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La présidente de l'Agence de la santé publique du Canada démissionne

Elle part 18 mois après être entrée en fonction, au moment où s'amorce une deuxième vague de COVID-19.

Les deux femmes assises côte à côte devant le comité permanent de la santé des Communes.

La présidente de l'ASPC,Tina Namiesniowski (gauche), témoignant en janvier dernier devant un comité de la Chambre des communes aux côtés de Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada (droite).

Photo : Chambre des communes/CPAC

Radio-Canada

Tina Namiesniowski a « besoin de prendre une pause ».

Dans une lettre transmise à ses employés, la présidente de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) annonce qu'elle démissionne, au moment où s'amorce une deuxième vague de COVID-19 et que les critiques relatives au dépistage se multiplient.

Mme Namiesniowski part seulement 18 mois après être entrée en fonction. La crise sanitaire mondiale et ses conséquences, dit-elle, ont eu des répercussions personnelles sur bien du monde, et elle ne fait pas exception.

Bien que nous soyons très résilients, aucun de nous n'est surhumain et je m'inclus dans cette catégorie.

Extrait d'une lettre de Tina Namiesniowski à ses employés

Selon elle, le personnel de l'ASPC mérite un nouveau leader, qui aura l'énergie et l'endurance nécessaires pour faire passer l'agence au niveau supérieur en ces temps de pandémie.

La présidente démissionnaire précise qu'elle aidera à la transition, puis qu'elle prendra du temps avec son mari, ses enfants et son père vieillissant avant d'envisager la suite de sa carrière.

Avant sa nomination à la présidence de l'ASPC en mai 2019, Tina Namiesniowski a occupé plusieurs postes de haut niveau au sein du gouvernement fédéral. Elle a notamment été vice-présidente à la direction de l'Agence des services frontaliers du Canada et sous-ministre adjointe à Agriculture Canada et à Sécurité publique Canada.

Un mandat tumultueux

La réaction du Canada à la crise de la COVID-19 — qui a fait jusqu'ici 9240 morts à travers le pays — a été remise en question par certains critiques au cours des derniers mois.

La réticence initiale du gouvernement Trudeau à fermer ses frontières alors que le virus se propageait en Asie, son stock insuffisant d'équipements de protection individuelle, et ses conseils confus sur le port de masques ont été cités par les partis d'opposition aux Communes comme autant d'exemples de faux pas.

Nous avons tous travaillé sans relâche dans un environnement où la pression était forte et où notre travail était minutieusement surveillé, a souligné Mme Namiesniowski dans la lettre envoyée à ses employés.

Malgré cela, nous avons relevé le défi, estime-t-elle, remerciant au passage l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, pour son travail exceptionnel.

Alors que Mme Namiesniowski était en poste, certains scientifiques travaillant pour le Réseau mondial de renseignement de santé publique (RMISP) se sont également plaints du fait que leurs premiers avertissements concernant la menace de la COVID-19 avaient été ignorés ou traités de manière inadéquate par les cadres supérieurs de l'ASPC.

Le RMISP, une unité de surveillance et d'analyse gérée par le gouvernement fédéral, a pour responsabilité d'alerter les hauts fonctionnaires des risques pour la santé dans le monde entier en compilant des rapports médiatiques et d'autres renseignements sur les épidémies.

Les plaintes de ses scientifiques ont d'ailleurs poussé la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, à demander une enquête indépendante sur la gestion du Réseau.

Mme Hajdu a réagi vendredi sur Twitter à l'annonce du départ de Mme Namiesniowski qui, selon elle, a fait preuve d’un dévouement incroyable et dirigé une équipe de professionnels de la fonction publique qui travaillent sans relâche depuis des mois.

J’ai vu à quel point Tina n’a jamais compté les heures, loin de sa famille, afin de protéger les Canadiens. Nous sommes tous reconnaissants.

Patty Hajdu, ministre fédérale de la Santé

Une nouvelle ou un nouveau président de l'ASPC sera nommé dans les prochains jours, a-t-elle indiqué.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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