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Attaque à la boule d’attelage : des Autochtones indignés par le changement aux accusations

Brayden Bushby et ses parents sortent du palais de justice de Thunder Bay.

Brayden Bushby (au centre) est maintenant accusé d'homicide involontaire et de voie de fait grave. (archives)

Photo : CBC/Matt Prokopchuk

Des dirigeants autochtones et des membres de la communauté dénoncent le changement aux accusations portées contre Brayden Bushby, qui aurait lancé une boule d’attelage en direction d’une femme autochtone à Thunder Bay en 2017.

Le jeune homme subira un procès pour homicide involontaire et voie de fait grave plutôt que pour meurtre au deuxième degré comme prévu précédemment.

Les accusations découlent d’un incident datant de janvier 2017, lorsqu’une boule d’attelage lancée depuis un véhicule en marche a atteint Barbara Kentner.

Ce n'est pas la première fois que les chefs d'accusation changent dans ce dossier.

Brayden Bushby avait été dans un premier temps accusé de voie de fait grave, puis les accusations ont été révisées en novembre 2017, car la victime avait succombé à ses blessures au cours de l'été suivant l'incident.

Barbara (à gauche) et Melissa Kentner (à droite)

Barbara Kentner, à gauche, a été happée par une boule d'attelage de remorque lancée à partir d'une voiture le 29 janvier 2017 à Thunder Bay. Elle est morte en juillet de la même année.

Photo : CBC / Jody Porter

Riley Yesno, une activiste originaire de la Première Nation de Eabametoong, s'est dite outrée par les nouvelles accusations présentées la semaine dernière par la Couronne.

J’étais vraiment choquée, vous savez, très bouleversée.

Riley Yesno

C’est un incident qui a été profondément troublant, a déclaré Mme Yesno, surtout, vous savez, étant une femme autochtone qui a grandi à Thunder Bay... considérant que Barbara Kentner pouvait si facilement être moi-même ou ma famille, ou toute autre personne de ma communauté .

Riley Yesno parle dans un micro lors d'un rassemblement.

L'activiste Riley Yesno, qui habite aujourd'hui à Toronto, a lancé une campagne pour faire pression auprès des autorités.

Photo : Avec la permission de Riley Yesno

Mme Yesno a partagé son indignation sur les médias sociaux, et plusieurs personnes l’ont approchée en demandant est-ce qu’il y a quelqu’un à qui je peux m’adresser à ce sujet.

Mobilisation pour contacter la justice

Motivée par ces réactions, Mme Yesno a créé des modèles de lettre pour faciliter la tâche de ceux qui veulent communiquer avec les autorités, dont le procureur de la Couronne et le ministre fédéral de la Justice, pour demander de rétablir l’accusation de meurtre au second degré.

Les modèles, rendus disponibles samedi dernier, ont été téléchargés plus de 4500 fois en moins d’une semaine, selon l'activiste.

La mobilisation est réelle, et je pense que cela montre à quel point les gens de Thunder Bay ressentent la même chose [que moi] à propos de la situation , a-t-elle déclaré en entrevue avec CBC.

Plusieurs membres de la famille [de Barbara Kentner] m’ont fait part de leur appui à la campagne [d'envoi de lettres] et l’ont soutenue publiquement, et la couverture médiatique leur a été bénéfique.

Riley Yesno

C’est une histoire qui ne se limite pas à une affaire judiciaire individuelle. Elle est si profondément liée à ces énormes héritages du colonialisme et du racisme dans le système judiciaire, a-t-elle déclaré.

Dans un communiqué envoyé aux médias jeudi, le chef du Grand Conseil de la Nation Anishinabek, Glen Hare, a lui aussi exprimé son indignation face au changement dans les accusations, affirmant qu’il s’agit d’une preuve du racisme systémique.

Cela représente un échec de l’ensemble du système judiciaire, de l’enquête policière, du procureur de la Couronne [et] des paramètres législatifs que ces personnes et ces systèmes suivent, a-t-il déclaré.

Glen Hare sur le bord d'un lac.

Glen Hare affirme que les politiciens doivent passer de la parole aux actes en ce qui concerne la lutte contre le racisme systémique.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Ils n’ont pas été conçus en pensant aux peuples des Premières Nations et continuent de faire défaut à notre peuple, a-t-il ajouté.

Qu’est-ce qui ne va pas avec les législateurs de cette province, et de tout le Canada?

Glen Hare, chef du Grand Conseil de la Nation Anishinabek

Ce n’était pas un accident ou une indiscrétion de jeunesse, c’était un acte de violence intentionnelle alimenté par la haine, a soutenu Glen Hare.

En entrevue avec Radio-Canada, M. Hare a ajouté que les législateurs seraient prompt à agir si une femme de leur entourage était victime d’un acte violent et gratuit.

Et si c’était votre femme, et si c’était votre fille, votre sœur, votre mère? Croyez-moi, ces législateurs auraient un projet de loi prêt à minuit le même jour.

Glen Hare, chef du Grand Conseil de la Nation Anishinabek

Le chef du Grand Conseil de la Nation Anishinabek estime que la balle est dans le camp des gouvernements et qu'il est prêt à s’asseoir à la table pour discuter.

Le bureau du procureur de la Couronne à Thunder Bay, le ministère du Procureur général et le ministre fédéral de la Justice n’avaient pas répondu aux demandes d’entrevues au moment de la publication.

Le procès de Brayden Bushby, initialement prévu en janvier, doit commencer le 13 octobre. Une ordonnance de non-publication empêche de divulguer plus de détails.

Avec les informations de CBC

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