en raison des faibles taux d'intérêt, selon des courtiers ontariens.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Les faibles taux d'intérêt poussent plusieurs Ontariens à renégocier leurs hypothèques même avant l’échéance de leurs ententes initiales, selon certains courtiers. Ceux-ci disent avoir bien du pain sur la planche depuis quelques mois.

Courtier hypothécaire depuis une vingtaine d’années dans la région de Sudbury, Steven Doni dit n’avoir jamais rien vu de tel. Des clients sollicitent ses services depuis plusieurs semaines afin d’entamer un processus de renégociation hypothécaire.

Il y a certainement une demande énorme. Les gens veulent profiter des faibles taux d’intérêt pour réduire leurs paiements mensuels, et ainsi mieux gérer leurs autres dettes, indique-t-il.  

M. Doni souligne qu’avant la pandémie, il arrivait à négocier des hypothèques pour sa clientèle à un taux moyen d’environ 2,4 %, mais avec la baisse régulière qu’il a remarquée au cours des derniers mois, certains produits ont un taux d’intérêt de moins de 2 %.  

Les renégociations d’hypothèques ont monté en flèche. Et même lorsqu’on parle à d’autres personnes impliquées dans tout le processus d’achat de maisons, comme les avocats ou les inspecteurs, ils sont débordés, ils ont plusieurs dossiers.

Steven Doni, courtier chez Family Group à Sudbury
Un homme en chandail vert

Steven Doni est courtier hypothécaire chez Family Group à Sudbury.

Photo : Radio-Canada

Le constat est pareil pour Daniel Mendoza de Sturgeon Falls, dans la municipalité de Nipissing Ouest, qui est courtier hypothécaire au sein de l’entreprise Sunlite Mortgage.

Au cours du dernier mois, son entreprise a enregistré près de 200 personnes qui demandaient de l’information sur les renégociations d’hypothèques, selon M. Mendoza. 

Étant donné les taux d’intérêt, nous nous attendions à ce qu’il y ait une hausse, mais 200, c’est vraiment beaucoup dans une si courte période, dit-il.

Gare aux pénalités, rappellent les courtiers

Pour M. Mendoza, plusieurs nouveaux clients ne sont [toutefois] pas conscients des sanctions qu’ils peuvent encourir en mettant abruptement fin à leurs ententes avec leurs créanciers pour en négocier de nouvelles à des taux plus bas. 

La situation de chaque personne est différente. Si on doit payer, par exemple, 5000 $ en pénalités et qu’on remarque qu’en négociant un taux plus bas, on finira par économiser 10 000 $, il est raisonnable de poursuivre le processus. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde, donc il est important de savoir tout cela dès le départ, note-t-il. 

Le président et chef de la direction de la Caisse Alliance, Pierre Dorval, reconnaît que régulièrement en période de crise, une baisse des taux d’intérêt pourrait encourager plusieurs propriétaires à s’empresser de renégocier leurs contrats hypothécaires. 

Un homme qui porte des lunettes

Daniel Mendoza est courtier hypothécaire chez Sunlite Mortgage.

Photo : Radio-Canada

Pour l’instant, l’institution qu’il dirige n’a pas vu cette hausse-là, précise-t-il, signalant que le contexte actuel offre plus que jamais à la Caisse Alliance une occasion de se positionner en conseiller financier de ses membres. 

Avec la période de crise comme celle qu’on traverse, c’est vraiment la relation avec ton institution financière qui est super importante. Tu as besoin d’une institution qui connaît ta situation et qui est là pour t’aider, pour traverser ces moments difficiles-là. Si tu es une personne qui bouge souvent, qui brise des contrats, ces relations-là sont plus difficiles à établir, explique M. Dorval.

Des guerres de surenchère

Ce qui a pris tout le monde par surprise, ce sont les nouveaux achats de maisons, fait savoir M. Mendoza, qui reçoit également de plus en plus de clients de partout en Ontario qui veulent s’acheter un premier domicile fixe.

À Sudbury, la demande de nouvelles maisons a d’ailleurs beaucoup surpassé l’offre, selon Chico Vaillancourt, agent immobilier chez Century 21, ce qui donne lieu à des guerres de surenchère.

Il y a moins de maisons en vente, alors il y a plus d’acheteurs qui essaient pour les mêmes maisons. Les prix augmentent, souvent on va voir des offres de 10 000 $, 20 000 $, 30 000 $ de plus que le prix initial. C’est relativement rare, c’est cette année qu’on commence à voir une fréquence de cela, affirme M. Vaillancourt.  

On voit une enseigne qui dit For Sale devant un bungalow de Vancouver.

Le prix des maisons est à la hausse dans la région de Sudbury.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Étant donné la tendance, l’agent immobilier estime qu’il ne serait pas judicieux pour les acheteurs potentiels de maisons de suivre les modèles qui se font remarquer d’habitude au niveau local. 

Traditionnellement, l’hiver, au mois de décembre ou janvier, ça se calme un peu, mais il faut peut-être faire vos recherches, connaître le marché, et quand vous être prêts, y aller avec confiance. Ce n’est pas le temps de voir si on peut soumettre une offre un peu plus basse ou faire un peu de faire un peu de va-et-vient, conclut-il. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !