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Nouvelle crise dans les urgences, au pire moment

Jusqu'à 176 % d'occupation à la veille de la deuxième vague; des hôpitaux obligés de couper des soins.

Une ambulance d'Urgences-Santé, avec un effet de mouvement

Le réseau de la santé et des services sociaux est affaibli par les nombreuses démissions d'infirmières.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Les urgences du Québec sont déjà en mauvaise posture alors que le système hospitalier appréhende l'arrivée prochaine d'une deuxième vague de patients atteints de la COVID-19.

Radio-Canada a appris qu'à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), à Montréal, la direction s'est réunie en cellule de crise cette semaine.

[Il faut] diminuer la pression qui s'exerce partout dans notre CIUSSS et particulièrement dans les secteurs critiques comme l'urgence et les soins intensifs, a écrit le chef des soins critiques de l'hôpital, Michel Lessard, dans un courriel interne.

Plusieurs actions vont être prises. La population sera encouragée à éviter les urgences de HMR et de l'Hôpital Santa Cabrini. Déjà, des patients ont obtenu un congé des soins intensifs ou de l'unité coronarienne cette semaine. D'autres ont été transférés dans d'autres établissements.

Maisonneuve-Rosemont prévoit aussi faire du « délestage ». Cela signifie que certaines activités seront réduites afin de récupérer du personnel et de le réaffecter dans certains secteurs.

Personnel manquant, travailleurs déjà épuisés

J'espère que nous pourrons briser cette chaîne du TSO [temps supplémentaire obligatoire], écrit dans son courriel le chef des soins critiques. Les nombreuses démissions d'infirmières ces derniers mois ont affaibli le réseau.

Le contexte post première vague de COVID-19 est difficile pour tous. Nous mettrons toute notre énergie à améliorer la situation, mais nous avons besoin de vous [les employés] pour passer au travers.

Michel Lessard, chef des soins critiques à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Mardi, des infirmières de Maisonneuve-Rosemont ont cessé le travail pour un moment afin de dénoncer le manque d'effectif et la surcharge de travail. Des sit-in se sont aussi tenus, au cours des derniers jours, à l'Hôpital de Gatineau, au Lakeshore, à Montréal, et à l'Hôpital du Suroît, à Valleyfield.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Fort achalandage dans plusieurs urgences de la province

Jeudi soir, l'urgence de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont était occupée à 120 % de sa capacité, tandis que l'urgence de Santa Cabrini, un établissement lié, était occupée à 142 %. Une quarantaine d'hôpitaux dépassent les 100 % d'occupation.

Les urgences les plus occupées du Québec :

  • Hôtel-Dieu de Sorel : 176 %
  • Hôpital général du Lakeshore : 161 %
  • Hôpital de Hull : 148 %
  • Hôpital de Gatineau : 143 %
  • Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) : 137 %
  • Centre hospitalier régional de Lanaudière : 136 %
  • Hôpital régional de Saint-Jérôme : 134 %

Mercredi, il y a eu une augmentation de 20 à 25 % du nombre de patients arrivés en ambulances, sur l'île de Montréal, mentionne le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.

Il ignore encore la raison, mais affirme qu'il ne s'agit pas de patients atteints de la COVID-19.

On est capables de s'occuper des patients les plus malades. Mais ceux un peu moins malades, ils attendent plus longtemps. Ils restent plus longtemps dans les civières et ça cause des problèmes.

Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec

Il manque beaucoup de ressources humaines sur les étages, pour être capable de sortir les patients qui ont besoin de ressources secondaires, explique-t-il, sans oublier la lourdeur des procédures en contexte de pandémie.

Par ailleurs, le nombre de patients attendant d’avoir un lit de soins alternatifs a augmenté de 35 à 40 % dans le dernier mois. Ce qui fait qu’il y a au moins 150 patients de plus qui occupent un lit d’hôpital, mais qui n’en ont pas besoin.

L'automne va être très très chaud, conclut le Dr Boucher.

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