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Le secteur de la construction touché par la hausse du prix du bois

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Un homme construit une structure de bois.

Les contracteurs observent une hausse significative du prix du bois d'oeuvre et du bois traité depuis le dernier mois.

Photo : Radio-Canada / Philippe Dubois

Marie-Isabelle Rochon

La rareté du bois d’oeuvre et du bois traité entraîne une flambée importante des prix. Les entrepreneurs en construction font face à un véritable casse-tête pour tenter d’obtenir les matériaux.

Sébastien Michaud est entrepreneur général en construction. Ces derniers temps n'ont pas été de tout repos puisqu'il a dû renoncer à quatre contrats. Tous les projets de patio de cèdre qu’on avait ont dû être remis au printemps prochain, lance-t-il.

Le bois traité et le bois d’oeuvre se font rares. Plusieurs clients de Sébastien Michaud ont dû prendre leur mal en patience.

Il y a plusieurs personnes qui comprennent que c’est une année exceptionnelle causée par la COVID, d’autres sont plus réticents et nous mettent beaucoup de pression pour qu’on livre les chantiers explique-t-il.

L’entrepreneur général en construction n’est pas le seul à faire ce constat. Le confinement a entraîné une ruée vers les projets de construction et de rénovation.

Pancarte affichant que le cèdre est vendu.

Il n'est pas évident de se procurer du bois pour les terrasses ces jours-ci.

Photo : Radio-Canada / Philippe Dubois

Chez le marchand de bois Langevin Forest, on répond tout juste à la demande. Le bois destiné aux terrasses s’est écoulé à une vitesse fulgurante, surtout depuis la mi-juillet.

Cette année, on a vu venir en augmentation l’autoconstructeur, donc le particulier qui a décidé de construire lui-même son patio explique le directeur général de Langevin Forest, Marc-André Belisle.

On s’est retrouvés en mai avec un volume important, pratiquement le double de ce qu’on vend normalement ajoute-t-il.

À cette hausse de la demande s’ajoutent des délais de livraison du bois. Langevin Forest attend parfois plusieurs semaines avant d’obtenir du bois traité destiné aux terrasses.

Selon un sondage mené par l’Association de la construction du Québec (ACQ) et l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) à la fin du mois d’août chez leurs membres, 87 % des 794 répondants affirmaient éprouver des problèmes d'approvisionnement de matériaux depuis le début de la pandémie.

Pression sur l’industrie

Melik Bouhadra, directeur général chez RenoRun, un fournisseur de matériaux de construction, s’inquiète de cette pénurie qui cause, selon lui, une pression supplémentaire sur l’ensemble de l’industrie.

Ça crée des difficultés sur le marché pour nous, pour nos clients, qui sont des entrepreneurs généraux, et pour le client à la fin de la chaîne de valeur, qui tout à coup voit que son budget est de moins en moins respecté, affirme-t-il.

Portrait de Melik Bouhadra

Melik Bouhadra est directeur général chez RenoRun

Photo : Radio-Canada

M. Bouhadra constate une hausse importante du prix du bois d’oeuvre. On a vu une augmentation de 15 à 20 % au courant des trois derniers mois. Mais si on est plus précis sur des produits tels que le ''2x4'' ou le ''2x6'', on voit des augmentations de plus de 50 % et ça n’arrête pas. Donc, la tendance est encore vers la hausse, ajoute-t-il.

D’autres matériaux comme la roche, le béton et les produits saisonniers se sont aussi envolés et leur prix a augmenté, remarque Melik Bouhadra. C’est vraiment historique [...] C’est vraiment le saisonnier et le bois, c’est assez généralisé, note-t-il.

Marc André Roy, partenaire associé chez Sotramont, observe la même chose. En 28 ans de carrière, il n’a jamais vu une augmentation aussi rapide des prix du bois d’oeuvre.

Pour une maison de ville [... ], c’est 20 000 $ de coûts additionnels avec également des délais. On est rendu chanceux d’avoir les matériaux de 2x4, de 2x6 et de plywood... il n’y en a plus!, se désole-t-il.

C’est une perte de profit pour son entreprise puisqu'il termine la construction d'une vingtaine de maisons qui ont déjà été vendues il y a plusieurs mois.

Des travailleurs discutent durant leur pause dîner.

L'entreprise Sotramont termine la construction d'une vingtaine de maisons dans l'arrondissement de Saint-Laurent à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Francis Gagnon

Retard difficile à rattraper

Même si les scieries roulent à plein régime, elles rattrapent difficilement le retard à la suite de leur arrêt au printemps dernier.

Avec la COVID et le confinement, il y a eu des baisses draconiennes de production. Il y a des scieries qui ont arrêté leurs activités. [...] Au niveau de la construction immobilière, la mise en marché, mais aussi les rénovations personnelles des gens, il y a eu une demande très importante, souligne Louis Bouchard, directeur principal des affaires publiques chez Résolu produits forestiers.

L’ACQ et APCHQ souhaitent s'asseoir avec le gouvernement et les acteurs clés de l'industrie afin de trouver des solutions et réduire les effets de cette pénurie.

Louis Bouchard soutient que diminuer les exportations de bois vers les États-Unis serait une solution peu viable à long terme. En temps normal, la production de bois ne pourrait pas être écoulée sur le marché local.

On aimerait bien être capable d’écouler au niveau local, mais la réalité est très différente. On a des barrières, des contrats d'approvisionnement et des marchés qu’on dessert historiquement et tout un réseau de logistique et de transport qu’on doit entretenir, explique-t-il.

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