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Une ex-conseillère de Mike Pence appuie Joe Biden

Olivia Troye s'adressant à la caméra.

Olivia Troye soutient que Donald Trump a mal géré la pandémie, qui a fait près de 197 000 morts.

Photo :  Capture d’écran Twitter/@RVAT2020

Invoquant une « crise constitutionnelle » et la façon dont le président Donald Trump a géré la pandémie, une ex-conseillère du second de Donald Trump exhorte les électeurs républicains, dont elle fait partie, à « mettre le pays avant le parti ».

Olivia Troye, qui était la collaboratrice la plus haut placée du vice-président dans le groupe de travail de la Maison-Blanche sur le coronavirus, justifie sa décision de voter pour un candidat démocrate par la façon dont le président républicain a géré la pandémie.

Donald Trump était davantage préoccupé par sa réélection que par la protection de la santé et la sécurité des Américains, affirme-t-elle dans une vidéo de deux minutes mise en ligne jeudi par le groupe Republican Voters Against Trump (Électeurs républicains contre Trump), qui publie régulièrement les témoignages de républicains qui entendent voter pour le ticket démocrate.

Vers la mi-février, nous savions que la question n'était pas de savoir si la COVID deviendrait une pandémie de grande ampleur, ici, aux États-Unis, mais quand elle le deviendrait, soutient l'ancienne collaboratrice de Mike Pence, dont elle a été conseillère à la sécurité nationale et au contre-terrorisme pendant deux ans.

Le président ne voulait pas entendre cela, parce que sa plus grande préoccupation était que nous étions dans une année électorale, rapporte-t-elle. C'était choquant de voir le président dire que le virus était un canular, que tout allait bien quand nous savions que ce n'était pas vrai. La vérité, c'est qu'il ne se préoccupe de personne d'autre que de lui-même, poursuit-elle.

Si le président avait pris ce virus au sérieux ou s'il avait réellement fait l'effort de dire à quel point [le virus] était sérieux, il aurait ralenti la propagation du virus. Il aurait sauvé des vies.

Olivia Troye

Même si le président Trump se défend d'avoir banalisé la pandémie, ses déclarations sur l'état de la pandémie et ses prévisions optimistes ont sans cesse tranché – ce qui est toujours le cas – avec les avertissements des scientifiques du groupe de travail.

Pourtant, il a lui-même admis dès l'hiver, au cours d'entrevues avec Bob Woodward, qu'il savait que le virus était mortel et pire que la grippe, et qu’il minimisait la situation, a révélé le journaliste d'enquête dans son livre, Rage, qui a été publié cette semaine.

La rhétorique du président, les fausses informations qu'il véhiculait ainsi que ses attaques contre certains membres de son administration qui tentaient de juguler la pandémie minaient les efforts du groupe de travail, a-t-elle affirmé dans une entrevue au Washington Post.

Dans sa vidéo, Mme Troye dit en outre avoir été marquée par une déclaration très frappante du président à propos de ses partisans.

Lors d'une réunion du groupe de travail, le président a dit : "Peut-être que cette histoire de COVID est une bonne chose. Je n'aime pas serrer la main des gens. Je n'ai pas à serrer la main de ces gens dégoûtants". Ces ''gens dégoûtants'' sont les mêmes que ceux dont il prétend se soucier. Ce sont les gens qui vont encore à ses rassemblements aujourd'hui et qui ont une foi totale en ce qu'il est.

Olivia Troye

La Maison-Blanche n'a pas tardé à attaquer la crédibilité de Mme Troye, qui a été détachée du département de la Sécurité intérieure afin de travailler pour Mike Pence. C'est une ancienne employée mécontente dont l'affectation a été écourtée parce qu'elle n'était plus capable de s'acquitter de ses tâches quotidiennes, a déclaré le lieutenant-général Keith Kellogg, conseiller à la sécurité nationale du vice-président. Lui reprochant de n'avoir jamais exprimé ses préoccupations, il a déploré son incroyable manque de courage moral.

Une porte-parole de la Maison-Blanche, Judd Deere, a pour sa part déclaré que les affirmations de Mme Troye n'ont aucun fondement dans la réalité et sont carrément inexactes. La vérité est que le président Trump a toujours fait passer le bien-être du peuple américain en premier.

Les États-Unis recensent plus de 6,6 millions de cas et près de 197 000 morts, selon le site Worldometers.

Le pays avant le parti

Mme Troye, qui a par ailleurs révélé au Washington Post ne pas avoir voté pour Donald Trump en 2016, dit avoir travaillé au sein de son administration parce qu'elle espérait qu'il devienne un leader différent de celui qui avait fait campagne et qu'elle respectait des personnes comme Mike Pence.

Soulignant l'importance de l'élection du 3 novembre, Olivia Troye appelle aujourd'hui les républicains à voter pour l'ancien vice-président démocrate.

J'ai été républicaine toute ma vie. [...] Je vais voter pour Joe Biden parce que je crois vraiment que nous traversons une période de crise constitutionnelle. À ce stade, il faut placer le pays avant le parti.

Olivia Troye

Mme Troye n'est pas la première personne ayant travaillé au sein de l'administration Trump à sortir de l'ombre pour critiquer le titulaire du bureau ovale.

D'anciens responsables du département de la Sécurité intérieure, Miles Taylor et Elizabeth Neumann, deux républicains, ont eux aussi enregistré des capsules vidéos pour le groupe Republican Voters Against Trump, appelant les républicains à soutenir le numéro deux de l'administration Obama.

L'ex-conseiller de la Maison-Blanche à la sécurité nationale John Bolton a pour sa part dressé un portrait fort peu reluisant du président, pour qui il a travaillé, dans le livre The Room Where It Happened, A White House Memoir (La pièce où c’est arrivé, mémoires de la Maison-Blanche), disant que M. Trump poursuivait souvent des objectifs davantage liés à son intérêt personnel qu'à la sécurité nationale américaine. S'il a spécifié qu'il n'irait pas jusqu'à voter pour Joe Biden, il a indiqué qu'il ne voterait pas pour Donald Trump.

Dans un geste extraordinaire, l'ex-secrétaire à la Défense James Mattis a lui aussi livré un réquisitoire impitoyable contre le président Trump dans une déclaration publiée en juin dernier sur le site de la revue The Atlantic. L'ancien général quatre étoiles des Marines a entre autres accusé Donald Trump de diviser les Américains.

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