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L'industrie pétrolière ne veut pas être l'oubliée du discours du Trône

Jusqu'à maintenant, les pétrolières, affaiblies par une double crise, se sentent délaissées par les aides d'Ottawa.

Une femme offre une visite guidée des installations de Suncor, au nord de Fort McMurray, en Alberta.

L'industrie pétrolière a été très affaiblie par la chute de la demande d'hydrocarbures liée à la pandémie.

Photo : Reuters / Todd Korol

Les entreprises d’hydrocarbures n’iront peut-être pas jusqu’à compter le nombre de fois que les mots pétrole et gaz seront prononcés lors du discours du Trône le 23 septembre, mais elles n’en seront pas loin. Après plusieurs mois de difficultés économiques, elles attendent qu'Ottawa leur tende la main tendue.

Depuis quelques semaines, ce sont les mots vert et propre qui monopolisent les discours du gouvernement fédéral. Justin Trudeau a promis la mise en place d’un « programme vert ambitieux ».

Tim McMillan prononce un discours à un podium.

Tim McMillan est le président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers depuis 2014.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Parler de pétrole le 23 septembre sera alors un geste essentiel pour rassurer l’industrie et les investisseurs, affirme le président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan.

Je pense que la population canadienne et, même, les gens à l’étranger connaissent les cibles énergétiques de notre pays, mais ils ne sont pas sûrs de nos objectifs économiques. En ces temps d’incertitude, il faut être très clair et transparent sur nos objectifs économiques pour aider les investisseurs étrangers et canadiens à décider s’ils veulent mettre leur argent ici et créer des emplois, explique M. McMillan.

Peu d’aides à ce jour

Pour l’instant, ce n’est pas la mélodie que fredonne Ottawa. L’ancien ministre des Finances, Bill Morneau, avait promis une aide rapide et ciblée à ce secteur affaibli à la fois par la pandémie et la guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie.

Six mois après le début de la pandémie, la seule grosse enveloppe se traduit par un programme de réhabilitation des puits abandonnés et orphelins. Le reste des aides, par exemple, les prêts à contracter auprès de la Banque de développement du Canada, n’a pour l’instant produit que peu de résultats, selon M. McMillan.

Et quand cela va mal pour l’industrie, c'est 100 fois pire pour les communautés autochtones, renchérit Stephen Buffalo, le président-directeur général du Conseil des ressources indiennes, un organisme qui représente plus de 100 Premières Nations possédant des réserves de pétrole et de gaz.

Stephen Buffalo pose devant une affiche du Conseil.

Le président-directeur général du Conseil des ressources indiennes, Stephen Buffalo

Photo : Radio-Canada

M. Buffalo a bien entendu les allusions répétées à une relance verte de l’économie, mais selon lui, les communautés autochtones ont besoin d'argent pour acheter des panneaux solaires et des éoliennes. Jusqu'à présent, cet argent provenait de l'exploitation d’hydrocarbures. Des revenus qui ont aujourd'hui fondu comme neige au soleil.

Ce discours est crucial pour comprendre la direction que va prendre le pays, et je pense que les Premières Nations ont un rôle clé à jouer au même titre que l’industrie [pétrolière et gazière]. Si l’industrie est en difficulté, nous serons tout autant en difficulté en Alberta, en Saskatchewan et dans le nord de la Colombie-Britannique, souligne-t-il.

Nous avons besoin d’un peu plus de soutien et d’un peu plus de reconnaissance.

Stephen Buffalo, PDG du Conseil des ressources indiennes

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, et celui de la Saskatchewan, Scott Moe, ont formulé les mêmes demandes.

Moins de taxes, moins de réglementations

Au-delà des mots, l’Association des producteurs pétroliers souhaite aussi des actions concrètes : un accès à un régime d’impôts plus favorable et une diminution de la réglementation.

Les normes sur les combustibles propres, qui doivent être publiées cet automne, inquiètent les producteurs et les exploitants qui vont devoir s'y soumettre. Elles exigent des diminutions de la teneur en carbone des carburants, comme l’essence et le diesel.

Le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a revu les cibles à la baisse à cause de la pandémie. L’Association des producteurs pétroliers soutient cependant que le moment reste mal choisi.

Se conformer à cette norme est très difficile pour toutes les industries.

Tim McMillan, de l'Association canadienne des producteurs pétroliers

Jonathan Wilkinson n’a donné aucun signe qu’il lâcherait du lest. C’est un élément important de notre plan climatique, a-t-il répété en conférence de presse, la semaine dernière.

Les pétrolières espèrent que, d’ici mercredi, leurs arguments seront entendus.

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