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L'île Nepawa et ses pommes adaptées au climat abitibien

Des pommes dans un pommiers.

Il n'y a pas d'autocueillette au verger, mais Pierre Drapeau se fait un plaisir de répondre aux questions des visiteurs qui se déplacent.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

Bien dissimulé au coeur du lac Abitibi, le verger de l’île Nepawa prouve année après année qu’il est possible de cultiver des pommes en Abitibi-Témiscamingue. Le propriétaire des lieux, Pierre Drapeau, poursuit sa quête afin de dénicher la « pomme parfaite » qui puisse résister à la rigueur du climat de la région.

En s’installant sur l’île en 1985, Pierre Drapeau s’est lancé le défi de créer le premier verger en Abitibi-Témiscamingue. À partir de seulement deux pommiers et quelques pommetiers, M. Drapeau a commencé à multiplier les expérimentations afin de produire les pommes les plus résistantes possible aux conditions difficiles qui sévissent en Abitibi.

Un homme pose fièrement devant un pommier. Il tient dans sa main une pomme encore attachée à l'arbre.

Pierre Drapeau s'est installé sur l'île Nepawa en Abitibi-Ouest en 1985 pour y développer un verger qui grandirait malgré le froid ressenti dans la région.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Il y avait [un pommier] très intéressant et des pommetiers. On s’est dit si on apprend à le greffer, on va le multiplier, et un jour, on aura des belles pommes. Après une dizaine d’années, les pommes ont sorti, et ce fut magique et merveilleux , raconte Pierre Drapeau.

Afin de mettre toutes les chances de succès de son côté, M. Drapeau n’a pas hésité à aller chercher du savoir-faire ainsi que des arbres à l’étranger.

J’ai importé des variétés de pommes de différents pays, dit-il. J’en ai importé de l’Ouest canadien et de centres de recherche. On a continué à faire des expériences de greffe avec de nouvelles variétés, ce qui fait en sorte qu’aujourd’hui, on a plusieurs variétés de pommes qui sont très rustiques pour le climat de l’Abitibi.

Tous les arbres plantés au verger de l’île Nepawa ne se sont toutefois pas révélés aptes à vivre dans le climat abitibien. En 2015, il a fait -45 degrés Celsius. On avait de beaux arbres de zone [de rusticité] 3, et ils ont pété au frette durant l’hiver, ils ont gelé. On a fait des feux de Saint-Jean-Baptiste avec des pommiers de 18 ans. Il ne faut pas que les prochaines générations revivent ça, souligne le propriétaire du verger.

Des pommiers poussent en rangée.

Les pommiers à l'île Nepawa.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

Des produits 100% biologiques

Le pomiculteur abitibien mentionne avec fierté que tous les fruits issus de son verger sont 100% biologiques et qu’il n’a recours à aucun pesticide. Avec tous les fruits, on peut faire la transformation et offrir des produits du terroir comme des tartinades de framboises, ou encore des gelées de pommes et de prunes. On fait même des boissons alcoolisées, comme des apéritifs de pommes et framboises et des digestifs , décrit-il.

Un volet touristique chamboulé par la pandémie

Un important volet éducatif et touristique est en place au verger de l’île Nepawa. Bien que l’autocueillette ne fasse pas partie de l’offre au verger, les visiteurs peuvent se promener entre les arbres et manger des pommes qu’ils cueillent sur place.

Une sculpture ayant la forme d'un phare porte le nom de plusieurs personnes.

L'oeuvre sur l'île Nepawa rappelle l'arrivée de contingents de colonisation en provenance des Îles-de-la-Madeleine en 1941 et 1942.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Les gens viennent visiter le verger. Des familles ou encore des groupes, affirme Pierre Drapeau. On leur démontre comment on peut fabriquer des arbres à partir d’un couteau et réaliser des greffes. On peut faire pousser différentes variétés de pommes sur un pommetier. Il y a quelque chose d’instructif là-dedans.

Un pont couvert au-dessus d'un lac.

Le pont couvert au-dessus du lac Abitibi mène à l'île Nepawa.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Cependant, en raison de la pandémie, le nombre de visiteurs qui se sont rendus sur l’île Nepawa cette année a chuté de façon impressionnante. Ça a été désagréable, parce que les sites touristiques étaient fermés. Par la suite, tous les voyages organisés de groupe, par exemple les personnes âgées, les camps de jour et les écoles, à la fin des classes, ça a été annulé. En fin de compte, il y a eu beaucoup moins de touristes. On a aussi eu beaucoup moins de ventes dans les boutiques où l’on vend nos produits , a-t-il remarqué.

L’année 2020 est particulièrement chargée pour Pierre Drapeau. Aux prises avec un manque récurrent de main d’oeuvre, il s’occupe à la fois de la cueillette, de la transformation et de la vente de ses produits dans les différents marchés publics de la région. Il souhaite maintenant que ses travaux, ses essais et ses découvertes inspirent une prochaine génération d’agriculteurs à prendre la relève.

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