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Des professeurs suppléants craignent de devenir des vecteurs de la COVID-19

Pour le ministre Jean-François Roberge, le cas de ces enseignants n’a rien à voir avec celui des intervenants dans les CHSLD.

Ils jouent.

Des enfants dans une cour d'école

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Radio-Canada

La recrudescence des infections au coronavirus soulève des questions sur le rôle que pourraient jouer les suppléants quant à la propagation de la maladie dans le réseau de l'éducation.

Le cas d’Amélie Beaulieu illustre la situation. Pour elle, les journées de suppléance s'enchaînent. Depuis la rentrée, elle a effectué des remplacements dans sept écoles.

C'est régulièrement des situations où les enseignants sont absents par ce qu'ils sont dans l'attente de résultats. Ça m'est arrivé d'arriver dans une école, dans une classe, où il n'y avait que deux élèves sur place parce que tous les autres étaient en attente d'un résultat de la COVID.

Amélie Beaulieu

En raison de la pénurie d'enseignants qui sévit, quelques milliers de suppléants comme Mme Beaulieu se promènent d'école en école pour effectuer des remplacements.

Même si des règles sanitaires sont mises en place et qu'elle porte le masque, Amélie craint d'être un vecteur de la maladie.

Si on se promène d'une école à l'autre, un peu comme on l’a vu dans les CHSLD, et nous, on est porteurs du virus, oui on pourrait l'être.

Naomie, une autre suppléante, a les mêmes inquiétudes.

Dans la classe, on ne peut pas rester à deux mètres, c'est impossible. Les enfants vont venir proche de nous, et c'est sûr qu'on peut être vecteur si on se déplace d'une école à l'autre ou quoi que ce soit.

Naomie

Avec le nombre de cas qui ne cesse d'augmenter, des parents souhaitent qu'on soit plus vigilants que jamais.

On ne veut pas répéter ce qui s'est passé au printemps dans le réseau de la santé. Bien, si les gens se déplacent, il faut s'assurer que toutes les conditions, les mesures sanitaires, soient bien respectées.

Marc-Étienne Deslauriers, du Comité de parents du Centre de services scolaire de Montréal

Pour le moment, ni la Direction de la santé publique ni la CNESST n'ont proposé de mesures spécifiques concernant le déplacement du personnel suppléant dans les écoles.

Pour la présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Beauvais-St-Pierre, cette situation est inquiétante.

Ces profs-là voient plus d'élèves, plus d'adultes aussi en changeant d'école, ils ont plus de risques de tomber sur des gens qui sont porteurs du virus. Donc, c'est inquiétant pour ces profs-là et c'est inquiétant aussi pour la propagation de la maladie d'un établissement à l'autre.

Pour sa part, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge tente de relativiser le risque.

Je pense que comparer la situation d'un enseignant qui passe d'une classe à l'autre à la situation d'une intervention en CHSLD qui passe d'un établissement à l'autre, c'est une erreur. Ce n'est pas la même chose, a-t-il déclaré.

Quelqu'un qui intervient auprès de personnes aînées qui sont déclarées positives à la COVID qui doivent leur porter assistance. Ça n'a rien à voir avec un enseignant de mathématique secondaire trois qui passe d'une école à l'autre, mais qui n'a pas de contact direct avec les élèves qui reste à deux mètres des élèves et qui côtoie des élèves qui sont à plus de 99,5 % négatifs à la COVID, a-t-il ajouté.

Avec les informations de Jean-Philippe Robillard

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