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Des cellules artificielles pour lutter contre des maladies neurodégénératives

Illustration d'un cerveau.

Les cellules artificielles crées par l'équipe du professeur de chimie Sheref Mansy pourraient aider dans la lutte contre la neurodégénérescence.

Photo : iStock

Sheref Mansy, un chimiste de l’Université de l’Alberta, et son équipe ont mis au point des cellules artificielles pouvant communiquer avec les cellules vivantes du corps et influer sur leur comportement.

À long terme, les scientifiques espèrent que les cellules artificielles pourront être utilisées dans la lutte contre certaines maladies comme la maladie de Parkinson ou des infections bactériennes.

Le but est de pouvoir intégrer des cellules artificielles dans un réseau neuronal afin qu’elles se substituent à des cellules défectueuses qui ne peuvent pas faire leur travail, comme, par exemple, sécréter certains neurotransmetteurs, explique la professeure associée en neurosciences Marie-Laure Baudet, de l’université italienne de Trente, qui a aussi participé à l’étude.

Pour le professeur en chimie Sheref Mansy, les cellules artificielles jouent donc, en quelque sorte, le rôle de garde-fou.

Dans la maladie de Parkinson, par exemple, les personnes atteintes synthétisent moins de dopamine à mesure qu'elles vieillissent. Alors imaginez [le résultat] si une cellule artificielle pouvait sentir quand cela se produit et aider à en synthétiser plus, explique le chercheur.

Pour l’instant, les expériences ont eu lieu en laboratoire, sur des cultures en éprouvette et non sur des animaux ou des humains. Dans la prochaine phase d’essais, cela va changer.

Marie-Laure Baudet travaille avec des xénopes, une espèce de grenouilles. La prochaine étape, ça sera de tester sur les mammifères, ce qui sera beaucoup plus complexe et, par la suite, sur les humains, explique-t-elle.

Elle espère pouvoir commencer les tests sur des êtres vivants d'ici deux ans.

Des résultats prometteurs

Marie-Laure Baudet se dit néanmoins déjà très satisfaite des résultats observés. J’ai été surprise par le type de molécule qui a fonctionné, car c’est une protéine entière assez complexe qui est très importante pour le développement et la physiologie du cerveau, dit-elle.

Ces cellules artificielles ne peuvent, pour l’instant, pas subsister au-delà de quelques heures dans les tests in vitro.

C'est précisément ce que Sheref Mansy aimerait voir changer. Si on voit ces cellules comme une thérapie, l'avantage, c’est qu’elles peuvent répondre à des états changeants, et je ne crois pas qu’on puisse bénéficier de leur action si elles ne restent pas plus de 2  heures, sinon, autant juste prendre des médicaments, observe-t-il.

Il tient également à se faire rassurant : aucun risque que les cellules se multiplient et envahissent l’organisme dans lequel elles se retrouvent, car elles ne sont pas vivantes. En créant les cellules artificielles, on prend les choses que l’on souhaite et on laisse de côté celles dont on ne veut pas, comme l'habileté à se reproduire, explique-t-il.

Outre le domaine thérapeutique, Sheref Mansy pense que ce type de cellules novatrices pourrait également être intéressant pour le domaine des biocarburants.

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