•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sport scolaire : Une situation « terriblement anxiogène », dénonce un directeur d'école

Des joueurs du Blizzard du séminaire St-François lors d'un match le 26 février 2019

Des joueurs du Blizzard du séminaire St-François lors d'un match le 26 février 2019

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Forcé d’annuler toutes les activités sportives interscolaires de son école jusqu’à nouvel ordre en raison de deux cas de COVID-19 parmi les élèves, le directeur du Séminaire Saint-François interpelle le ministère de l’Éducation. Luc Savoie estime que les jeunes étudiants-athlètes partout au Québec sont “pris en otage” dans une situation “terriblement anxiogène”.

C’est qu’après avoir annoncé la reprise du sport scolaire et des programmes sport-études, vendredi dernier, le ministère de l’Éducation a envoyé un document questions-réponses mis à jour aux écoles de la province, en fin de journée.

Dans ledit document, une réponse précisait que les écoles doivent éviter de participer à un événement regroupant des élèves d’autres écoles si des cas de COVID ont été détectés dans l’école, peu importe le niveau de la région où elle est située. Un seul cas dans une école empêche donc toutes les équipes sportives de jouer des matchs durant une période de 10 à 14 jours.

Je dénonce ça depuis depuis vendredi dernier, à 15h20, quand j’ai vu ce paragraphe-là qui sortait un peu de nulle part dans un document de 26 pages, explique Luc Savoie, frustré de la manière choisie par le Ministère pour informer les écoles de cette directive qui complique grandement quelconque saison sportive espérée cet automne.

Des montagnes russes pour les jeunes

Malgré les démarches faites cette semaine par le RSEQ auprès du Ministère, la directive est désormais bel et bien en vigueur. C’est pourquoi, vendredi, la Ligue de hockey midget AAA a demandé à l’organisation du Blizzard du Séminaire Saint-François d’annuler son match prévu le soir même, à Saint-Augustin, contre les Riverains du Collège Charles-Lemoyne.

Luc Savoie derrière un micro

Luc Savoie, directeur général du Séminaire Saint-François

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

La situation inquiète le directeur d’école à plusieurs niveaux. Luc Savoie pointe d’une part que la rentrée à l’ère des masques et des bulles-classes est déjà très dure psychologiquement sur ses jeunes étudiants. En quelques semaines, ces mêmes élèves se sont fait enlever, puis accorder, puis enlever à nouveau le droit de pratiquer leur sport, se désole-t-il.

Les joueurs se demandent s’ils peuvent pratiquer ce soir, s’ils peuvent jouer en fin de semaine. C’est oui, ensuite c’est non. Vraiment, on est en train de faire mal à une génération. À des jeunes qui, selon moi, se comportent de manière extraordinaire depuis la rentrée.

Un poids pour l'élève testé positif

L'ex-entraîneur de football a également une pensée particulière pour les deux jeunes élèves atteints de la COVID-19 dans son école. Ce n’est pas de leur faute. Leur mère travaille en milieu hospitalier. Elle a été malheureusement déclarée positive puis les deux enfants ensuite.

Ils ont été retirés du milieu scolaire et se portent bien, rassure-t-il. Maintenant que leur diagnostic force l’arrêt de toutes les activités interscolaires au Séminaire Saint-François, le directeur s’inquiète toutefois du poids psychologique pour ces derniers.

J’espère qu’ils vont comprendre que je suis derrière eux à 150 %, mais je me mets dans leur peau. Tabarouette, avec les réseaux sociaux, ils voient que leurs collègues de classe, leurs collègues d’équipe sont tous mis au rancart à cause d’eux.

S’il donne sa situation en exemple, Luc Savoie assure que plusieurs écoles partout dans la province jonglent avec les mêmes problèmes et interrogations. Pour lui, le ministère de l’Éducation doit prendre une décision plus ferme concernant le sport scolaire.

Qu’ils arrêtent de jouer au yo-yo avec les enfants. Qu’ils prennent une décision, qu’ils l’assument de A à Z et qu’ils l’annoncent publiquement de A à Z. Présentement, ce n'est pas respectueux de nos enfants ni de leurs parents.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !