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Pandémie et saison grippale : le réseau de la santé retient son souffle

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Un lit d'hôpital vide.

On ignore pour le moment si elle est bel et bien décédée de la COVID-19.

Photo : iStock

Alors que la pandémie poursuit sa progression, certains s'interrogent, à quelques semaines du début de la campagne de vaccination prévue le 1er novembre au Québec, si le vaccin contre l'influenza pouvait avoir un effet protecteur contre la COVID-19.

À cette question, la réponse du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est sans équivoque. Le vaccin contre la grippe ne protège pas contre la COVID-19, écrit Robert Maranda, porte-parole du MSSS.

L'épidémiologiste Gaston De Serres de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ajoute qu'il n'y a pas de preuves scientifiques à cet égard.

Dans des essais cliniques chez les gens qui avaient reçu le vaccin influenza ou le placebo, illustre Gaston De Serres, on voyait que pour les infections respiratoires non causées par l'influenza, il n’y avait aucune amélioration. Donc, on ne voit pas d'effets indirects face aux autres virus respiratoires. Est-ce qu'il pourrait en avoir avec la COVID-19? Je dirais : c'est improbable.

Le but du vaccin, explique le microbiologiste-infectiologue Guy Boivin du CHU de Québec, est de développer des anticorps, des molécules, qui sont spécifiques à un virus donné.

Ça va "booster" le système immunitaire contre les antigènes d'un virus en particulier, précise Guy Boivin. Donc, je ne crois pas que le fait de se faire vacciner contre l'influenza va protéger contre la COVID.

Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au CHU de Québec.

Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au CHU de Québec.

Photo : Radio-Canada

Surchauffe dans les hôpitaux

Toutefois, le vaccin peut faire la différence, ajoute Guy Boivin, pour diminuer le nombre d'hospitalisations.

Imaginez, si on a une deuxième vague comme ça semble s'annoncer, et qu'on a beaucoup d'hospitalisations pour l'influenza par dessus, cela va vite congestionner le système.

L'infectiologue rappelle que la grippe saisonnière entraîne entre 7500 et 8000 hospitalisations en moyenne par année au Québec.

Si on ajoute la COVID à l'influenza, on peut voir qu'on peut être rapidement dans le trouble.

Guy Boivin, microbiologiste-infectiologue du CHU de Québec

La vaccination contre la grippe permettrait également de diminuer le temps d'attente lors du dépistage de la COVID.

L'influenza et la COVID se présentent de la même façon : toux, mal de gorge, fièvre, douleurs musculaires. Alors il va y avoir encore plus de patients qui vont se présenter avec ces symptômes, prévient Guy Boivin, et qui vont vouloir être "dépistés". Les temps d'attente vont être plus longs.

À la lumière de cette nouvelle réalité, les experts encouragent les personnes les plus à risque d'hospitalisation associées à l'influenza, notamment celles qui ont une maladie chronique, de se faire vacciner.

Une infirmière administre un vaccin.

Les experts encouragent les personnes les plus à risque d'hospitalisation associée à l'influenza, notamment celles qui ont une maladie chronique, de se faire vacciner.

Photo : iStock

La vaccination dans cette population demeure toutefois encore un défi. Le taux varie autour de 66 % en moyenne au Québec, un pourcentage qui s'apparente à d'autres régions dans le monde.

L'objectif qu'on poursuit est de 80 %, c'est vrai que ce n'est pas optimal. Je vous dirais que c'est un petit peu malheureux. Les efforts qui sont faits actuellement ne portent pas tous les fruits qu'on voudrait.

Gaston De Serres, épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec

Même si le taux d'efficacité du vaccin n'est pas non plus optimal, les autorités sanitaires invitent les groupes à risque de se faire vacciner.

Si l'efficacité est de 30 % à 50 % c'est peut-être pas parfait, loin de là, reconnaît Gaston De Serres, mais en même temps, les gens chez qui l'influenza pourrait causer des complications très graves, évidemment ça vaut quand même la peine de le recevoir.

Vaccin plus populaire

En raison de la pandémie, le ministère de la Santé et des Services sociaux anticipe une hausse des demandes pour la vaccination, comme cela s'est passé en Australie pendant leur saison grippale.

Les commandes ont été revues à la hausse, passant de 1,6 million, l'an passé, à 2 millions, cette année.

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